Dans un classique petit village de Galilée, Cana, se déroule un événement anodin : un mariage. Cet événement semble anodin car les informations qui nous sont données peuvent nous paraître sans importance. Quand nous allons à un mariage, nous y allons toujours pour quelqu’un : nous y allons pour les mariés, pour les accompagner, les entourer lors de ce jour important pour leur vie. Ici, les mariés nous ne les connaissons pas. On ne parle même pas d’eux. On évoque juste le marié car il n’a pas su gérer le vin ! Et pourtant ce mariage n’est pas si anodin que cela puisque nous en parlons encore aujourd’hui ! Que c’est-il donc passé ?

Au temps de Jésus, les mariages duraient sept jours ! Et l’on buvait jusqu’à l’épuisement des stocks de vin ! Or, si nous lisons cet évangile dans la bible, nous découvrons que nous sommes au troisième jour de la semaine, le jour où est célébrée l’union elle-même, l’alliance de l’homme et de la femme. Et il n’y a déjà plus de vin ! C’est là que nous sont présentés deux des invités : la mère de Jésus et Jésus lui-même. C’est sur eux deux qu’est centrée toute l’action de cet évangile.

Marie, évoquée sous le vocable de « la mère de Jésus », annonce simplement à Jésus qu’il va manquer de vin. Nous voyons là la qualité d’attention de Marie à ce qui se passe autour d’elle. Elle voit qu’il va manquer de vin.

Dans la bible, le vin est le signe de la joie, de la surabondance. Voilà que ce vin va manquer le jour de l’alliance. Et c’est là que nous entrons au cœur de ce que nous dit cet évangile : en Israël, le mariage est aussi le signe de l’union entre Dieu et son peuple. Et le vin est un signe liturgique. Il est présent dans toutes alliances scellées entre Dieu et les hommes. Quand le vin coule en abondance, c’est le signe de la restauration de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Ainsi la remarque de Marie met en relief le fait que l’Alliance entre Dieu et son peuple se meure. « Ils n’ont pas de vin. » (Jean 2,3) L’attitude de Marie est d’informer son Fils et non de demander. Marie se fait proche de ceux qui vont souffrir du manque mais elle laisse son Fils agir. Elle laisse Jésus agir ! Elle constate, laisse libre et s’efface.

C’est là que va intervenir Jésus. Sa réponse : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » (Jean 2,4) semble signifie comme une mise à distance, une invitation à l’attente. La mission de Jésus n’est pas de faire plaisir à tel ou tel. Elle est de faire la volonté de son Père. Jésus est venu pour faire la volonté de son Père.

« Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » (Jean 2,5) Marie invite alors les serviteurs à faire la volonté de Jésus pour que la joie des noces soit complète. Marie nous enseigne que pour être disciple de Jésus, il fait faire sa volonté. En faisant la volonté de Jésus nous devenons disciple et serviteur de la joie. Pour cela nous avons à ajuster notre volonté propre à la volonté de Jésus ? Nous avons à purifier et laisser purifier notre volonté, nos projets pour entrer dans la fécondité de la foi.

Le signe que Jésus opère est un signe simple. Il demande aux serviteurs de remplir d’eau les jarres de pierre et l’eau se change en vin. Jésus fait passer l’eau, qui est un signe de purification, au signe du vin qui est celui de l’Alliance, de la joie, de l’amitié ! N’est-ce pas là toute la mission de Jésus ? Jésus nous fait entrer dans l’Alliance nouvelle, l’Alliance de Dieu avec son peuple. Le signe de cette Alliance reste et demeure le vin : celui de l’Eucharistie qui devient le sang du Christ, qui devient la vie même de Dieu.

Ainsi les noces de Cana ne sont pas des noces si banales… elles sont le signe des noces du Messie avec son peuple… ce sont les noces du Christ et de l’Eglise et seul Jésus est capable de nous offrir le bon vin : celui de la joie, celui de l’amour, celui de la vie. Pour vivre cela, il nous faut entrer dans la volonté de Dieu car c’est dans la volonté de Dieu que se trouve l’amour. Notre vie consiste donc à nous ajuster à la volonté de Dieu. A travailler pour que notre volonté soit l’amour, un amour à l’image des noces du Christ avec l’humanité.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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