En ce dernier dimanche de l’Avent, la Parole de Dieu proclamée nous fait réentendre le beau message de l’annonciation.

Certes quand nous parlons de l’Annonciation, nous pensons en premier lieu au récit de l’évangéliste saint Luc et nous oublions son parallèle raconté par saint Matthieu, l’annonce faite à Joseph. A quelques jours de Noël, prenons le temps de nous arrêter sur cette belle scène de l’évangile.

« Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. » (Mt 1,18) et en saint Luc, nous lisons : « l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. » (Lc 1,26-27)

Une question peut se poser à nous : comment ce fait-il que Marie, qui est accordée en mariage à Joseph, ne vive pas chez son époux ? Dans le judaïsme ancien, les époux sont souvent des adolescents et il s’écoulait un certain temps entre l’engagement matrimonial et l’arrivée de l’épouse sous le toit de son mari. Ce temps des fiançailles fait bien parti du mariage lui-même. Or, c’est durant ce temps que Marie se trouve enceinte par l’action de l’Esprit Saint. « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père » (Lc 1,30-32) et quelques versets plus loin, Luc précise : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,35)

Les premiers mots de l’évangile de ce jour bien à tout ce que comporte l’Annonciation en saint Luc et en particulier aux dernières paroles prononcées par Marie : « Que tout se passe pour moi comme tu l’as dit » (Lc 1,38)

« Répondant au clair dessein de Dieu, Marie, au fur et à mesure que s’écoulent les jours et les semaines, se présente devant les gens et devant Joseph comme « enceinte », comme celle qui doit enfanter et qui porte en elle le mystère de la maternité. » (Jean-Paul II, Redemptoris Custos 2)

Nous pouvons, face à cet événement, comprendre le trouble de « Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement » (Mt 1,19) Quelle attitude adopter devant cette « étonnante » maternité de Marie ? Joseph cherche une réponse à la question qui l’inquiète. Il cherche une solution à cette situation difficile pour lui. Joseph est donc résolut de répudier Marie secrètement. C’est alors qu’il a formé ce projet, que l’Ange du Seigneur lui apparaît en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : « le Seigneur sauve »), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1,20-21)

Dans ce songe, l’ange introduit Joseph dans le mystère de la maternité de Marie. Celle qui est son « épouse » selon la loi, tout en restant vierge, est devenue mère par le fait de l’Esprit Saint. « Le messager s’adresse à Joseph en tant qu’ « époux de Marie », celui qui, le moment venu, devra donner le nom de Jésus, Dieu Sauve, au Fils qui naitra de la Vierge de Nazareth qui l’a épousé. Il s’adresse donc à Joseph en lui confiant les devoirs d’un père terrestre à l’égard du Fils de Marie.

« A son réveil, Joseph fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Mt1,24). Il la prit avec tout le mystère de la maternité, il l’a prit avec le Fils qui devait venir au monde par le fait de l’Esprit Saint : il manifesta ainsi une disponibilité de volonté semblable à celle de Marie à l’égard de ce que Dieu lui demandait par son messager. » (Jean-Paul II, Redemptoris Custos 3)

O Joseph, bienheureux es-tu, toi qui a cru aux paroles qui te furent dites de la part de l’ange. O saint Joseph, merci pour tout « oui », pour ta réponse à l’appel de Dieu. O grand saint Joseph, toi qui a préparé la crèche où le sauveur du monde a été déposé, nous te confions l’ultime préparation de nos cœurs à la joie de Noël. Apprends-nous l’humilité qui rend Dieu puissant dans nos vies, apprends-nous l’obéissance qui permet d’accueillir dans sa plénitude le don de Dieu, obtiens-nous de recevoir le Seigneur tel qu’il se donne, fais de nos cœurs une crèche où l’enfant-roi trouvera son repos et sa joie. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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