Homélie pour le 27ème dimanche ordinaire - Année A

Références des lectures: Isaïe 5,1-7; Psaume 79; Philippiens 4,6-9; Matthieu 21,33-43

Dans cette parabole, Jésus nous dresse un beau portrait de son Père. Il le présente comme le maître d’un domaine. Ce domaine, il en prend soin : il y plante une vigne, il la protège avec une clôture et une tour de garde. Il prévoit, dès la plantation de la vigne, le fruit que l’on va pouvoir tirer de celle-ci : il fait creuser un pressoir. Il prévoit tout pour que cette vigne soit mise en valeur. Dieu, dans la création, a tout fait pour que celle-ci soit belle et bonne.

Le maître de ce domaine ne garde pas son bien pour lui. Il le confie à des hommes et des femmes compétents : des vignerons. Cela semble logique pour le travail d’une vigne ! Il leurs confie avec une consigne qui est stipulée par le contrat de location : il faut que la vigne porte des fruits. Il fait un acte de foi dans la compétence de celles et ceux à qui il confie son bien.

Aussi, quand au bout d’un an, les vignerons voient arriver les envoyés du maître, ils n’ont pas à être étonnés. Cela était prévu dans le contrat de départ qu’il y aurait un loyer à payer. Les vignerons vont alors préférer tout garder pour eux en maltraitant les envoyés et en allant jusqu’à tuer le fils pour s’accaparer l’héritage.

Frères et sœurs, à la lecture de ce texte d’Évangile, je suis toujours un peu mal à l’aise. Il vient m’interroger au plus profond de moi-même. Et si j’étais un vigneron homicide ? Et si la communauté chrétienne était les vignerons homicides ?

En effet, cette vigne plantée par le Seigneur, c’est la part de l’annonce de la Bonne Nouvelle qu’il nous incombe d’annoncer. C’est la mission que le Christ me confie. C’est la mission que le Christ confie à chacun et à la communauté chrétienne. Et la question est là : est-ce que j’ai vraiment le souci de faire croître la vigne que le Seigneur me donne ? Est-ce que j’ai le souci de lui donner les fruits qui lui appartiennent ?

Quand je deviens propriétaire de la mission, quand je deviens propriétaire du service que je rends, je suis un vigneron homicide ! Quand je préfère mon individualisme, mon petit confort personnel, je suis un vigneron homicide. Quand je ne prend pas part à l’annonce explicite de l’évangile, je suis un vigneron homicide. Quand je préfère une Église de confort plutôt qu’une Église en sortie, je suis un vigneron homicide… et nous pourrions continuer la liste !

Heureusement pour nous, dans sa miséricorde, le Seigneur nous offre toujours le temps de la conversion. Alors interrogeons-nous sur notre manière de cultiver la vigne afin de donner au Seigneur les fruits qu’il en attend. Interrogeons-nous sur notre manière de permettre à l’Evangile d’être annoncé et à l’Eglise de croître. Au cœur de toutes nos activités, nous devrions trouver ces cinq éléments : la prière, la fraternité, la formation, le service et l’évangélisation.

Ces cinq éléments doivent être présents dans notre vie personnelle comme dans notre paroissiale. Ai-je le souci de prier ? Ai-je le souci d’une vie fraternelle (et principalement avec les frères et sœurs chrétiens de la communauté que je n’ai pas choisi) ? Ai-je le souci de me former afin de fortifier ma foi ? Ai-je le souci d’accomplir un service pour la communauté paroissiale et vers les plus pauvres ? Ai-je le souci d’annoncer explicitement l’Évangile ?

Nous sommes les vignerons. L’Église, peuple de Dieu, corps du Christ, temple de l’Esprit, est la vigne du Seigneur. Dieu en a pris soin… et il nous l’a confiée. Dieu en attend de beaux fruits… il n’est plus l’heure d’être résigné ! L’Évangile a de l’avenir ! Mettons-nous humblement devant le Seigneur et demandons-lui : « Bon maître, que nous faut-il faire ? » et donnons-lui les fruits de notre louange et de notre labeur. Amen.

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