Pourvu qu’ils ne se mettent pas tous à crier: «Jésus Fils de David, aie pitié de moi!» (Marc 10,47) quand je vais demander qu’elle était la prière d’ouverture de cette célébration et ce que nous y avons demandé! Alors permettez-moi de la relire avec vous: «Dieu éternel et tout-puissant, augmente en nous la foi, l’espérance et la charité; et pour que nous puissions obtenir ce que tu promets, fais-nous aimer ce que tu commandes.»

Après avoir reconnu notre interlocuteur: «Dieu éternel et tout-puissant» nous avons osé lui demander d’augmenter en nous la foi, l’espérance et la charité. Ce sont sur ces trois mots que je désire m’arrêter aujourd’hui. Ils sont, pour le chrétien, une disposition intérieur qui est le moteur de leur vie. On les appelle: vertus théologales.

Qu’est-ce que ces petites bêtes là? La vertu est une disposition intérieure, une habitude positive à faire le bien. C’est la vertu qui nous permet d’accomplir des actes bons et de donner le meilleur de nous-même.

Créé à l’image de Dieu, nous avons, en nous, une disposition naturelle à faire le bien, à rechercher ce qui est juste, à nous détourner du mal, du mauvais. Au fond de notre coeur, nous aimons le bien et nous haïssons le mal, ou ce que nous considérons comme tel. Ce désir du bien, que nous pouvons aussi appeler passion, et qui nous entraine à la recherche de l’amour et de la justice, s’appellent vertus humaines. Mais nous le savons, celles-ci sont souvent tordues par le péché originel  qui marque toute vie humaine. Dieu vient donc renforcer, par sa grâce, ces vertus humaines en nous donnant les vertus théologales, que sont la foi, l’espérance et la charité.

Ces vertus sont appelées théologales parce qu’elles ont leur origine en Dieu. Elles nous disposent à une vie en relation avec Dieu. Ce sont elles qui animent notre agir chrétien et nous rendent capables d’agir comme de véritables enfants de Dieu. «La foi, l’espérance et la charité sont aussi de véritables forces, accordées par Dieu, que l’on peut développer et entretenir avec la grâce de Dieu, ‘pour obtenir la vie en abondance’ (Jean 10,10)» (Youcat n°306)

Qu’est-ce que la foi? C’est «la vertu par laquelle nous croyons en Dieu, nous reconnaissons sa vérité, et nous nous attachons personnellement à Lui.» (Youcat n°307). La foi n’est pas une simple attitude, une «croyance» en quelque chose. Elle contient des données précises, que nous professerons dans quelques instants avec le Credo. Ces données nous les recevons de l’Écriture Sainte (la Bible) et de la Tradition, l’enseignement de notre Sainte Mère l’Église. Accueillir le don de la foi, c’est accueillir cette foi conservée fidèlement à travers les âges et les cultures. C’est aussi entrer et s’engager dans une relation confiantes avec Dieu. Mais la foi, ce n’est pas que des belles paroles, c’est aussi un mouvement, c’est aussi des actes… La foi est dynamique!

Le mouvement de la foi, c’est l’espérance. En effet, c’est par elle que «nous désirons fermement et durablement ce pour quoi nous sommes sur terre: louer Dieu, le servir et trouver notre accomplissement en Dieu.» (Youcat n°308) C’est là qu’est notre vrai bonheur. L’espérance est la confiance en la réalisation de ce que Dieu a promis par sa Création, par les prophètes mais surtout par Jésus-Christ. «Espérer, nous dit saint Augustin, c’est croire en l’aventure de l’amour, se fier aux hommes, faire le saut dans l’inconnu et s’en remettre entièrement à Dieu.»

La charité est au dessus de toutes les lois. Jésus la place en premier. Elle est l’essence même de sa vie: «Comme le Père M’a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.» (Jean 15,9) nous dit-il dans l’évangile selon saint Jean. Et quelques versets plus loin, il nous laisse ce commandement: «Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimé.» (Jean 15,12)

La charité est «la vertu par laquelle nous pouvons nous donner totalement à Dieu, nous unir à lui, et aimer notre prochain comme nous-mêmes, sans réserve, par amour pour lui qui nous a aimés le premier.» (Youcat n°309)

L’Apôtre Paul nous dresse un portrait remarquable de la charité: «La charité prend patience, la charité rend service, elle ne jalouse pas, elle ne se vante pas, elle ne s’enfle pas d’orgueil, elle ne fait rien de laid, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s’irrite pas, elle n’entretient pas de rancune, elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle trouve sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout» (1 Co 13, 4-7).

Habité par ces trois vertus théologales, mettons tout en oeuvre pour qu’elles soient le principal moteur de notre vie chrétienne et qu’ainsi nous puissions nous unir toujours plus à Dieu et accomplir la mission qu’il nous a confié: entrer joyeusement sur le chemin de la sainteté. Ainsi, dans quelques jours, en proclamant les Béatitudes, nous pourrons nous unir dans la joie à la multitude des Saints que nous célébrerons. Pour cela, mettons tout en oeuvre pour obtenir ce que Dieu promet, en aimant ce qu’il nous commande. Amen.

Homélie pour le 30ème dimanche ordinaire – Année B

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

0 réponse pour “Les trois soeurs”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.