Prédicateur du pèlerinage diocésain à Lourdes pour cette année, voici le texte de l’homélie de la messe d’ouverture.

« Le Seigneur fit pour moi des merveilles. » (Luc 1,49), ces mots, tirés du Magnificat, sont le chant de joie de la Vierge Marie lors de sa rencontre avec sa cousine Elisabeth. C’est le chant de joie de celle qui porte en son sein le Fils de Dieu. C’est le chant de joie de la rencontre de deux femmes. C’est le chant de joie de la rencontre de l’humanité avec son Sauveur. Ce chant est celui de la Vierge Marie et, à sa suite de toute l’Église et donc de chacun de nous. Nous nous unissons à la prière de la Vierge Marie et nous reconnaissons les merveilles que le Seigneur fit pour elle dans sa vie. Nous nous unissons à la prière de la Vierge Marie et nous apprenons à reconnaître les merveilles que le Seigneur fait dans notre vie.

Pour cela, entrons dans la dynamique de la rencontre à la suite de Marie. Ces quelques jours de pèlerinage sont une belle occasion de prendre ce temps de la rencontre… La dynamique de la rencontre qui anime la Vierge Marie est l’écoute. Nous pouvons lui appliquer les premiers de la règle de saint Benoit, que l’Église fête aujourd’hui : « Ecoute (…) et prête l’oreille de ton cœur. »

Dans la bible, le cœur est notre être le plus profond, le lieu de l’engagement et du combat. C’est de lui que jaillissent les sources de la vie. L’écoute est un cœur à cœur qui aboutit à la conversion par la voie de la conversation.

Marie est femme de la rencontre car elle est femme de l’écoute. A l’Annonciation, Marie écoute du fond de son cœur la parole de l’ange et elle entre en conversation avec lui pour acquiescer au projet de Dieu, pour être la mère du Sauveur. A la Visitation, Marie, par l’écoute de sa cousine Elisabeth, entre en conversation avec elle… et cela va même plus loin car cette disponibilité du cœur donne, aux enfants qu’elles portent en leur sein de tressaillir sous l’action de l’Esprit Saint. A Cana, par son écoute, Marie intercède auprès de son Fils pour que les mariés et leurs invités ne manquent pas de vin pour la fête. Et combien de fois, entendons-nous, dans l’évangile, que Marie garde ces évènements dans son cœur : elle écoute au plus profond d’elle-même, tout son être est tendu vers cette écoute de l’autre, écoute de Dieu… jusqu’au pied de la Croix, où malgré la douleur, elle écoute et se remémore la parole de Dieu, ce qui la fait se tenir debout et exulter de joie au jour de la résurrection. C’est ainsi que Marie demeure la femme du Magnificat et qu’elle peut s’écrier : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles. »

Cette attitude de l’écoute est aussi celle du Christ par son incarnation. Jésus a perçu la voix du Père à travers les voix humaines : celle de sa mère, celle de Joseph, celle de Pierre faisant sa profession de foi : « C’est mon Père qui t’a révélé cela. », celle des païens qui font exulter Jésus de joie en bénissant son Père de révéler ces mystères aux petits…

En venant ici, à Lourdes, nous sommes invités à chanter, à la suite de la Vierge Marie : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles. ». Nous sommes invités à nous laisser entrainer par la Vierge Marie dans cette dynamique de l’écoute, de la rencontre… Avec Marie entrons dans cette démarche de foi, dans ce regard de foi sur celui que je rencontre. Regarder l’autre avec foi, c’est déjà l’aimer ! La foi nous aider à percevoir la présence de Dieu dans l’autre et l’amour nous ramène, de façon très concrète à la personne de l’autre. C’est dans cet échange foi et amour que je peux alors voir les merveilles que Dieu fait pour nous.

Au cœur de ce pèlerinage, demandons au Seigneur de pouvoir devenir des hommes et des femmes du Magnificat, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui écoute du plus profond de leur cœur Dieu et les autres, qui posent sur eux un regard de foi et d’amour… à l’image de la Vierge Marie. Alors, au plus profond de nous-mêmes, nous entendrons l’Esprit Saint nous faire découvrir les merveilles que Dieu fait pour nous et nous apprendrons à les chanter !

Que ce pèlerinage soit celui de la rencontre authentique, de l’écoute réciproque, du regard de foi et d’amour sur chacun, sur nos communautés, notre diocèse, notre monde… afin de laisser l’Esprit Saint nous montrer les merveilles que Dieu fait pour nous et nous permettre d’en témoigner. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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