«Mon serviteur réussira, dit le Seigneur; il montera, il s’élèvera, il sera exalté!» nous a dit le prophète Isaïe (Isaïe 52,13). Drôle de réussite: il est bien monté sur le Golgotha, il a bien été élevé: sur la Croix… mais il est mort!

Et ce soir, nous sommes au pied de sa Croix à le contempler. Silencieux devant ce mystère. Où est la gloire de notre Seigneur? Où est la gloire de notre Sauveur? Il est là, nu  sur le bois de la Croix… et après tant de souffrances, ressemble-t-il encore à un homme? Il n’est «ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’a rien pour nous plaire» (Isaïe 53,2): pas de vêtements de marque, pas de rolex ni de smartphone… Il est «objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance comme quelqu’un devant qui on se voile la face…» (Isaïe 53,3) et pourtant, il est là devant nous sur la croix, sur cette croix que nous allons venir vénérer, embrasser dans quelques instants.

Le mystère de la Passion est le chemin que Jésus, vrai Dieu et vrai homme, fait pour descendre jusqu’aux profondeurs de nos souffrances, de notre propre confrontation à la mort. La Passion du Christ nous donne «la certitude que Dieu n’est pas quelqu’un de distant ou lointain de l’homme et de ses vicissitudes. Au contraire, il s’est fait l’un d’entre nous «pour pouvoir compatir avec l’homme de manière très réelle, dans la chair et le sang… De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu’un qui partage la souffrance et la patience; de là se répand dans toute souffrance la consolatio; la consolation de l’amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l’étoile de l’espérance» (Spe salvi,39).» (Benoit XVI, JMJ 2011, Chemin de Croix)

Alors que nous allons entrer dans le grand silence du Samedi Saint, uni au Christ qui descend dans les profondeurs de nos tombeaux avant d’en surgir vivant au matin de Pâques, victorieux de la mort, «regardons vers le Christ, cloué sur un bois rude, et demandons-lui qu’il nous montre cette sagesse mystérieuse de la croix par laquelle l’homme vit. La croix n’a pas été le développement d’un échec, sinon la manière d’exprimer le don aimant qui arrive jusqu’à un don plus grand : celui de sa propre vie. Le Père a désiré aimer les hommes dans l’accolade de son Fils crucifié par amour. Par sa forme et sa signification, la croix représente cet amour du Père et du Christ pour les hommes. En elle, nous reconnaissons l’image de l’amour suprême, où nous apprenons à aimer ce que Dieu aime et comme il le fait : c’est elle la Bonne Nouvelle qui redonne l’espérance au monde.» (Ibid.) Amen.

Homélie pour le Vendredi Saint

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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