« Boire un petit coup, c’est agréable ! », voilà ce que ce dit Jésus, à l’heure de midi, assis au boire du puits, fatigué par la marche. L’arrivée de la Samaritaine, qui vient pour puiser de l’eau, va lui permettre de se désaltérer.

« Boire un petit coup, c’est agréable ! », voilà ce que se dit la Samaritaine quand Jésus lui dit : « celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif » (Jn 4,14). Oui, elle n’aura plus à venir puiser ! Finie, cette corvée quotidienne, vive l’eau courante !

Oui, mais… n’y a-t-il pas quiproquo ? Pourquoi Jésus est-il fatigué ? De quoi Jésus a-t-il soif ? Et la Samaritaine, de quoi elle aussi a-t-elle soif ?

Jésus a-t-il vraiment soif de cette eau qui se trouve au fond de ce puits, à l’écart de la ville ? Ou bien a-t-il soif de cette eau stagnante au fond de notre cœur, de ce désir d’amour, de vie, de bonheur qui est enfoui au plus profond de nous-même, dans ce puits que nous tenons à l’écart de nos lieux de vie comme si il était inaccessible, objet d’un effort qui nous paraît être comme une traversée du désert ? Préférons-nous rester assis au bord de nos citernes lézardées qui tentent de recueillir un semblant d’eau vive au goût amer ?

Aujourd’hui, comme chaque jours d’ailleurs, Jésus nous demande : « Donne-moi à boire. » (Jn 4,7)… vais-je courir auprès de lui, pour répondre à sa demande ? Jésus a soif de pouvoir aimer, de pouvoir m’aimer… vais-je lui ouvrir mon cœur, vais-je lui donner ma vie pour qu’il puisse se désaltérer… ou vais-je l’ignorer et lui faire crier cette soif de pouvoir aimer sur la croix, où quelques instant avant de mourir, il va crier : « J’ai soif » ?

Oui, Jésus nous propose une eau vive, une eau sanctifiante remplie de sel minéraux en tous genres, d’oméga 3 (et oui, tout est récapitulé dans la Sainte Trinité !), pleine de vitamine, qui donne un teint éclatant aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, une eau qui pétille de vie… vais-je oser lui adresser cette prière, répondre à son appel, comme la Samaritaine : « Seigneur, donne-la-moi, cette eau : que je n’aie plus soif. » (Jn 4,15)

En acceptant cette eau de la part du Christ, comme la Samaritaine, il me faut en accepter les effets curatifs et régénérant qu’elle provoque ! Cette eau vive, don de Dieu, fait la Vérité au fond de moi, elle me lave de tous péchés… cette eau vive est celle du baptême, l’eau de la grâce, de l’amour de Dieu qui se répand en nos vies.

Cool ! C’est bon, je suis déjà baptisé… pas de soucis ! Je l’ai cette eau vive ! Elle est en moi ! Bon aller, je viendrais faire un petit lavage à ma profession de foi… éventuellement, je fais l’effort de me lever le dimanche, surtout quand on a dormi une heure de moins, et que j’ai du allé voter avant pour aller à la messe… par acquis de conscience, je ferais aussi une petite confession avant Pâques… ah ! pauvre de nous, si tout cela est important, primordial, c’est à chaque instant de notre vie qu’il faut nous tenir au pieds du Christ, pour recevoir cette eau vive, l’eau de la Parole. C’est à tout instant de nos vies, qu’il faut être en capacité de recevoir ce don de Dieu sans crainte, sans peur, car les seules cruches que nous avons pour recueillir cette eau sont bien souvent ébréchées, fêlées, cabossées à l’image de nos vies… et alors ?, le Christ ne regarde pas le contenant… il lui importe simplement de pouvoir remplir cette pauvre cruche, que je suis. Et c’est ainsi, en me présentant à lui, tel que je suis, que je pourrais abreuver la soif du Christ, lui procurer le repos (il ne sera plus obligé de me chercher !)… mais c’est aussi comme cela que coulera pleinement en moi la source de la vie, la source de l’amour, la source du bonheur… et c’est uniquement comme cela que je donnerais aussi l’envie aux autres de venir s’abreuver à cette source !

Dieu qui donnes et pardonnes, en Jésus tu veux révéler à tout homme le don que tu fais à l’humanité ; ouvre nos cœurs à sa présence, et que notre soif de vie trouve en lui l’unique source capable de nous combler, dès maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Homélie pour le troisième dimanche de Carême – Année A
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Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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