La fête du baptême du Seigneur vient clôturer le temps de Noël. Dans la crèche de Bethléem, Jésus est né de la Vierge Marie. Aujourd’hui par le baptême, le Christ est engendré par le mystère. En la fête de Noël, nous nous émerveillons et rendons grâce pour l’enfant qui nous est donné, l’Emmanuel, Dieu avec nous. Aujourd’hui, par le baptême, nous accueillons le Christ, l’envoyé du Père. C’est le Père lui-même qui vient ratifier l’incarnation de son Fils: « C’est toi mon Fils: moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Lc 3,22), après que l’Esprit Saint soit descendu sur Jésus qui était en prière.

Cette parole divine, c’est à chacun de nous qu’elle est adressée aujourd’hui. Ces mots mêmes, le Père les formule à notre cœur au jour de notre baptême. Prenons ensemble le temps de les accueillir car il n’est pas banal de se découvrir fils et fille de Dieu. Cela implique pour nous d’agir véritablement comme des enfants dignes d’un tel Père, c’est-à-dire en accueillant la vie qu’il nous donne.

« Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. » (Tite 3,4) Par son Esprit Saint, Dieu nous fait entrer, vivre et communier à son amour même. Et Dieu le fait par pure miséricorde, sans aucun acte méritoire de notre part. Vivre en enfant de Dieu, c’est donc, comme nous le dit saint Paul, « apprendre à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. » (Tite 2,12-13). Je vous invite à relire en entier cette courte lettre de saint Paul à Tite. Il donne des recommandations concrètes à tous les membres de la communauté, quelque soit leur âge.

Vivre en enfants de Dieu implique donc en premier de reconnaître que « la grâce s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » (Tite 2,11), c’est-à-dire que Dieu s’est fait homme en Jésus. Par le mystère de l’Incarnation, Dieu veut le salut de toute l’humanité. Tout au long de sa vie publique, qui commence au jour de son baptême, Jésus va nous indiquer, par sa vie et son enseignement, comment vivre en enfant de Dieu pour entrer dans le projet de Dieu. Ce projet est de réunir toute l’humanité autour de son Fils en ne faisant qu’un avec lui. Il nous faut donc surmonter nos divisions, nos haines, nos rivalités, pour ne faire qu’un seul homme.

Utopie? Pour un incroyant peut être, mais pour le croyant, c’est une certitude puisque c’est la promesse de Dieu! Nous l’avons entendu: nous attendons « le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ. » (Tite 2,13). C’est aussi ce que le prêtre demande à chaque Eucharistie après le Notre Père: « Nous espérons le bonheur que tu promets… » Quel est ce bonheur? L’avènement de Jésus Christ!

Cette fête du baptême du Seigneur est donc un appel pour chacun de nous à raviver la grâce et la foi reçu à notre baptême, de réentendre la parole du Christ dans l’évangile selon saint Marc: « Celui qui croit et qui sera baptisé, sera sauvé » (Mc 16,16). Il nous faut donc porter au monde le témoignage d’une foi vivante, le témoignage de celui qui accueille ces mots du Père: « C’est toi mon fils, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Il n’y a pas de plus beau et de plus grand chemin de vie que d’apprendre à se reconnaître enfant bien-aimé de Dieu. Ceci est une source de conversion perpétuelle pour chacun de nous, pour notre communauté. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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