« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jean 1,4-5) Alors qu’en cette nuit sainte, nous avons célébrer la naissance de Jésus, de Dieu fait homme, aujourd’hui nous contemplons cette vie qui nous est donnée. Pour cela, allons, à la suite des bergers, nous prosterner devant « le nouveau-né couché dans la mangeoire. » (Luc 2, 16) Nous y trouverons l’enfant entouré de Marie et de Joseph… mais nous y trouverons surtout la vie ! Nous y trouverons la lumière pour notre vie !

Face aux événements que vit notre monde, nous avons l’impression d’être plongé dans les ténèbres et Noël se présente à nous comme un instant de paix, un instant de joie. La parole du prophète Isaïe, qui a retenti cette nuit, devient réalité : « Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse. » (Isaïe 9,2) Noël est une lumière qui resplendit au cœur des ténèbres de notre monde. Et dans la nuit, rien ne peut arrêter la lumière… Aussi épaisses que soient les ténèbres, aussi faible que soit la lumière, rien ne peut l’arrêter de briller dans la nuit.

« L’origine des ténèbres qui enveloppent le monde se perd dans la nuit des temps. Repensons au moment obscur où a été commis le premier crime de l’humanité, quand la main de Caïn, aveuglé par la jalousie, a frappé à mort son frère Abel (cf. Gn 4, 8). Ainsi, le cours des siècles a été marqué par des violences, des guerres, la haine et des abus. Mais Dieu, qui avait placé ses propres attentes en l’homme fait à son image et à sa ressemblance, attendait. Dieu attendait. Il a attendu tellement longtemps que peut-être à un certain moment il aurait dû renoncer. Mais il ne pouvait renoncer, il ne pouvait pas se renier lui-même (cf. 2 Tm 2, 13). C’est pourquoi, il a continué à attendre avec patience face à la corruption des hommes et des peuples. (…)

Au long du chemin de l’histoire, la lumière qui perce l’obscurité nous révèle que Dieu est Père et que sa patiente fidélité est plus forte que les ténèbres et la corruption. C’est en cela que consiste l’annonce de la nuit de Noël. Dieu ne connaît pas d’accès de colère et l’impatience ; il est toujours là, comme le père de la parabole du fils prodigue, dans l’attente d’entrevoir de loin le retour du fils perdu ; et chaque jour, avec patience. (…)

La prophétie d’Isaïe (entendue dans la liturgie de cette nuit) annonce l’apparition d’une immense lumière qui perce l’obscurité. Elle naît à Bethléem et elle est accueillie par les tendres mains de Marie, par l’affection de Joseph, par l’étonnement des bergers. Quand les anges ont annoncé aux bergers la naissance du Rédempteur, ils l’ont fait avec ces paroles : ‘‘Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12). Le ‘‘signe’’ c’est justement l’humilité de Dieu, l’humilité de Dieu portée à l’extrême ; c’est l’amour avec lequel, cette nuit, il a assumé notre fragilité, notre souffrance, nos angoisses, nos désirs et nos limites. Le message que tous attendaient, le message que tous cherchaient dans la profondeur de leur âme, n’était autre que la tendresse de Dieu : Dieu qui nous regarde avec des yeux pleins d’affection, qui accepte notre misère, Dieu amoureux de notre petitesse. » (Pape François, Homélie du 24 décembre 2014)

C’est cette lumière que nous sommes invités à accueillir : la lumière qui vient de la crèche et qui nous éclaire, qui nous réchauffe de l’amour de Dieu. Approcher de la crèche, se prosterner devant l’enfant Jésus, c’est accepter de se laisser toucher par la miséricorde de Dieu. « Les gens simples, les gens disposés à accueillir le don de Dieu, l’ont vue. Au contraire, les arrogants, les orgueilleux, ceux qui établissent les lois selon leurs propres critères personnels, ceux qui assument des attitudes de fermeture, ne l’ont pas vue. » (Pape François, Homélie du 24 décembre 2014)

Frères et sœurs, nous sommes rassemblés pour fêter la naissance du Christ Jésus. Ceci manifeste notre désir d’accueillir la lumière de Dieu qui se répand sur nous. Ne gardons pas celle-ci pour nous-même. Par nos paroles, nos attitudes, notre façon de vivre, portons cette lumière autour de nous. Oui, dans les ténèbres de notre monde, soyons des christophores, répandons autour de nous, avec courage, force et tendresse, la lumière que nous recevons de Jésus lui-même. « Ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut. » (Isaïe 52,7) « Aujourd’hui, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ! » (Antienne de l’évangile de la nuit de Noël) Amen

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