Femmes en pèlerinage

Ce samedi 2 juin, en la veille de la fête des mères, j’ai eu la joie d’accompagner le pèlerinage des femmes et des mères de famille. De Saint Riquier à Notre Dame de Monflières, nous avons réfléchi sur le thème: « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6,19). Si dessous, le texte des enseignements.

Avant de nous mettre en route:

Partir en pèlerinage, c’est reconnaître que nous sommes en quête de quelque chose, que nous cherchons un trésor. Avec le thème de cette journée, avant de nous mettre en marche et de savoir où aller, il est bon de se poser la question : quel est le but de ma quête, quel est le trésor que je cherche ?

Afin de ne pas nous tromper dans notre interrogation, ouvrons le dictionnaire et regardons la définition du mot « trésor ». Dans le Petit Larousse en couleur, nous pouvons lire :

  • Amas d’or, d’argent, de choses précieuses mises en réserve.
  • Lieu où l’on enferme ces choses.
  • Objet précieux, caché ou enfoui, découvert par hasard.
  • Lieu d’une église où l’on garde les reliques, les ornements précieux.
  • Au sens figuré : tout ce qui est précieux, excellent, très utile. Personne ou chose pour laquelle on a un très grand attachement.
  • Et bien sur quand le trésor est public, il désigne les revenus de l’État mais aussi le lieu où les revenus de l’État sont déposés et administrés.

Ainsi nous pouvons nous demander : qu’est-ce qui est archi-important pour nous ? Qu’est-ce qui est primordial ? Car il y a fort à parier que ce point essentiel de notre vie en soit aussi le but, l’objet de notre recherche. Les trésors qui obnubilent ne sont pas uniquement caché sur des îles désertes et le seul motif de les posséder ne nous font pas uniquement braver les océans, écartant et combattant tous les obstacles qui peuvent se trouver sur mon chemin. Mon trésor, la quête de ma vie peut être plus souvent au fond de mon cœur et je suis prêt à passer tous les obstacles y compris achever l’adversaire pour y parvenir. Et cette quête peut miner toute ma vie car elle va bouffer toute mon existence.

Alors quel est mon trésor ? Ma famille ? Mon mari ? Mes enfants ? Mon travail ? Un désir de reconnaissance ? Un désir d’être aimée? Dieu ? La sainteté ? Être riche ? Ne manquer de rien ? Une sexualité épanouie ? Mon apparence physique? Mon être social ? Que sais-je encore…

Et posons-nous la question : ce trésor et le moyen de le gagner sont-ils bien évangéliques ? Sont-ils chemin de paix ou au contraire chemin d’angoisse ? De trouble ? De peur ? De rage ou de colère ? Car là où est mon trésor, là aussi sera mon cœur !

Notre Dame de MonflièresA Monflières, temps de l’enseignement de l’après-midi:

« Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » Pour approfondir le thème de ce pèlerinage, il convient de replacer le titre, issu d’un verset de l’évangile selon saint Matthieu, dans son contexte. Nous sommes dans le cœur de l’enseignement que Jésus donne sur la Montagne. Il vient de livrer à son auditoire les Béatitudes ainsi que la prière du Notre Père. C’est après cet enseignement que Jésus dit à la foule :

« Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaître, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les mites ni les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’oeil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier sera lumineux. Mais si ton oeil est malade, ton corps tout entier sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ! Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. » (Matthieu 6,19-24)

Les paroles de Jésus sont claires : il dénonce l’accumulation de biens. Cette accumulation risque de détourner notre cœur de l’essentiel et de nous éloigner de Dieu. Cette problématique nous est de plus en plus contemporaine. En effet, si nous regardons l’histoire du peuple des croyants, histoire dans laquelle nous nous inscrivons, nous voyons que pendant longtemps, les hommes n’ont guère eu de richesse personnelle. La famille ou le clan prenait en charge l’être humain dans l’adversité. Nous pourrions relire l’histoire des patriarches dans la bible. Nous trouverions des descriptions de cette vie en clan, en famille. Mais, peu à peu, face à son envie de liberté et d’indépendance, chacun s’est pris en charge de façon personnelle. Une obsession est née : celle du futur à assurer. Comment assurer celui-ci sans rien posséder ? Comment assurer l’avenir sans rien avoir ? Il y a alors un risque fort que que ce ne soit pas moi qui possède les choses, mais que ce soient-elles que me possède et m’impose peu à peu un style de vie. Et que ferons-nous de tous ces biens amassés quand au soir de notre vie, il nous faudra comparaitre devant Dieu ?

