logo-de-l-annee-de-la-foi-2012Ce soir, nous débutons, dans le cadre de l’Année de la Foi, une série de catéchèse sur le Credo. Durant six soirées, à raison d’une par mois, nous allons essayer d’approfondir la profession de foi, le «Je crois en Dieu».

Aujourd’hui, nous nous arrêterons sur le verbe «croire». Qu’est-ce que cela veut dire? Nous découvrirons aussi pourquoi il y a plusieurs textes du Credo dans la liturgie de l’Église. Les soirées suivantes auront pour thème, dans l’ordre: «Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur», «Jésus, qui est-il?», «L’Esprit Saint», «L’Église, c’est quoi? C’est qui?» et nous terminerons au mois de mai par «La Vierge Marie.»

Ces soirées sont bâties en trois temps: un temps interactif qui prendra différentes formes selon les soirées, un temps d’enseignement et un temps de prière.

Je crois…

Lorsque nous proclamons la foi de l’Église, notre foi, nous débutons cette profession de foi en disant: «Je crois…».

Commençons donc par ouvrir le dictionnaire pour regarder ce que signifie «croire». Le Larousse nous dit que c’est un verbe (Le verbe est un mot qui exprime soit une action faite ou subie par un sujet, soit l’existence ou l’état du sujet soit enfin l’union de l’attribut du sujet.)

  1. transitif indirect.
    1. Être certain de l’existence de quelqu’un, de quelque chose, de la véracité de quelque chose : Croire aux revenants
    2. Tenir quelque chose pour véritable, vrai, vraisemblable ou possible : Tout le monde a cru à un accident.
    3. Être persuadé de l’efficacité de quelque chose ; se fier à, s’en rapporter à : Croire en la médecine.
    4. Avoir confiance en quelqu’un, avoir foi en ses actions, son avenir, ses possibilités : J’ai toujours cru en lui.
  2. transitif (latin credere)
    1. Tenir quelque chose pour vrai, l’admettre comme une certitude, en être persuadé, convaincu : Comment peut-on croire une telle histoire ?
    2. Tenir quelqu’un pour sincère ; se fier à lui : Croire quelqu’un sur parole.
    3. Tenir quelque chose pour possible, l’envisager par la pensée ; penser, supposer : Je crois bien qu’il va pleuvoir. Il croit pouvoir y arriver tout seul.
    4. Avoir telle opinion, tel jugement sur quelqu’un ou quelque chose : Je crois qu’il est intelligent.
    5. Imaginer quelque chose, en avoir l’impression : C’était comme dans un rêve, je croyais marcher sur l’eau.

Dans l’acte de croire, l’acte de foi, il y a donc une certitude et une confiance. Cette certitude et cette confiance, il m’arrive régulièrement de la donner. Certitude et confiance me font vivre. Prenons un exemple: lorsque qu’un homme et une femme s’aiment et décident de s’engager dans le mariage, c’est que l’un et l’autre se font confiance, ils croient en l’autre à un point tel qu’ils engagent ensemble leur avenir.

De même, un enfant qui a besoin d’être rassuré, qui a besoin de confiance, vient se blottir dans les bras de son père ou de sa mère. L’enfant a confiance, croit en la capacité de ses parents de le protéger, de le consoler.

Dans un domaine différent, si en histoire nous étudions, par exemple, Napoléon. Je n’ai jamais vu ni connu Napoléon et pourtant je sais qu’il a existé car je me fie aux témoins de son époque qui ont raconté, qui ont témoigné. Je crois, je fais un acte de foi.

Prenons un dernier exemple que nous trouvons dans le Youcat (n°21): « Quand un parachutiste demande à l’employé du terrain d’aviation: « Le parachute a-t-il été plié correctement? » et que celui-ci grommelle : « Euh! Je crois bien que oui », cette réponse ne lui convient pas, il voudrait savoir. Si, en revanche, il a demandé à un ami de plier le parachute, et que celui-ci lui réponde à la même question: « Oui, je l’ai fait personnellement. Tu peux me croire », le parachutiste répondra: « Oui, je te crois. » Cette foi est beaucoup plus qu’un savoir, elle est une certitude. »

En ce qui concerne la vie chrétienne, cet acte de foi nous ne le faisons pas sur une idée abstraite, nous ne le faisons pas que sur un savoir. Nous croyons en Dieu, qui s’est révélé tout au long de l’histoire. Il «s’est révélé à travers des paroles et des œuvres tout au long d’une histoire d’amitié avec l’homme, qui culmine dans l’Incarnation du Fils de Dieu et dans son Mystère de mort et de Résurrection. Non seulement Dieu s’est révélé dans l’histoire d’un peuple, non seulement il a parlé au moyen des prophètes, mais il a franchi la limite de son Ciel pour entrer dans la terre des hommes comme homme, afin que nous puissions le rencontrer et l’écouter.» (Benoît XVI, Catéchèse du 17 octobre 2012)

