Aujourd’hui, nous entrons dans ce beau temps du carême. Nous allons le manifester dans quelques instants par les cendres que nous recevrons sur notre front. Elles sont le signe de notre petitesse, de notre fragilité mais elles marquent aussi notre désir de conversion, de changement.

Le temps du carême n’est pas un fardeau que nous posons sur nos épaules. Ce n’est pas quarante jours de tristesse que nous nous apprêtons à vivre! Bien au contraire! Le but final du Carême est de célébrer la grande et belle fête de Pâques: la vie qui jaillit du tombeau, la vie plus forte que la mort, la vie reçue au baptême.

Ainsi, le temps du carême n’est pas un temps où nous mettons notre cœur à l’abri de la tentation au prix de multiples efforts que je serai heureux d’abandonner au matin de Pâques. Le carême est le temps où je vais déchirer mon cœur, comme nous y invite le prophète Joël, afin de regarder ce qu’il y a dedans, ce qui l’habite et y faire pénétrer plus encore la lumière de l’Evangile.

Cela me fait peut être peur. Que vais-je y trouver? De la poussière et quelques toiles d’araignées, des vieux souvenirs consciencieusement cachés dans une vieille malle fermée à double tour. Mais je vais aussi y trouver des moments de bonheur et de joie due à la présence de Dieu dans ma vie.

N’ayons pas peur, entrons dans ce lieu le plus intime de notre personne qu’est notre cœur. Entrons-y en tenant en main la lumière de la Parole de Dieu, de l’Evangile. C’est elle qui va nous aider à accueillir ce qui fait notre vie et à entrer sur un chemin de conversion. C’est la Parole de Dieu qui éclaire ce qu’il y a en moi de ténébreux et qui m’invite à le présenter avec confiance à la miséricorde de Dieu. C’est cette même Parole qui va m’aider à lire les signes de la présence de Dieu dans ma vie et à en rendre grâce au Seigneur.

Cette Parole de Dieu sera le support de mon dialogue avec le Christ. C’est à son invitation que j’entre dans le fond de mon cœur pour y trouver sa présence. C’est là que, dans le silence, je prends le temps d’écouter cet ami qui m’attend et qui m’aime. Voilà la prière que nous sommes invités à vivre.

La Parole de Dieu va mettre en lumière aussi tout ce qui entrave ma liberté, ce qui encombre ma vie et ma relation aux autres. Ainsi, dans le fond de mon cœur, à la lumière de la Parole de Dieu, je vais pouvoir accueillir ce pour quoi il me faut jeûner, ce dont il faut que je débarrasse ma vie afin de retrouver une relation plus authentique, plus vraie avec le Seigneur et avec les autres. C’est la Parole de Dieu qui met en lumière la pénitence, l’ascèse qui est bonne pour moi.

Cette même Parole est un don qui m’est fait. Je ne peux pas l’accueillir authentiquement dans la prière sans la mettre en œuvre concrètement dans ma vie, sans mouiller ma chemise et vivre un partage authentique avec les autres, notamment les plus démunis, celles et ceux qui sont à la périphérie.

Avant de nous mettre en marche pour recevoir l’imposition des cendres, signe de notre désir de conversion, prenons quelques instants de silence et posons-nous la question: pour me préparer à la belle fête de Pâques et répondre mieux encore à l’appel à la sainteté que m’adresse le Seigneur, quel effort concret vais-je faire concernant la prière, le jeûne et le partage ? Qu’est-ce qui va m’aider concrètement à faire grandir en moi la joie de l’Evangile ? Amen.

Homélie pour le mercredi des Cendres

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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