Faisons ensemble un petit parcours biblique afin de découvrir quel trésor nous sommes invités à posséder. Commençons par nous arrêter à la figure du roi Salomon, qui possédait multiples richesses. Voici ce qu’il nous dit, dans le livre de la Sagesse :

« Je suis, moi aussi, un homme mortel, pareil à tous, un descendant du premier être formé de la terre. J’ai été modelé en chair dans le ventre d’une mère, où, pendant dix mois, dans le sang j’ai pris consistance, à partir d’une semence d’homme et du plaisir, compagnon du sommeil. A ma naissance, moi aussi j’ai aspiré l’air commun, je suis tombé sur la terre qui nous reçoit tous pareillement, et des pleurs, comme pour tous, furent mon premier cri. J’ai été élevé dans les langes et parmi les soucis. Aucun roi ne connut d’autre début d’existence : même façon pour tous d’entrer dans la vie et pareille façon d’en sortir. C’est pourquoi j’ai prié, et l’intelligence m’a été donnée, j’ai invoqué, et l’esprit de Sagesse m’est venu. Je l’ai préférée aux sceptres et aux trônes et j’ai tenu pour rien la richesse en comparaison d’elle. Je ne lui ai pas égalé la pierre la plus précieuse ; car tout l’or, au regard d’elle, n’est qu’un peu de sable, à côté d’elle, l’argent compte pour de la boue. Plus que santé et beauté je l’ai aimée et j’ai préféré l’avoir plutôt que la lumière, car son éclat ne connaît point de repos. Mais avec elle me sont venus tous les biens et, par ses mains, une incalculable richesse. De tous ces biens je me suis réjoui, parce que c’est la Sagesse qui les amène ; j’ignorais pourtant qu’elle en fût la mère. Ce que j’ai appris sans faute, je le communiquerai sans envie, je ne cacherai pas sa richesse. Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable, ceux qui l’acquièrent s’attirent l’amitié de Dieu, recommandés par les dons qui viennent de l’instruction. » (Sagesse 7,1-14)

Salomon est roi, certes mais il est un homme comme tous les autres. Son seul soucis n’est pas d’amasser des richesses et d’avoir du pouvoir. Non, il cherche avant tout la sagesse qui est le bien le plus précieux, la seule richesse à désirer. Le reste vient par surcroit.

Le prophète Isaïe nous dit la même chose :

« Et ce sera la sécurité pour tes jours : sagesse et connaissance sont les richesses qui sauvent, la crainte de Dieu, tel est son trésor. » (Isaïe 33,6).

De même, au livre des Proverbes :

« Mon fils, si tu accueilles mes paroles, si tu conserves à part toi mes préceptes, rendant tes oreilles attentives à la sagesse, inclinant ton cœur vers l’intelligence, oui, si tu fais appel à l’entendement, si tu réclames l’intelligence, si tu la recherches comme l’argent, si tu la creuses comme un chercheur de trésor, alors tu comprendras la crainte de Dieu, tu trouveras la connaissance de Dieu. » (Proverbes 2,1-6)

Au livre de Tobie, nous ne trouvons pas d’autres conseils :

