Aujourd’hui, nous terminons l’octave de Pâques, ces huit jours qui nous ont permis de célébrer joyeusement la Résurrection du Seigneur. Cette octave se clôt par le dimanche de la Miséricorde, institué par le Bienheureux Jean-Paul II, le 30 avril de l’an 2000.

A l’occasion de ce dimanche, nous avons entendu un des récit d’apparition de Jésus Ressuscité à ses disciples. La rencontre de Jésus avec ses disciples remplit ces derniers de joie. Face à cette joie, Jésus réitère sa salutation: «La paix soit avec vous!» et il ajoute: «de même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» (Jean 20,20-21) Avant de prononcer ces paroles, le Christ montre ses mains et son côté. «Il montre, nous dit Jean Paul II, les blessures de la Passion, en particulier la blessure du coeur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. A travers le coeur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne – Amour. Et la miséricorde n’est-elle pas le « second nom » de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon?» (Homélie du 30 avril 2000)

En ces fêtes pascales, nous avons fait anamnèse* de la mort et de la résurrection, signe de la miséricorde divine pour l’humanité et pour chacun de nous. Peut être que cela est difficile à croire pour nous que le Christ est pu offrir sa vie par amour pour moi en mourant sur la croix et en ressuscitant le troisième jour. Cela relève de la foi, de l’acte de foi lui-même. (Cf. Homélie de dimanche dernier). Recevons alors cette béatitude que Jésus adresse à l’apôtre Thomas: «Heureux ceux qui croient sans avoir vu.» (Jean 20,29)

Cette béatitude de la foi vient en échos à une autre béatitude qui précède toutes les autres dans l’Evangile. C’est la béatitude qui est adressée à la Vierge Marie, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, par sa cousine Elisabeth: «Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!» (Luc 1,45)

La béatitude de la foi a son modèle en la Vierge Marie. Celle qui est si proche de nous est bien discrète dans les évènements de la Résurrection et pourtant, elle est bien là. Elle est là en femme de foi! «Elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun de ses disciples et la communauté toute entière.» (Benoit XVI, homélie pour la Béatification de Jean-Paul II, 1 mai 2011). Sa présence maternelle est signalée dans le récit de la mort de Jésus où elle apparait debout au pied de la croix (Jean 19,25) mais aussi au début des Actes des Apôtres. Là nous la voyons au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle. (Actes 1,14)

L’apparition du Christ Ressuscité aux Apôtres et cette salutation, réitérée par deux fois: «La Paix soit avec vous!» (Jean 20,19.21) nous disent la profondeur de l’Amour du Christ pour nous, mais aussi comment cet Amour réalise la communion des premiers chrétiens. (Cf. La première lecture: Actes 4,32-35) «La communion des premiers chrétiens avait comme véritable centre et fondement le Christ ressuscité. L’Evangile raconte en effet qu’au moment de sa Passion, lorsque le divin Maître est arrêté et condamné à mort, les disciples se dispersèrent. Seuls Marie et les femmes, avec l’apôtre Jean, restèrent ensemble et le suivirent jusqu’au calvaire. Ressuscité, Jésus donna aux siens une nouvelle unité, plus forte qu’auparavant, invincible, fondée non sur les ressources humaines, mais sur la miséricorde divine, qui les a fait se sentir tous aimés et pardonnés par lui. C’est donc l’amour miséricordieux de Dieu qui unit solidement, aujourd’hui comme hier, l’Eglise et qui fait de l’humanité une seule famille; l’amour divin, qui, par Jésus, crucifié et ressuscité, pardonne nos péchés et nous renouvelle intérieurement.» (Benoit XVI, Regina Caeli du 19 avril 2009)

Puissions-nous, en ce dimanche de la Divine Miséricorde, nous laisser interpeler par le Christ Ressuscité et l’accueil de son amour, de sa miséricorde. Mais aussi, interrogeons-nous: comment cette expérience de la Miséricorde, que je fais personnellement, vient enraciner, fonder la vie de la communauté chrétienne, de la paroisse? Il faut faire un acte de foi, il faut faire profession de foi, cette même profession de foi que nous avons renouvelé lors de la Veillée Pascale: «Je crois» et reconnaitre que je peux pas tout appréhender par mon intelligence de cette vérité de la foi chrétienne. Il nous faut lever notre regard vers le ciel, et avec le Bienheureux Jean Paul II, ne pas avoir peur d’accueillir le Christ ressuscité comme la source de la confiance et de l’espérance.

Comme pour la première communauté chrétienne, que la Vierge Marie, qui se tient à nos côtés, nous accompagne dans la vie de tous les jours et nous aide à vivre tout au long de notre vie dans la lumière de la joie pascale! Amen.

  • «Faire anamnèse» signifie «rendre présent»

Homélie pour le deuxième dimanche de Pâques
dimanche de la Divine Miséricorde – Année B

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