Ils ont rencontré un jeune couple avec un nouveau-né. Ce dernier était couché dans une mangeoire… rien de bien reluisant ! C’est la pauvreté la plus totale. Et pourtant, il y avait quelque chose de particulier dans cette rencontre car les bergers, quand ils quittèrent le lieu, « glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. » (Luc 2,20)

Le Sauveur annoncé, le Christ, le Seigneur, ils l’ont rencontré ! Ils l’ont rencontré dans un lieu qui leur est familier : il dormait dans une mangeoire, là où leurs moutons ont l’habitude de se nourrir quand ils sont à la bergerie. Le Sauveur, le Christ, le Seigneur est venu chez eux, les pauvres, les exclus. Dieu s’est mis à leur portée pour qu’ils puissent s’approcher de lui sans crainte. Dieu s’est fait l’un des leurs pour qu’ils puissent se laisser toucher par lui.

Nous ne savons rien de l’échange qui s’est fait entre les parents et les bergers. Nous ne savons rien sur la manière dont s’est passé la rencontre… mais celle-ci a été transformant et source d’action de grâce, de louange.

Les bergers ont reçu la Parole. Ils l’ont accueillie. Ils se sont mis en route à sa suite. Ils ont fait un acte de foi dans l’annonce de la Bonne Nouvelle et celle-ci a transformé leurs vies. Ils ont vu celui qui reçoit, à son huitième jour, le nom de « Jésus » c’est-à-dire « Dieu sauve ». Cet accueil de la Parole de Dieu les provoque à la louange et au témoignage. Elle fait d’eux des missionnaires dans l’ordinaire des jours, au cœur de leur activité quotidienne.

Cette rencontre des bergers avec l’Enfant-Jésus n’est pas là, uniquement, pour nous émerveiller. Elle est là pour nous interroger, nous mettre en question… comme le sera celle avec les mages au jour de l’Epiphanie. Et moi, comment ai-je accueilli l’annonce d’un si grand mystère : « lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme… afin de racheter ceux qui été soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. » (Galates 4,4-5) ? Comment est-ce que je vis de cette Bonne Nouvelle ? Comment transforme-t-elle ma vie personnelle ? ma vie familiale ? ma vie professionnelle ? ma vie paroissiale ?

Dans l’ordinaire de nos jours, au milieu d’une actualité un peu morose, même si les fêtes de fins d’année y mettent quelques décorations qui nous permettent d’enjoliver le tout, laissons-nous interroger par l’Évangile, la Parole de Dieu.

Cet enfant que les bergers ont rencontré à Bethléem nous est présenté, par le prophète Isaïe comme le « Prince-de-la-Paix » (Isaïe 9,5). Comment croire cela quand nous voyons la violence qui règne dans notre monde ? Comment Jésus peut-il être vraiment ce Prince de la Paix ? C’est en scrutant les Ecritures, la Parole de Dieu que nous trouvons la réponse ! Jésus est bien le prince de la Paix et il n’y aura pas de paix en notre monde sans lui !

Jésus est prince de la paix, c’est-à-dire principe, source de la paix. Il nous enseigne que « le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses. » (Marc 7,21) » (Pape François, Message pour la 50ème journée mondiale de la paix) Comment lutter, agir face à cette ligne de démarcation qui traverse ma propre existence ? Là encore Jésus nous offre la réponse et une réponse radicalement positive : « il a prêché inlassablement l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et pardonne et il a enseigné à ses disciples à aimer les ennemis (cf. Mt 5, 44) et à tendre l’autre joue (cf. Mt 5, 39). Lorsqu’il a empêché ceux qui accusaient la femme adultère de la lapider (cf. Jn 8, 1-11) et lorsque, la nuit d’avant sa mort, il a dit à Pierre de remettre son épée au fourreau (cf. Mt 26, 52), Jésus a tracé la voie de la non-violence, qu’il a parcourue jusqu’au bout, jusqu’à la croix, par laquelle il a réalisé la paix et détruit l’inimitié (cf. Ep 2, 14-16). C’est pourquoi, celui qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi, à son tour, un instrument de réconciliation, selon l’exhortation de saint François d’Assise : « La paix que vos bouches annoncent, ayez-la plus encore en vos cœurs » » (Ibid.)

A la suite des bergers, qui ont entendu les anges annoncer la naissance de Jésus en glorifiant Dieu et souhaitant paix sur terre aux hommes et femmes de bonne volonté (cf. Luc 2,14), nous sommes invités, à notre tour, à glorifier et louer Dieu pour tout ce que nous entendons et nous voyons de ce qui nous est annoncé de la Bonne Nouvelle… pour cela, puissions-nous adopter l’attitude de la Vierge Marie qui « retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur. » (Luc 2,19)

« En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune. « Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix » » (Pape François, Message pour la 50ème journée mondiale pour la paix)

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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