« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne » (Jn 14,27).

C’est au cours de son dernier repas que Jésus prononce ces mots. Mais qu’est-ce que cette paix? Elle n’est pas le fait de vivre sans conflit avec les autres. La paix du Christ est une présence à accueillir dans notre vie au quotidien, le Christ lui-même qui se donne à nous.

Au jour de notre baptême, le Père nous a adressé ces mots: « Tu es mon enfant bien aimé, en toi j’ai mis tout mon amour » et il a fait de nous sa demeure, le temple où il réside. Cette présence est à accueillir, à actualiser sans cesse. Cette actualisation se fait par la vie sacramentelle. Principalement par l’Eucharistie que le Christ vient juste d’instituer. « Prenez, ceci est mon corps livré pour vous » et « prenez ceci est mon sang versé pour vous. » Cette paix du Christ s’accueille également dans la prière silencieuse, dans le cœur à cœur avec Dieu. Vivre avec le Christ, vivre du Christ, c’est vivre avec la paix, dans la paix, c’est désirer du plus profond de soi-même cette paix, cette présence. Et ceci quelques soient les évènements de la vie: dans le calme comme dans la tempête. Prenons conscience que le Christ, et par lui, le Père, demeure en nous.

Cette paix est le plus grand souhait que le chrétien peut adresser à tout homme. Notre célébration ne commence-t-elle pas par ces mots de l’évêque: « La paix soit avec vous. » ou en son absence, par la salutation du prêtre nous disant: « Le Seigneur soit avec vous ». Et le peuple souhaite la même chose à celui qui préside l’office, par sa réponse: « et avec votre esprit ». C’est bien cette présence que nous nous souhaitons mutuellement: que le Christ soit réellement présent en toi, que tu puisses actualiser cette présence en toi. Cette salutation revient plusieurs fois durant la célébration de l’Eucharistie:

  • avant la proclamation du Saint Évangile, que nous reconnaitrons comme la parole même du Christ. Puissions-nous être en présence, habité par le Christ, par la paix pour écouter cette Parole.
  • dans le dialogue initial de la préface, commencement de la liturgie eucharistique. Puissions-nous être plus profondément encore avec le Christ alors que nous participer au dernier repas du Christ, à la Sainte Cène. Dans le pain et le vin, le Christ va être réellement présent, que je puisse être moi aussi réellement présent au Christ présent au milieu de nous.
  • et encore avant la Sainte Communion, le prêtre nous souhaite « que la paix du Seigneur soit toujours avec nous », que nous soyons, non seulement à cet instant précis dans la paix du Christ, que nous demeurions dans la pleine communion avec Lui… mais que cela le soit à chaque instant de notre vie.
  • « Dans la charité du Christ, donnez vous la paix » Voilà ce souhait que nous nous adressons réellement et mutuellement. Ce n’est pas un geste de paix que nous échangeons, comme l’erreur est trop souvent commise dans l’invitation au geste liturgique. C’est un véritable souhait: que le Christ, la paix du Christ demeure dans mon prochain, qu’il vivre la Sainte Communion dans cette présence, ce don du Christ: la paix. Alors par pitié, ne faisons pas de ce beau geste le baiser de Judas! Puissions-nous, avant de monter à l’autel, accorder ce véritable souhait, ce véritable don, à notre prochain. Que la paix du Christ demeure véritablement en toi, que tu sois dans cette paix, dans cette présence du Christ.
  • A la bénédiction finale, le célébrant nous adresse encore ce souhait. Nous sommes envoyer en mission… le Christ est présent, il nous précède. Soyons donc dans la paix, soyons donc habités de cette présence, pour accomplir notre devoir d’état quotidien.

Puissions-nous découvrir tous cette présence qui est en nous, ce don que le Christ nous fait à chaque instant. Sachons le réactualiser, le rendre présent en prenant conscience de cette habitation de Dieu en nous par notre baptême. Renouvelons cette présence par la célébration dominicale, voir quotidienne, de l’Eucharistie. Confions ce qui ne nous mets pas dans la paix au Seigneur par le sacrement de la réconciliation. Vivons pleinement des sacrements, vivons pleinement abîmés dans la prière, le cœur à cœur avec Dieu. C’est habité par cette présence, cette paix, don du Christ, que nous pourrons accomplir notre mission de chrétien dans le monde. Ainsi, les mots même de saint Paul deviendront réalité: « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20). Amen.

Homélie pour le 6ème dimanche de Pâques – année C

Cette homélie ne fut pas prononcée telle qu’elle est rédigée…
mais c’est ici le cœur de ma prédication de ce dimanche:
pour les 1ères Communions, ou pour les sœurs du Carmel.

Actes 15,1-2.22-29; Psaume 66(67); Apocalypse 21,10-23; Jean 14, 23-29

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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