les-noces-de-cana1Quand les cloches de l’église sonnent pour annoncer un mariage, il n’est pas rare de voir les voisins pointer le bout du nez pour regarder les mariés. De même quand on nous raconte le dernier mariage auquel nos interlocuteurs ont assisté, les questions fusent: comment était la mariée? Et sa robe? La cérémonie était-elle belle? Et le cocktail? La soirée?…

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, dans le récit que Jean nous fait des noces de Cana, auxquelles assistent Jésus, sa mère et ses disciples, nous ne saurons rien des mariés! Excepté qu’il est reproché au marié d’avoir servir le bon vin en dernier. Le couple principal de la scène est un autre couple: il s’agit de Jésus et de sa mère.

Regardons Marie, la mère de Jésus. Elle est attentive à ce qui se passe. C’est elle qui fait remarquer à Jésus qu’il manque du vin pour finir la noce. C’est encore elle qui dit aux serviteurs, en parlant de Jésus: « Faites tout ce qu’il vous dira. » (Jean 2,5). Marie est attentive à ce qui se passe et elle intercède auprès de son fils. Aujourd’hui encore, Marie est attentive à ce qui se passe et elle ne cesse d’intercéder pour nous auprès de son Fils. Sachons, comme les serviteurs de la noce, entendre ce qu’elle nous dit: « Faites tout ce qu’il vous dira. » A son invitation, sachons accomplir la parole et les commandements du Christ. C’est à cette seule et unique condition que nous pourrons accueillir la nouveauté que le Christ nous apporte.

Comme Marie, l’Église – et donc chacun d’entre nous – doit être attentif à ce que vivent nos contemporains afin d’intercéder pour eux auprès du Christ. Sachons aussi les inviter à vivre selon la Parole du Christ et étant nous-mêmes fidèle à cette Parole.

Regardons maintenant Jésus. La réponse de Jésus à sa mère est assez énigmatique: « Femme que me veux-tu? Mon heure n’est pas encore venue. » (Jean 2,5) Après cette réponse qui ressemble à une fin de non recevoir, Jésus, face à la confiance de sa mère, accomplira ce miracle, ou plus exactement le signe, de changer l’eau en vin. Outre le fait que ce signe soulage les organisateurs de la noce et leur permet de continuer les festivités, ce signe a une signification plus grande encore.

Si l’on en croit la remarque faite au marié qu’il a servit le bon vin en dernier, c’est que la charge de prévoir le vin des noces incombe au marié. Or dans l’Évangile de ce jour, c’est Jésus qui prévoit le vin. N’est-ce pas le signe qu’il est le marié?

Le premier signe que Jésus accomplit dans sa vie publique est de nous dire qu’il est là pour manifester l’alliance de Dieu avec son peuple. Par Lui, avec Lui et en Lui se réalise la promesse de Dieu: Dieu s’unit à son peuple. C’est ainsi que s’éclaire la prophétie d’Isaïe, entendue en première lecture: « Comme un jeune homme épouse un jeune fille, celui qui t’a construite t’épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu. » (Isaïe 62,5)

Ce signe prendra un éclat nouveau durant la Passion. Le sacrifice du Christ qui s’accomplit lors de la dernière Cène et sur la Croix est le signe de cette union.

Tout le signe des noces de Cana est de nous faire découvrir qu’il est venu le temps de l’accomplissement de la promesse de Dieu. En Jésus, Dieu vient faire alliance avec nous et il nous révèle tout l’amour qu’il porte à notre humanité. Pour cela Jésus apporte quelque chose de neuf. Il nous permet de vivre une relation nouvelle avec Dieu. Ouvrons notre coeur à sa Parole, comme Marie nous y invite: faisons fou ce qu’il nous dit. Par amour, répondons à son appel à la conversion. Puisons à la source de son amour miséricordieux. A travers nos blessures, nos souffrances, nos incompréhensions, posons-nous aux pieds de l’époux qui nous abreuve d’un vin nouveau. Posons-nous aux pieds du Christ pour accueillir la nouveauté de l’Évangile et vivre pleinement cette lettre d’amour que Dieu nous adresse. Amen.

Homélie pour le deuxième dimanche ordinaire – Année C

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.