Avec la belle fête de la Pentecôte, nous faisons mémoire, nous rendons présent le début de la mission des Apôtres. Les débuts de l’Évangile annoncé par ceux qui ont suivi Jésus durant sa vie publique et qui ont été témoins de sa Résurrection. Nous en faisons mémoire non pas pour célébrer un évènement passé mais pour nous souvenir qu’aujourd’hui, avec toute l’Église, nous recevons nous aussi l’Esprit-Saint pour évangéliser la société dans laquelle nous vivons.

Mais qui est l’Esprit-Saint? Il est souvent le grand inconnu de la Sainte Trinité, le grand inconnu de notre vie chrétienne et pourtant sans Lui, nous ne serions pas ici aujourd’hui!

Nous l’avons entendu dans les lectures de ce jour, l’Esprit-Saint se présente sous forme de langues de feu qui se posent sur chacun (Actes 2,3). Sous l’effet de l’Esprit-Saint, chacun s’exprime selon un don qui lui est propre. (Actes 2,4) Ce même Esprit-Saint produit en nous des fruits particuliers: «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maitrise de soi». Tels sont les fruits décrits par saint Paul dans l’épître aux Galates (Ga 5,22-23).

De même, la séquence de ce jour nous chante l’action de l’Esprit-Saint en nos vies. Il est «l’hôte très doux de nos âmes». Il est celui qui habite, qui demeure au fond de mon cœur, au fond de mon être. Pour l’entendre ou découvrir son action, il m’est nécessaire de faire silence, d’entrer en moi-même et d’accueillir Celui qui est là. Le silence de la prière est une nécessité pour être attentif à la présence de l’Esprit-Saint dans ma vie.

Et que fait, que produit cet «hôte très doux de nos âmes»? Dans les coups de stress, au cœur de nos activités, de notre travail, il est le repos. De même qu’il est le réconfort dans nos peines et nos pleurs. Sa présence nous permet aussi de chanter la louange de Dieu. C’est lui qui nous apporte la lumière sur cette douce présence de Dieu que nous pouvons découvrir en nos vies. C’est pour cela que sans lui, nous ne serions pas ici pour célébrer ensemble l’Eucharistie.

Si Il est la lumière intérieure de nos âmes, la lumière qu’Il produit en nous, ne nous rends pas toujours fier de ce que nous faisons ou de l’état de notre vie. En nous livrant à la douce action de sa présence, nous découvrons qu’il nous permet de nous épanouir comme le bourgeon qui reçoit les premiers rayons du soleil, à l’heure du printemps. L’Esprit-Saint produit, donne la joie car Il se livre à nous comme une douce onction.

C’est Lui qui peut laver, nettoyer en nos vies ce qui est souillé, abîmé par le péché. C’est Lui qui baigne ce qui est aride, sec, mort au cœur de notre existence. Il est le baume précieux de notre âme, l’huile essentielle de toute vie car Il assouplit et réchauffe, Il redresse ce qui est faussé, tordu.

Les signes reçus lors du sacrement du Baptême avec l’eau et lors de la Confirmation, avec l’huile parfumée: le Saint Chrême, nous disent cette action bienfaisante de l’Esprit-Saint en notre vie. La météo de ces dernières semaines et saint Cyrille de Jérusalem peuvent nous aider à comprendre un peu plus ces signes et cette action de l’Esprit-Saint en chacun de nous:

«Pour quelle raison le don de l’Esprit est-il appelé une «eau»? C’est parce que l’eau est à la base de tout; parce que l’eau produit la végétation et la vie; parce que l’eau descend du ciel sous forme de pluie; parce qu’en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. (…) Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous. Elle n’a qu’une seule manière d’être, et elle n’est pas différente d’elle-même. La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là, mais, en s’adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient.

L’Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l’eau, produit des bourgeons, de même l’âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, apporte des fruits de justice. Bien que l’Esprit soit simple, c’est lui, sur l’ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus. (…) Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse; il éclaire par la prophétie l’âme de celui-là; il donne à un prêtre le pouvoir de chasser les démons; à un autre encore celui d’interpréter les divines Écritures. Il fortifie la chasteté de l’un, il enseigne à un autre l’art de l’aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l’ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n’est pas différent de lui-même, ainsi qu’il est écrit: Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. (…)

Son entrée en nous se fait avec douceur, on l’accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d’un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l’esprit: chez celui qui le reçoit, tout d’abord; et ensuite, par celui-ci, chez les autres.» (Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse sur l’Esprit-Saint)

Aujourd’hui, c’est Pentecôte et c’est ce même Esprit-Saint qui est donné à l’Église,  au peuple des croyants. Ouvrons-lui notre cœur, notre vie avec confiance qu’Il soit cet «hôte très doux de nos âmes», qu’Il soit véritablement notre ami et nous entraine sur le chemin de la sainteté, dans l’intimité avec le Christ, à la rencontre du Père. Qu’Il soit pour nous, chemin des béatitudes, chemin de la joie éternelle. Amen.

Homélie pour le dimanche de Pentecôte – Année B

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