Vous cherchez la joie? Rien de plus simple: écoutons l’appel de Jésus et répondons-y avec confiance, allons sans crainte annoncer la Bonne Nouvelle. C’est ce qu’on fait les soixante-douze disciples que Jésus a désigné. Ils ont annoncé: «Le règne de Dieu est tout proche de vous.» (Luc 10,9) et ils sont revenus tout joyeux de cette mission. Et pourtant, elle n’était pas simple.

En effet: Jésus commence par leur dire: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maitre de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.» (Luc 10,2) Cette demande nous invite à ne pas nous lamenter sur le manque d’ouvrier, le manque de main d’oeuvre pour annoncer l’Évangile mais à faire une demande instante au Seigneur d’envoyer des ouvriers, d’appeler des hommes et des femmes à son service. Il nous faut aussi découvrir que c’est à nous que le Seigneur demande de mouiller la chemise pour annoncer la Bonne Nouvelle… Il ne le demande pas uniquement au voisin!

Dans sa bonté, Jésus donne un encouragement à ceux qu’il envoie: «Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.» (Luc 10,3) Annoncer l’Évangile n’est pas une activité de salon! Ce n’est pas de tout repos. De même l’annonce de l’Évangile n’est pas à confondre avec une conquête militaire, une conquête de territoire ou une action de propagande! Annoncer l’Évangile, c’est proposer la paix: «Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: ‘Paix à cette maison’.» (Luc 10,5)

Il ne s’agit pas d’être des Bisounours! Jésus ne nous demande pas d’annoncer une utopie, il s’agit d’annoncer la paix, c’est-à-dire la plus profonde des aspiration de l’être humain. La paix est un fruit de l’Esprit Saint, elle est donc un don à recevoir. C’est ce qu’offre Jésus à ses disciples au matin de la Résurrection: «La Paix soit avec vous.» Il s’agit donc plus que d’avoir une vie libérée de tout conflit. Il s’agit de découvrir que par la Croix, Jésus a obtenu la réconciliation, le pardon des pêchés et donc la Paix avec Dieu. Avoir la Paix ne signifie donc pas ne pas connaitre de conflits, de stress ou de moments difficiles; avoir la Paix s’est découvrir que notre vie est totalement entre les mains de Dieu qui nous aime. C’est connaitre le calme au plus profond de notre for intérieur.

Cette paix, il nous faut la propager sans relâche, ne pas nous laisser arrêter par les obstacles. Si notre interlocuteur ne veut pas la recevoir, il est inutile de s’acharner sur lui. Il faut passer à un autre. En effet chacun demeure libre, en sa conscience, d’accepter ou de refuser cette Paix qui est don de Dieu.

Jésus donne aux disciples une consigne: «N’emportez ni argent, ni sac, ni sandale, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.» (Luc 10,4) La mission doit se vivre avec une grande simplicité, un dépouillement le plus absolu. L’énergie du missionnaire doit être orientée vers l’annonce de la Bonne Nouvelle. Il n’y a pas de place pour le superflu. En même temps, ce dépouillement doit permettre d’être accueillant à ceux qui ouvrent leur coeur à cette Bonne Nouvelle. Le missionnaire doit prendre du temps pour la rencontre avec ceux qui le reçoivent: «Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira; car le travailleur mérite son salaire.» (Luc 10,7) «Dans toute ville où vous serez accueillis, mangez ce que l’on vous offrira.» (Luc 10,8)

Jésus demande aux messagers de l’Évangile d’être ouvert et conciliants, ils doivent chercher ce qui unit les personnes et ne pas accepter ce qui sépare.

En vivant la mission comme Jésus le leur a demandé, les disciples sont revenus de celle-ci tout joyeux. Malgré les difficultés rencontrées, les disciples sont revenus tout joyeux car ils ont fait confiance à Jésus. Ils ne se réjouissent pas de ce qu’ils ont réussi mais de la réponse qu’ils ont fait à l’envoi en mission de Jésus. Ils ont eu foi en lui.

Ce que Jésus demande aux soixante-douze disciples, il nous le demande à nous aussi. N’ayons pas peur de répondre à son appel quelque soit les difficultés, le dépouillement auquel nous sommes invités. Annonçons la paix du Christ et cessons de nous lamenter si elle n’est pas reçue. Au contraire, sachons nous arrêter auprès de celles et ceux qui l’accueillent, sachons nous réjouir de ce bout de chemin qu’ils ont parcourus. Notre vie chrétienne aura alors un tout autre goût: elle sera véritablement habité par la joie… Et il y a fort à parier que celle-ci soit contagieuse et provoque d’autres a répondre à l’appel du Christ. Amen.

Homélie pour le 14ème dimanche ordinaire – Année C

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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