« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11) Ces mots ont résonné lors de la nuit de Noël alors que nous méditions sur le mystère de la Nativité. Par sa naissance, par sa venue en notre monde, Dieu se rend visible à nos yeux. Par Jésus, le Père nous donne de voir, de contempler sa miséricorde pour nous.

Aujourd’hui, en cette fête de l’Épiphanie, nous continuons à nous réjouir de cette naissance, de cette venue de Dieu parmi les hommes. La venue des mages nous invite à élargir notre action de grâce, notre joie : les mages nous révèlent que Dieu se manifeste à toutes les nations, à tous les peuples et pas uniquement à ceux qui croient en lui.

Les mages que nous rencontrons dans l’évangile de ce jour, viennent d’Orient. Ce sont des hommes sages qui étudient les astres, scrutent le ciel. Selon leur culture et leur croyance, ils attribuent aux étoiles des significations et des influences sur les événements humains. « Les mages représentent les hommes et les femmes à la recherche de Dieu dans les religions et dans les philosophies du monde entier : une recherche qui n’a jamais de fin. » (Pape François, Homélie pour l’Épiphanie, 6 janvier 2015) « En suivant une lumière ils cherchaient la lumière. » (Ibid.) Ils sont à la recherche de Dieu. N’est-ce pas là la quête de beaucoup de nos contemporains et peut-être de chacun de nous ?

Le chemin des mages n’est pas un long fleuve tranquille… C’est avec beaucoup de difficultés qu’ils parviendront au but. Ils cherchent le roi des juifs, c’est donc naturellement qu’ils se rendent au palais royal pour trouver celui qu’ils cherchent. Là, ils perdent l’étoile, cette lumière qui guide leur recherche, pour rencontrer la tentation à travers la tromperie d’Hérode. « Le roi Hérode se montre intéressé par l’enfant, non pas pour l’adorer, mais bien pour l’éliminer. Hérode est l’homme de pouvoir, qui ne réussit à voir dans l’autre que le rival. Et au fond, il considère aussi Dieu comme un rival, même comme le rival le plus dangereux. Dans le palais, les Mages traversent un moment d’obscurité, de désolation, qu’ils réussissent à surmonter grâce aux suggestions de l’Esprit Saint, qui parle par les prophéties de l’Écriture Sainte. Elles indiquent que le Messie naîtra à Bethléem, la cité de David. » (Ibid.) Ce n’est que la Parole de Dieu qui leur permettra de retrouver le chemin qui les mènera jusqu’au bout de leur quête. Sur ce chemin, ils retrouvent l’étoile qui les guidait et « ils se réjouirent d’une très grande joie » (Matthieu 2,10) et là, « ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère… » (Matthieu 2,11) devant qui ils se prosternèrent.

Cette recherche des mages est à l’image du chemin que nous faisons dans notre rencontre avec le Christ. « Ils sont attentifs aux signes qui en indiquent la présence ; ils ne se lassent pas d’affronter les difficultés de la recherche ; ils ont le courage de tirer les leçons de vie qui dérivent de la rencontre avec le Seigneur. C’est cela la vie : la vie chrétienne consiste à marcher, mais en étant attentifs, inlassables et courageux. C’est ainsi que chemine un chrétien. » (Pape François, Angélus pour la solennité de l’Épiphanie, 6 janvier 2015) Cette expérience des mages est aussi celle de tout homme, toute femme, qui chemine vers le Christ.

L’enseignement que nous pouvons tirer de l’expérience des mages est que le chercheur de Dieu est un marcheur infatigable. Il marche « en fixant le ciel et en apercevant dans le signe visible de l’étoile le Dieu invisible qui parle à notre cœur. L’étoile qui est en mesure de conduire chaque homme à Jésus est la Parole de Dieu, une Parole qui est dans la Bible, dans les Évangiles. La Parole de Dieu est la lumière qui oriente notre chemin, nourrit notre foi et la régénère. » (Ibid.)

Par le chemin qu’ils ont fait les mages sont entrés dans le mystère. Cela a été pour eux une véritable conversion. En cette Année Sainte de la Miséricorde, demandons au Seigneur d’entrer nous aussi sur ce chemin de conversion : ils ont surmonté les tentations qui cachent l’étoile ; ils n’ont pour seul souci que de chercher sans relâche cette étoile au milieu des tromperies du monde ; ils ont su accueillir, avec humilité, Dieu qui se révèle dans un petit enfant et se mettre à genoux devant Lui. Cette recherche, avec tout le dépouillement qu’elle leur a demandé, a permis aux mages d’éprouver véritablement la Miséricorde de Dieu qui se manifesta par le fait qu’ils « se réjouirent d’une très grande joie. » (Matthieu 2,10) et qu’ils lui offrirent tout ce qu’ils avaient : « de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » (Matthieu 2,11) Frères et sœurs, conduits ensemble par la Parole de Dieu, entrons, nous aussi, sur ce chemin de Miséricorde. Qu’ensemble nous puissions éprouver la joie authentique que provoque la rencontre avec le Christ et que nous en soyons, tous ensemble, témoins autour de nous. Amen.

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