« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi et les Prophètes… » (Mt 5,17) Effectivement, tout le monde a pu le comprendre en entendant la suite du discours, Jésus affine même cette loi par quelques menues précisions.

Ne pas commettre de meurtre… et Jésus va plus loin : pas de colère, pas d’insulte, ne pas maudire… Ne pas commettre d’adultère, ne pas partir avec la femme d’un autre… et Jésus va plus loin : ne pas regarder une femme et la désirer… Il est certain qu’avec cela, Jésus ne vient pas abolir la loi !

Et heureusement d’ailleurs que Jésus n’abolit pas la loi… sinon, comment pourrions-nous vivre en société ? La loi est indispensable à l’éducation humaine ! Au commencement, quand Dieu créa le monde, quand il façonna l’homme et la femme à son image, Dieu ne donna qu’une seule loi : « Tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais car, du jour où tu en mangeras,tu devras mourir. » (Gn, 2,17) Et nous connaissons bien les conséquences de ce non respect de cette loi, celles-ci marquent notre vie aujourd’hui encore !

La loi que Dieu nous donne, et que Jésus vient accomplir, est une loi d’amour, une loi de croissance. Cette loi de Dieu est pour la croissance de notre liberté dans le bien. Elle n’est pas là pour brimer notre désir mais pour l’épanouir dans le bien. C’est à nous qu’il appartient de choisir : « Si tu veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. » nous a dit Ben Sirac le Sage. « La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix » nous dit-il encore. De même, nous pouvons entendre dans le livre du Deutéronome : « Si tu écoutes les commandements du Seigneur ton Dieu que je te prescris aujourd’hui, et que tu aimes le Seigneur ton Dieu, que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses commandements, ses lois et ses coutumes, tu vivras et te multiplieras » (Dt 30,16). Dieu « n’a commandé à personne d’être impie, il n’a permis à personne de pécher » (Si 15,20)

Ceci est bonne nouvelle pour nous. Le mal est extérieur à l’homme. Il ne fait pas parti de notre nature, ainsi nous avons un espoir de salut. Dieu n’a pas fait le mal et ce n’est pas lui qui nous y pousse. Le mal, introduit par le serpent d’après le livre de la Genèse, se répand à partir du moment où l’homme se méfie de Dieu.

L’homme est libre de choisir le bien ou le mal. Dieu a crée l’homme libre de choisir mais pour l’aider à choisir, Dieu donne à l’homme sa loi. Choisir de vivre selon la loi de Dieu, c’est choisir le bien, choisir le bonheur. C’est donc dans la fidélité à Dieu que l’homme trouve le vrai bonheur. S’éloigner de Dieu, c’est tôt ou tard faire son propre malheur. Deux voies s’ouvrent donc devant nous : une qui mène à la lumière, la joie, la vie et l’autre qui est une voie de nuit, de ténèbres qui n’apporte que tristesse et mort.

Ainsi, Jésus vient accomplir la loi. Comme lui-même a été jusqu’au bout de l’amour en donnant sa vie, il nous invite à aller plus loin encore dans l’amour. Jésus nous fait passer du « Tu ne tueras pas » à « tu t’interdiras même la colère » pour aller jusqu’au pardon. Il nous fait passer du « Tu ne commettras pas d’adultère » à « tu t’interdiras même d’y penser et tu éduqueras ton regard à la pureté ». Et en matière de promesse, il nous fait passer du « tu ne feras pas de faux serments » à « tu ne feras pas de serment du tout : que tout ce qui sort de ta bouche soit vrai ! »

Oui, Jésus nous invite à aller toujours plus loin dans l’amour car là est la vraie sagesse. Cette loi, ces commandements, que Jésus affine pour nous, concernent notre relation avec les autres, notre être avec. Aussi puissions-nous faire notre la prière du psalmiste entendue ce jour (Psaume 118(119)) : « 33 Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres : à les garder, j’aurai ma récompense.34 Montre-moi comment garder ta loi, que je l’observe de tout cœur ». Amen.

Homélie pour le 6ème dimanche ordinaire – Année A
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Homélie pour le Week-End de la Formation des Laïcs En Responsabilité
et pour la paroisse.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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