« Mon enfant, sois tous les jours fidèle au Seigneur. N’aie pas la volonté de pécher, ni de transgresser ses lois. Fais de bonnes oeuvres tous les jours de ta vie, et ne suis pas les sentiers de l’injustice. Car, si tu agis dans la vérité, tu réussiras dans toutes tes actions, comme tous ceux qui pratiquent la justice. Prends sur tes biens pour faire l’aumône. Ne détourne jamais ton visage d’un pauvre, et Dieu ne détournera pas le sien de toi. Mesure ton aumône à ton abondance : si tu as beaucoup, donne davantage ; si tu as peu, donne moins, mais n’hésite pas à faire l’aumône. C’est te constituer un beau trésor pour le jour du besoin. Car l’aumône délivre de la mort, et elle empêche d’aller dans les ténèbres. L’aumône est une offrande de valeur, pour tous ceux qui la font en présence du Très-Haut. » (Tobie 4,5-11)

Il y a cependant un petit plus. Outre l’importance de la Sagesse, l’attention à l’autre est aussi une richesse, un trésor. Et cela, nous le retrouvons à bien d’autres endroits de la Bible :

« Celui qui honore son père expie ses fautes, celui qui glorifie sa mère est comme quelqu’un qui amasse un trésor. » (Siracide 3,3-4)

ou encore :

« Un ami fidèle est un puissant soutien : qui l’a trouvé a trouvé un trésor. » (Siracide 6,14).

Le trésor est aussi vis à vis de moi-même et d’une attitude intérieur qui me rend présent à l’Autre et aux autres. Au cœur de ce pèlerinage, entendons Ben Sirac nous parler de la femme :

« Une femme silencieuse est un don du Seigneur, celle qui est bien élevée est sans prix. Une femme pudique est une double grâce, celle qui est chaste est d’une valeur inestimable. » (Siracide 26,14-15)

Et que nous dit le Nouveau Testament ? Commençons par écoute la rencontre de Jésus avec le jeune homme riche.

« Et voici qu’un homme s’approcha et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ?  » Il lui dit : « Qu’as-tu à m’interroger sur ce qui est bon ? Un seul est le Bon. Que si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » « Lesquels ?  » Lui dit-il. Jésus reprit : « Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère, et tu aimeras ton prochain comme toi-même » « Tout cela, lui dit le jeune homme, je l’ai observé ; que me manque-t-il encore ?  » Jésus lui déclara : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. » Entendant cette parole, le jeune homme s’en alla contristé, car il avait de grands biens. » (Matthieu 19,16-22)

Vivre des commandements du Seigneur n’est pas suffisant pour avoir un trésor qui comble le cœur. Il faut tout quitter et suivre Jésus. Notre seul trésor, digne du cœur humain est un trésor qui ne peut être nous être dérobé et qui nous enrichira toute notre vie. Quel est ce trésor ? Dieu lui-même ! Accueillir le Père, dans l’oeuvre du Fils, conduit par l’Esprit-Saint. Vivre pour Dieu et l’aimer par-dessus toutes choses, lui donner nos vies et notre être, voilà le seul trésor qui peut combler nos plus profondes aspirations, qui peut combler notre cœur.

Souvenons-nous de la parabole du trésor caché dans un champ :

« Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu’un homme vient à trouver : il le recache, s’en va ravi de joie vendre tout ce qu’il possède, et achète ce champ. » (Matthieu 13,44)

Saint Paul lui-même nous parle de ce trésor qu’est le Christ :

« Car ce n’est pas nous que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur ; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. En effet le Dieu qui a dit : « Que des ténèbres resplendisse la lumière », est Celui qui a resplendi dans nos coeurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ. Mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous. » (2 Corinthiens 4,5-7)

L’important n’est pas l’enveloppe, le coffre qui renferme le trésor mais bien le contenu. Au cœur de nos existences fragiles, Dieu est le trésor à qui nous devons tout abandonner. C’est un combat !