Il est donc important que nous connaissions ce que nous croyons, que nous connaissions Celui en qui nous croyons. Pour cela nous devons faire de notre mieux pour «que le Credo soit mieux connu, compris et prié» (ibid.) Dans sa catéchèse du 17 octobre dernier, Benoît XVI nous précise même que le Credo doit être « reconnu ». Qu’est-ce que cela veut dire? Écoutons le Saint Père nous enseigner lui-même: «connaître pourrait être une opération uniquement intellectuelle, tandis que « reconnaître » veut signifier la nécessité de découvrir le lien profond entre les vérités que nous professons dans le Credo et notre existence quotidienne, afin que ces vérités soient véritablement et concrètement – comme elles l’ont toujours été – une lumière pour les pas de notre vie, une eau qui irrigue les passages arides de notre chemin, une vie qui vainc certains déserts de la vie contemporaine. Dans le Credo se greffe la vie morale du chrétien, qui trouve en lui son fondement et sa justification.» (ibid.)

Ainsi «celui qui croit cherche une relation personnelle à Dieu et il est prêt à croire tout ce que Dieu lui montre (lui révèle) de lui-même.» (Youcat n°22) Le contenu de cette foi s’exprime par des définitions et des formules. Sans formule fixe, la foi se dissout. La formulation de la foi en une formule fixe nous permet de contempler, exprimer, apprendre, partager, célébrer et vivre la réalité de cette foi.

Qu’elles sont ces formulations de la foi?

Dans la liturgie de l’Église, nous en avons deux:

  1. Le Symbole des Apôtres
  2. Le Symbole de Nicée-Constantinople.

Ces deux formulations ont la même base. Elles remontent toutes à Jésus qui a demandé à ses disciples de baptiser: «Allez donc: de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.» (Matthieu 28,19)

Toutes les professions de foi de l’Église sont un développement de cette foi en la Trinité. Elles commencent toutes par confesser le Père qui a créé le monde et le maintient en vie. Vient ensuite la confession du Fils qui apportent la délivrance au monde et à chacun de nous. Et elles se terminent par l’Esprit-Saint, présence de Dieu dans l’Église et dans le monde.

Nous développerons le contenu du Credo dans nos rencontres suivantes, comme annoncé au début de la rencontre.

Pourquoi ces deux textes du Credo?

« Le Symbole des apôtres, appelé ainsi parce qu’il est considéré à juste titre comme le résumé fidèle de la foi des apôtres. Il est l’ancien symbole baptismal de l’Église de Rome. Sa grande autorité lui vient de ce fait : « Il est le symbole que garde l’Église romaine, celle où a siégé Pierre, le premier des apôtres, et où il a apporté la sentence commune » (saint Ambroise)» (Catéchisme de l’Église Catholique, n°194)

« Le Symbole dit de Nicée-Constantinople tient sa grande autorité du fait qu’il est issu des deux premiers Conciles œcuméniques (325 et 381). Il demeure commun, aujourd’hui encore, à toutes les grandes Églises de l’Orient et de l’Occident. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n°195). Dans ce symbole, il y a une insistance plus grande sur la divinité du Christ, en réponse à l’hérésie du prêtre Arius. Ce dernier ne reconnaissait pas en Jésus l’égal de Dieu. Il n’était, pour lui, fils de Dieu que par adoption.

« Je crois » ou « Nous croyons »?

Dans l’un et l’autre texte de la Profession de Foi, le premier mot est « Je ». Ce pronom est riche de sens. Regardons brièvement ce qu’il signifie. Pour cela, mettons-nous encore à l’écoute du Catéchisme de l’Église Catholique, au numéro 166 et 167:

« La foi est un acte personnel : la réponse libre de l’homme à l’initiative de Dieu qui se révèle. Mais la foi n’est pas un acte isolé. Nul ne peut croire seul, comme nul ne peut vivre seul. Nul ne s’est donné la foi à lui-même comme nul ne s’est donné la vie à lui-même. Le croyant a reçu la foi d’autrui, il doit la transmettre à autrui. Notre amour pour Jésus et pour les hommes nous pousse à parler à autrui de notre foi. Chaque croyant est ainsi comme un maillon dans la grande chaîne des croyants. Je ne peux croire sans être porté par la foi des autres, et par ma foi, je contribue à porter la foi des autres. »

