A entendre la première lecture tirée du livre de l’Apocalypse, celle-ci a un petit goût de lutte finale! Et il est bien question de la lutte finale: dans l’Apocalypse, (qui n’est pas synonyme de catastrophe mais de révélation), saint Jean s’adresse à des chrétiens persécutés pour les soutenir dans leur épreuve et leur annoncer la victoire finale. Mais comme pour recevoir certaines chaines cryptées, nous avons besoin du décodeur pour le comprendre!

Dans cette lutte, les forces du mal qui se déchainent, sont représentées par le dragon rouge feu. Ce dragon semble avoir la victoire en balayant de sa queue « le tiers des étoiles du ciel, et à les précipiter sur la terre. » (Apocalypse 12,4) Même si il compte bien faire échec au plan de Dieu en étant posté « devant le femme afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. » (Apocalypse 12,4), sa défaite est annoncée et nous n’avons pas à avoir peur.

Face au dragon, une femme enceinte torturée par les douleurs de l’enfantement, qui a « le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles » (Apocalypse 12,1). Qui est cette femme? A regarder les images bibliques qui nous parlent de la relation entre Dieu et son peuple en termes de noces, cette femme est le peuple élu qui engendre le Messie. Pour les disciples du Christ confrontés à la persécution, cet enfantement est douloureux. Nous sommes en train d’enfanter l’humanité nouvelle.

A la naissance de l’enfant, celui-ci est « enlevé auprès de Dieu et de son trône » (Apocalypse 12,5). Cette image symbolise la Résurrection du Christ, Lui le Premier-né est désormais assis à la droite de Dieu… mais le peuple, lui demeure dans le monde. Il demeure au désert, ce monde difficile où Dieu veille sur lui, le protège. Soyons rassuré, le dragon a échoué dans le ciel, il ne réussira pas non plus sur la terre!

A ceux qui enfantent l’humanité nouvelle dans la douleur de la persécution, l’Apocalypse annonce la victoire: « voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ! » (Apocalypse 12,10)

Aujourd’hui, ce peuple qui enfante le Messie, c’est l’Eglise. C’est l’ensemble des baptisés.  C’est vous, c’est moi, c’est nous. Face aux évènements de notre monde, où le dragon, le diable, semble renforcer son combat, il est urgent de se demander: qu’ai-je fait de mon baptême? Qu’ai-je fait de ce don de la foi qui m’a été donné ce jour-là? Qu’elle est ma fidélité à la Parole de Dieu et la part active que je prend à l’annonce de l’Évangile? Revenons à la source! Revenons au cœur de notre foi: l’amour de Jésus-Christ et notre fidélité à sa Parole, à ses sacrements offerts par l’Église, cette mère qui nous enfante à l’image de la Vierge Marie que nous célébrons aujourd’hui.

Marie a mis toute sa foi dans la réalisation de la promesse de Dieu, dans une attention toute particulière « aux choses d’en-haut » comme nous l’avons prié avec l’oraison d’ouverture de cette messe. Le « oui » de Marie est une adhésion forte et sans condition à la Parole de Dieu. Cette Parole qu’elle n’a eu de cesse de méditer, de garder en son cœur. Le « oui » de Marie n’a pas eu d’autres conséquences que d’enfanter, de mettre au monde la Parole, le Verbe de Dieu, le Christ-Jésus lui-même. Ce « oui » de Marie et parce qu’elle est la Mère du Sauveur, lui permet, au terme de sa vie terrestre, d’être élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel. Et le « oui » de Marie nous entraine à sa suite, il nous attire au Christ.

Aujourd’hui, demandons à la Vierge Marie, la grâce de la foi, de l’espérance et de la charité. Demandons-la pour nous-mêmes, pour tous nos frères et sœurs chrétiens. Qu’à travers les épreuves de la vie, nous restions fidèle à cet amour de Dieu qui nous est donné et que nous continuions, coûte que coûte, à vivre de ce trésor qu’est la foi en Jésus-Christ. Que l’espérance d’entrer nous aussi dans la gloire du Ciel soit le moteur de notre foi et de notre charité.

Confions à l’amour maternel de la Vierge Marie nos frères et sœurs chrétiens persécutés pour leur foi. Confions à l’amour maternel de la Vierge Marie, celles et ceux qui ne connaissent pas encore le Christ ou ne veulent pas le reconnaitre, afin qu’ils soient toucher par l’amour miséricordieux du Père. Amen.

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