En fêtant, aujourd’hui, la « foule immense […] une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » qui se tient « debout devant le Trône et devant l’Agneau » (Apocalypse 7,9), l’Église nous invite à méditer sur notre vocation commune de baptisés : la sainteté. Celle-ci n’est pas l’apanage de quelques privilégiés. Elle est le cœur même de notre vie de disciple de Jésus-Christ.

Si notre sainteté, à l’image des saints qui nous ont déjà précédé, prendra tout son éclat au jour où nous nous tiendrons « debout devant le Trône et devant l’Agneau » (Apocalypse 7,9), elle est déjà en germe aujourd’hui. Elle nous est donnée par le baptême et il nous faut en prendre résolument le chemin… tel Jésus montant à Jérusalem.

Les saints, contrairement à ce que peuvent nous faire croire certaines hagiographies, n’ont pas eu une vie toute lisse, sans défaut. Ils n’ont pas tous eu des faveurs extraordinaires, ni fait des miracles. La plupart d’entre eux sont des héros du quotidien. C’est dans le quotidien d’une vie classique, qu’ils ont mené le combat, qu’ils sont passés par « la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. » (Apocalypse 9,14)

Le saint est celui qui, dans les difficultés de la vie, dans les épreuves, la souffrance traversée, va laisser passer la lumière de l’Évangile. Il est celui qui va apprendre à se laisser habiter, modeler, façonner par l’Esprit Saint. En faisant l’expérience de son néant, de sa finitude, de sa pauvreté, de son péché, le saint ne se renferme pas sur lui-même mais il s’ouvre à la miséricorde de Dieu. Il ne cache pas ce qu’il est, mais plein de confiance, il se présente tel qu’il est à l’amour de Dieu.

Pour vivre ce combat, comme l’écrit saint Paul aux Éphésiens, le saint n’hésite pas à revêtir « l’équipement de combat donné par Dieu » pour « résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon. » (Éphésiens 6,13). Cet équipement consiste à revêtir « le ceinturon de la vérité », « la cuirasse de la justice », à se chausser « de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix », sans quitter « le bouclier de la foi » ni oublier « le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu ». (Cf. Éphésiens 6,14-17)

Oui, le saint puise la force nécessaire dans la prière, dans la Parole de Dieu méditée et partagée. Il la nourrit par les sacrements et par l’amour du prochain. Plein de confiance, il médite et contemple l’amour de Dieu. Il se met à l’école de Jésus avec les autres disciples du Christ pour accueillir le trésor que Dieu lui-même veut lui donner : sa propre vie.

Contrairement à Jean-Jacques Goldman, le saint ne chante pas « Je marche seul ». Il sait que pour gagner le combat de la sainteté, il marche avec et pour l’humanité. Il marche avec et pour la création, don de Dieu. Ce combat n’est pas pour son salut personnel mais pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

C’est ainsi que le saint s’engage sur le chemin des béatitudes : pauvre de cœur, doux et miséricordieux, affamé et assoiffé de la justice, artisan de paix, insulté ou persécuté… car habité par la foi, l’amour et l’espérance, il sait qu’un amour plus grand l’attend. Il sait qu’au soir de cette vie sur terre, il est appelé à entrer dans la Vie de Dieu et à le contempler face à face.

Oui, « bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3,2) Aujourd’hui, nous souvenant de notre baptême, renouvelons notre désir d’entrer dans l’immense cortège de tous les saints. Livrons-nous à l’amour de Dieu ! Amen

Toussaint
Toussaint
La Parole de Dieu
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