Homélie pour le 28ème dimanche ordinaire de l'année A

Textes du dimanche: Isaïe 25,6-10a; Psaume 22; Philippiens 4,12-14.19-20; Matthieu 22,1-14

« Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. » (Matthieu 22,2)

En ce dimanche de fête paroissiale, ce texte d’évangile a une saveur particulière. Pour cette fête, nous sommes comme les invités à la noce. Nous nous sommes retrouvés autour de la figure de saint Riquier. Nous avons découvert comment, par sa vie, il a essayé de vivre son union avec Dieu. Nous sommes entrés, par le repas, dans la dimension fraternelle de la vie des disciples de saint Riquier et donc du Christ. Maintenant, nous sommes dans le temps de l’Eucharistie, l’action de grâce pour ce que le Seigneur nous donne de vivre.

Au cœur de cette journée, nous goûtons quelque chose des noces du fils du roi ! Car vous l’avez compris, dans cette parabole de l’évangile, le roi est Dieu le Père et le fils c’est Jésus. Nous avons goûter quelque chose de ces noces, car de tous les chemins de la paroisse, de tous les villages, nous avons répondu à l’invitation. Nous nous sommes préparés pour venir à ces noces !

Mais les noces du Fils auxquelles nous invitent le Père ne sont pas que le 15 octobre 2017 ! Ces noces, c’est à chaque célébration de l’Eucharistie que nous y sommes invités ! Et il n’est pas rare que nous soyons comme les premiers invités : nous préférons nous occuper de nos champs, de notre commerce… nous préférons la tranquillité, voir l’indifférence, à la fête que le Seigneur a préparé pour nous. Nous répondons absent à l’invitation du Seigneur ! Le seul motif pour lequel cette célébration des noces me paraît parfois ennuyeuse, c’est uniquement parce que les invités ne répondent pas à l’invitation et qu’ils sont absents !

Nous sommes invités aux noces du Fils… mais où est la mariée ? Il n’est pas question d’elle dans l’évangile ! Est-ce parce que Jésus est macho ? Non ! Car si nous sommes invités aux noces c’est parce que la mariée, c’est l’Eglise, le peuple des baptisés. La mariée est chacun d’entre nous et nous tous rassemblés pour célébrer ces noces ! Il est idiot d’être absent de son propre mariage. Pouvons-nous imaginer un mariage sans la présence de la mariée ?

Dans l’Eucharistie, le Christ se donne à nous dans son corps et son sang. Il livre sa vie pour nous… et ma réponse, la réponse de l’Eglise, est de lui donner notre vie en retour. Dans l’Eucharistie, nous vivons un cœur à cœur avec le Christ. Dans l’Eucharistie, nous vivons un corps à corps avec le Christ. Nous y recevons bien plus que ce que nous donnons. Nous y recevons notre salut. Nous y recevons la vie éternelle. Nous y recevons la force nécessaire pour vivre, au quotidien, notre statut d’épouse, notre statut de disciple-missionnaire. Dans l’Eucharistie, nous vivons un corps à corps avec le Christ à l’image de celui des époux qui se donnent l’un à l’autre dans la célébration de leur amour.

Nous sommes invités aux noces, non pas en fonction de mérites : les serviteurs ont été appeler les bons et les méchants. Nous sommes invités aux noces parce que nous avons du prix, de l’importance aux yeux du Père. À ces noces, nous pouvons y venir comme nous somme. Il y a une seule et unique condition : ne pas venir sans la tenue de noce, c’est-à-dire comme un profiteur qui ne vient que pour le banquet et s’en mettre plein la panse !

Aujourd’hui, nous sommes venus à la noce… et nous sommes heureux ! Puissions-nous aller par les routes et les chemins de la paroisse, de nos villages, inviter celles et ceux que nous rencontrons à venir à la noce. Chaque dimanche, chaque événement de la communauté chrétienne est une expression des noces du Fils et de son Église… C’est la plus découverte de ma vie chrétienne. Chaque Eucharistie me fait sentir un peu plus proche du Fils. Chaque Eucharistie m’apprends un peu plus à m’unir au Christ en lui offrant ma vie. Et ma joie de pasteur est de voir l’ensemble des baptisés de la paroisse découvrir la beauté de ces noces. Ma joie est de voir chacun grandir dans ce coeur à coeur, ce corps à corps avec le Christ par la célébration de l’Eucharistie.

Dans quelques instants, juste avant la communion, je dirai cette phrase, tirée du livre d’amour de Dieu pour nous, la Bible : « Heureux les invités a repas des noces de l’Agneau ! » (Apocalypse 19,9). Non, pas « Heureux ceux qui sont à la messe ! » mais « Heureux les invités… ». Nous avons déjà le bonheur parce que nous sommes invités… alors laissons ce bonheur nous inonder, nous irradier en répondant à l’invitation. Laissons ce bonheur nous envahir en nous unissant, au cœur de l’Eucharistie, au Christ qui se donne à moi, qui se donne au peuple rassemblé.

Quelques soient les événements de ma vie, mon plus grand bonheur est là : le Christ se donne à moi à la mesure où je réponds présent à l’amour qu’il m’offre… et cet amour est plus grand que ce que je suis capable d’imaginer. Il serait dommage de s’en priver !

Joyeuses noces à chacun !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.