« Oui, je désire que vous sachiez quelle dure bataille je dois livrer pour vous, pour ceux de Laodicée, et pour tant d’autres qui ne m’ont jamais vu de leurs yeux ; afin que leurs coeurs en soient stimulés et qu’étroitement rapprochés dans l’amour ils parviennent au plein épanouissement de l’intelligence qui leur fera pénétrer le mystère de Dieu, dans lequel se trouvent, cachés, tous les trésors de la sagesse et de connaissance ! » (Colossiens 2,1-3)

Le coffre qui contient un tel trésor n’a d’importance que par son contenu :

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a engendrés de nouveau par la Résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour une vivante espérance, pour un héritage exempt de corruption, de souillure, de flétrissure, et qui vous est réservé dans les cieux, à vous que, par la foi, la puissance de Dieu garde pour le salut prêt à se manifester au dernier moment. Vous en tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves, afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ. Sans l’avoir vu vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes. » (1 Pierre 1,3-9)

Après avoir parler du trésor, parlons du cœur. Et posons-nous la question : Qu’est-ce que le cœur ?

Instinctivement, nous pourrions faire deux réponses. La première nous définirions le cœur comme l’ organe creux et musculaire qui assure la circulation du sang en pompant le sang par des contractions rythmiques vers les vaisseaux sanguins et les cavités du corps. Mais nous le comprenons bien, nous ne nous arrêterons pas sur cette définition physiologique du cœur. Il n’y a que Davy Jones, dans Pirates des Caraïbes, pour s’arracher le cœur et le mettre dans un coffre enterré sur l’île des quatre vents, en perdant son âme par amour.

Et oui, la deuxième réponse est de définir le cœur comme le lieu de l’amour, de la vie affective. On donne de façon métaphorique son cœur à la personne que l’on aime pour lui signifier qu’on lui confie sa vie.

Dans le langage biblique, le « cœur » évoque une réalité bien plus grande que la seule vie affective. Le cœur est le « dedans » de l’homme.

En plus des sentiments, le cœur contient aussi les souvenir et les idées, les projets et les décisions. Dieu forma pour l’homme « une langue, des yeux, des oreilles, il leur donna un coeur pour penser. » nous dit le Siracide (17,6)

Le Catéchisme de l’Église Catholique nous dit :

« Le cœur est la demeure où je suis, où j’habite (selon l’expression sémitique ou biblique : où je « descends »). Il est notre centre caché, insaisissable par notre raison et par autrui ; seul l’Esprit de Dieu peut le sonder et le connaître. Il est le lieu de la décision, au plus profond de nos tendances psychiques. Il est le lieu de la vérité, là où nous choisissons la vie ou la mort. Il est le lieu de la rencontre, puisque à l’image de Dieu, nous vivons en relation : il est le lieu de l’Alliance. » (CEC 2563)

« Le cœur est le lieu de la recherche et de la rencontre, dans la pauvreté et dans la foi. » (CEC 2710)

Le cœur est donc ce lieu tout intérieur, le lieu de mon intimité la plus profonde, là où se forge ma conscience. Le cœur est donc un lieu secret d’où rien ne peut transparaitre si je ne laisse pas apparaître à l’extérieur ce qui habite mon cœur. On ne connait le cœur que parce qu’en exprime le visage :

« Le coeur de l’homme modèle son visage soit en bien soit en mal. » nous dit Ben Sirac (Si 13,25) ;

parce qui sort de la bouche :

« Le coeur du sage rend sa bouche avisée et ses lèvres riches de savoir. » (Proverbes 16,23) ;

ou parce qu’en disent les actes :

« Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. L’homme bon, du bon trésor de son coeur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du coeur que parle sa bouche.» (Luc 6,44-45)

Mais l’être humain est compliqué et souvent son cœur est malade ! Paroles et comportements peuvent dissimuler le cœur :

« L’ennemi n’a que douceur sur les lèvres, mais dans son coeur il médite de te jeter dans la fosse. L’ennemi a des larmes dans les yeux, et s’il trouve l’occasion il ne se rassasiera pas de sang. » (Si 12,16)

Si nous dupons les autres par une double attitude de notre cœur, nous faisons souvent de même avec Dieu ! Aux prises avec l’appel au bonheur que Dieu a placé au fond de nous, nous cherchons comment faire face à ses radicales exigences. Et oui, « Dieu est un feu dévorant » (Dt 4,24) et cela nous dérange souvent. Alors comment biaiser avec Dieu ? En étant tenté de lui rendre un beau culte extérieur et par de belles paroles :

