Hier ! Combien de fois, nous sommes tournés vers le passé à le ressasser et celui-ci reste comme une amertume, une déception, une culpabilité, un carcan, une nostalgie qui m’empêche d’avancer. Et voilà que la Parole de Dieu de ce dimanche vient nous interpeller: « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. » (Isaïe 43,18) écrit le prophète Isaïe. Faut-il faire table rase de notre passé ? de notre histoire ? Laissons saint Paul éclairer notre réponse : « tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. » (Philippiens 3,8)

A la lumière du texte de saint Paul, nous comprenons qu’il ne s’agit pas de faire un reset de notre mémoire. En nous invitant à oublie le passé, saint Paul nous encourage à ne pas nous alourdir par un retour nostalgique ou anxieux sur nos culpabilités. Par contre, il nous invite à ne pas oublier les bienfaits de Dieu : il est important, nous dit saint Paul, de tenir compte de ce que le passé nous a apporté, comment il nous a façonnés. Plusieurs fois dans ses lettres, nous le voyons faire mémoire de ce que Dieu a fait pour lui et en rendre grâce.

Isaïe comme saint Paul nous invite à nous tourner vers l’avenir dans la foi : « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » (Isaïe 43,19) La Bonne Nouvelle est là : Dieu ne peut pas être cantonné dans le passé. Le croyant conjugue sa vie au présent, tourné vers l’avenir. Dieu ne nous enferme pas dans le passé. Il est créateur ! Il fait du neuf ! Il ouvre des chemins nouveaux !

C’est tout l’attitude de Jésus que nous retrouvons dans l’évangile de ce dimanche. « Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. » (Jean 8,3) Ces derniers enferment la femme en la cataloguant à tout jamais dans ce qu’elle a fait : elle est adultère, elle doit mourir ! Cet enfermement est même manifesté par la position de cette femme vis-à-vis du groupe : ils la mettent au centre, ils l’enferment au milieu de la foule. Et que fait Jésus ? Il commence par faire silence en écrivant sur le sol. Ce silence ouvre un espace entre les scribes, les pharisiens, la femme et lui. Ensuite, il invite les scribes et les pharisiens à faire mémoire : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » (Jean 8,7) Le silence qui suit ces paroles de Jésus permet à chacun de faire mémoire de sa propre histoire, dans sa propre expérience de la miséricorde de Dieu. C’est ainsi que l’étau se dessert autour de la femme et qu’un nouveau chemin s’ouvre devant elle. Jésus peut alors lui dire : « Je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8,11) Par ces mots, Jésus lui manifeste la miséricorde de Dieu : il ne l’enferme pas dans son péché et il l’invite à reprendre la route en adoptant un nouveau comportement.

Dans la vie de cette femme, Jésus fait « passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. » (Isaïe 43,19). Il permet au peuple de redire la louange de Dieu.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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