« « Je crois » (Symbole des Apôtres) : c’est la foi de l’Église professée personnellement par chaque croyant, principalement lors du baptême. « Nous croyons » (Symbole de Nicée-Constantinople, dans l’original grec) : c’est la foi de l’Église confessée par les évêques assemblés en Concile ou, plus généralement, par l’assemblée liturgique des croyants. « Je crois » : c’est aussi l’Église, notre Mère, qui répond à Dieu par sa foi et qui nous apprend à dire : « Je crois », « Nous croyons ». »

Nous pourrions le dire autrement avec l’aide du Youcat, au numéro 24: «Celui qui veut croire doit pouvoir dire « je » aussi bien que « nous », car une foi que l’on ne peut ni partager ni communiquer serait irrationnelle. Le croyant individuel donne sa libre adhésion au « Nous croyons » de l’Église. C’est l’Église qui a reçu la foi. (…) la foi est la participation à une conviction collective. La foi des autres me porte, de même que le feu de ma foi allume le feu ou fortifie le feu chez les autres.»

Je voudrai conclure l’enseignement de ce soir par deux dernières citations. L’une tirée du Youcat au numéro 307 et la deuxième de la catéchèse de Benoît XVI du 24 octobre 2012.

Avec le Youcat retenons que « La foi est la vertu par laquelle nous croyons en Dieu, nous reconnaissons sa vérité, et nous nous attachons personnellement à lui. La foi est le chemin créé par Dieu qui conduit à la vérité, qui est Dieu lui-même. Parce que Jésus est le chemin, la vérité, la vie (Jn 14, 6), la foi ne peut pas être une simple attitude, une «croyance» en quelque chose. D’une part, la foi contient des données précises: l’Église les professe dans le Credo (la profession de foi), et elle est chargée de les garder. La personne qui accueille le don de la foi, qui donc veut croire, se déclare pour cette foi conservée fidèlement à travers les âges et les cultures. D’autre part, croire, c’est aussi s’engager avec Dieu dans une relation confiante, de tout son coeur et son esprit, de toutes ses forces sensibles. Car ce qui importe, c’est la foi agissant par la charité (Ga 5, 6). Ce n’est pas à travers ses belles paroles que l’on voit si quelqu’un croit vraiment au Dieu d’amour, mais dans ses actes d’amour. »

Et Benoît XVI nous dit: « La foi est un don de Dieu, mais également un acte profondément libre et humain. Le Catéchisme de l’Eglise catholique le dit avec clarté: «Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit. Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain. Il n’est contraire ni à la liberté ni à l’intelligence de l’homme» (n. 154). Au contraire, il les implique et les exalte, dans un enjeu de vie qui est comme un exode, à savoir sortir de soi-même, de ses propres certitudes, de ses propres schémas mentaux, pour se confier à l’action de Dieu qui nous indique sa voie pour obtenir la véritable liberté, notre identité humaine, la véritable joie du cœur, la paix avec tous. Croire signifie se remettre en toute liberté et avec joie au dessein providentiel de Dieu dans l’histoire, comme le fit le patriarche Abraham, comme le fit Marie de Nazareth. La foi est alors un assentiment avec lequel notre esprit et notre cœur prononcent leur «oui» à Dieu, en confessant que Jésus est le Seigneur. Et ce «oui» transforme la vie, il lui ouvre la voie vers une plénitude de signification, il la rend nouvelle, riche de joie et d’espérance fiable. » (Catéchèse du 24 octobre 2012)

Nous rentrerons dans le contenu de cette foi à notre prochaine rencontre. Pour le moment, prenons le temps de nous poser et de notre mettre devant le Seigneur lui-même dans la prière.

Pour le temps de prière, nous commençons par réciter ensemble le Symbole des Apôtres que nous méditerons ensuite dans le silence. Avant de nous confier à la Vierge Marie, nous prierons avec la prière de Paul VI pour accueillir le don de la foi.

Prochaines rencontres:

  • jeudi 24 janvier 2013, 20h30, salle des fêtes de Neuilly l’Hôpital: « Dieu: Père, Tout Puissant, Créateur ? »
  • jeudi 14 février 2013, 20h30, salle des fêtes de Neuilly l’Hôpital: « Jésus, qui est-il ? »
  • jeudi 14 mars 2013, 20h30, salle des fêtes de Neuilly l’Hôpital: « L’Esprit Saint »
  • jeudi 11 avril 2013, 20h30, salle des fêtes de Neuilly l’Hôpital: « L’Église, c’est quoi? c’est qui? »
  • jeudi 16 mai 2013, 20h30, salle des fêtes de Neuilly l’Hôpital: « La Vierge Marie »
Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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