« Ils se souvenaient : Dieu leur rocher, Dieu le Très-Haut, leur rédempteur ! Mais ils le flattaient de leur bouche, mais de leur langue ils lui mentaient, leur coeur n’était pas sûr envers lui, ils étaient sans foi en son alliance. » (Psaume 78, 35-37)

Mais cette solution est illusoire car on ne peut pas tromper Dieu comme on trompe un homme : « Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Yahvé regarde au cœur. » (1 S 16,7).Dieu « scrute le coeur, il sonde les reins, pour rendre à chacun d’après sa conduite, selon le fruit de ses oeuvres. » nous dit le prophète Jérémie (Jr 17,10)

Dans l’Évangile, Jésus met aussi en garde contre cette duplicité du cœur :

« Du coeur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui souillent l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille pas l’homme. » (Mt 15,19-20)

Il nous rappelle l’exigence divine de générosité intérieure : il faut recevoir la Parole avec un cœur bien disposé : « Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un coeur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. » (Luc 8,15) ; il faut aimer Dieu de tout son cœur (Cf. Mt 22,37), pardonner à son frère du fond du cœur (Mt 18,35). C’est au cœur pur que Jésus promet la vision de Dieu : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu » (Mt 5,8)

En ce lieu béni par la Vierge Marie, qu’est cette chapelle de Monflières, au terme de cette réflexion, nous pouvons porter notre regard sur la Bienheureuse Vierge Marie. Elle est notre modèle pour faire de Dieu notre trésor et y mettre tout notre cœur sans aucune condition. Seule Marie réalise de façon remarquable le projet d’amour de Dieu pour l’humanité. « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. » (Gn 1,31) . Mais « il est vrai que la perfection de la femme, ainsi qu’elle a été pleinement réalisée dans Marie, peut sembler à première vue un cas exceptionnel, impossible à imiter, un modèle trop élevé pour être imité. En effet, la sainteté unique de Celle qui, dès le premier instant, a reçu le privilège de la conception immaculée a été parfois considérée comme le signe d’une distance infranchissable. Mais, au contraire, loin de constituer un obstacle sur le chemin à la suite du Seigneur, la sainteté sublime de Marie est destinée à encourager tous les chrétiens à s’ouvrir à la puissance sanctificatrice de la grâce de Dieu, pour qui rien n’est impossible. » (Jean-Paul II, audience du 29 novembre 1995)

Notre trésor est cette présence de Dieu en nous, là où seul nous-même pouvons aller : notre cœur. Nous pourrions croire que notre trésor est d’abord notre vie, notre famille… notre trésor, c’est Dieu lui-même ! Et il se trouve dans notre vocation : la sainteté ! Cette vocation se réalise de façons différentes en fonction de nos états de vie. Il nous faut donc apprendre à unifier notre cœur pour qu’il soit un et tout en Dieu. Cette vocation doit être nourrie dans la méditation de la Parole de Dieu, la prière et la vie des sacrements. Mais aussi en prenant exemple sur nos frères et sœurs les saints. Ils nous apprendrons à trouver le trésor qui épanouira notre cœur ! Ils nous apprendrons, à travers notre mari, nos enfants à trouver la présence de Dieu. Ils nous apprendrons, comme épouse, à être signe de l’amour de Dieu. Ils nous apprendrons, comme mère, à être source de la vie, de la vie de Dieu.

Nous avons terminé notre journée par la célébration de l’Eucharistie avec la paroisse, en l’abbatiale de Saint Riquier.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

0 réponse pour “« Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur »”

  • merci de ce beau travail, de cette belle expérience… nous allons nous en inspirer pour notre pélé à Rome-Assise cette semaine… Nous sommes en autonomie et nous avions besoin d’un coup de pousse pour le fil rouge… cela sera en écho avec la méditation des béatitudes par Madeleine Delbrel… Joyeux Noël!!

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