Homélie pour le 33ème dimanche ordinaire - Année B

La fraternité au risque de la prière

La Parole de Dieu

Daniel 12,1-3
Psaume 16(15)
Hébreux 10,11-14.18
Marc 13,24-32

Lire les textes

Dans une actualité un peu morose, voire fataliste, une lecture superficielle de la Parole de Dieu de ce dimanche ne nous apporte pas beaucoup de soutien et de réconfort : « En ces jours-là, après une grande détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté… » (Marc 13,24) ou encore « ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci »(Daniel 12,1) Il ne semble plus y avoir d’espérance, l’horizon nous parait bouché. L’angoisse et la révolte peuvent alors monter de notre cœur.

Les textes que nous avons entendus appartiennent à la littérature apocalyptique. Mais ne nous trompons pas sur le sens biblique de l’apocalypse. Celle-ci n’est pas une littérature de catastrophe. Elle est une révélation : la venue de Jésus-Christ est la fin d’un monde et l’avènement d’un nouveau monde. Elle est une parole d’espérance au milieu des évènements dramatiques du monde.

Laissons-nous toucher par ces paroles d’espérance : « Jésus-Christ, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. (…) Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie. »(Hébreux 10,12.14) Au cœur des évènements de notre monde, je suis invité à porter mon regard sur celui qui a offert sa vie pour moi, pour l’humanité : Jésus-Christ. Il me faut entrer dans son offrande pour me laisser conduire à la perfection de l’amour, pour me laisser sanctifier. La paix, le pardon, le dialogue se puisent à la source de l’Eucharistie en ce lieu où l’Église fait mémoire, rend présent le sacrifice du Christ.

C’est en contemplant le Christ mort et ressuscité que la prière du psaume devient ma prière : « Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! A ta droite, éternité de délices ! » (Psaume 15(16) 10-11) Dieu ouvre devant nous le chemin de la Vie, il ne tient qu’à moi d’en faire le choix.

Pour moi, chrétien, ce choix est un combat. C’est le combat de la paix et de l’amour fraternel. Ce combat commence dans nos propres vies en demandant au Seigneur de désarmer nos rancœurs, nos désirs de violence, de vengeance… en cherchant à bâtir la paix, la réconciliation au cœur de nos propres familles, de nos communautés humaines et chrétiennes… Ne laissons pas le Diable mener la danse de la division, de la haine, de la violence… mais prions et supplions le Prince de la Paix, le Christ lui-même, d’envoyer son Esprit afin de bâtir ensemble une véritable fraternité qui annonce l’Évangile.

Ce combat de la fraternité nous le gagnerons non pas en voulant être plus fort que les autres ou en voulant prendre le pouvoir. Ce combat de la fraternité nous le gagnerons dans la mesure où nous prendrons soin les uns des autres. Chrétiens, la fraternité évangélique est la Bonne Nouvelle que nous pouvons offrir à notre société qui crève de ne pouvoir la vivre.

En cette journée mondiale des pauvres, je suis interpelé par ces paroles du pape qui éclaire notre actualité : « La pauvreté n’est pas recherchée mais elle est le fruit de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’avidité et de l’injustice. Des maux aussi vieux que l’humanité, qui sont toujours des péchés qui blessent tant d’innocents, ont des conséquences sociales dramatiques. »(Message pour la journée mondiale des pauvres) Égoïsme, orgueil, avidité et injustice sont antinomique avec la fraternité. Nous avons un combat à mener pour nous débarrasser de ces maux qui habitent notre société mais aussi notre vie personnelle. Ce combat est avant tout celui de l’écoute en profondeur de la Parole de Dieu et une mise en œuvre effective de celle-ci dans nos vies.

La fraternité n’est pas une utopie hors de portée… petits gestes après petits gestes, nous pouvons la mettre en œuvre. Cela relève d’un choix de notre part. Pour découvrir que ces gestes ne sont pas hors de notre portée, je vous propose de confier, maintenant, à votre voisin l’intention de prière que vous voulez qu’il porte avec vous au cœur de cette Eucharistie et tout au long de cette semaine…

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