A l’approche de la fête de Noël, c’est la course! Mais non, je ne vais pas vous faire une homélie sur la course à la consommation, ni sur les préparatifs de dernière minute! Mais sur la course… la course joyeuse de Marie après l’annonce par l’ange Gabriel qu’elle serait la Mère du Sauveur. Marie s’empresse d’aller partager sa joie avec sa cousine Élisabeth, elle aussi enceinte.

« En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. » (Lc 1,39) Ces quelques mots viennent comme une bouffée d’oxygène au milieu de la course stressante que nous vivons, souvent, les derniers jours avant la fête de Noël pour être sur que tout sera prêt pour le repas de fête. Alors en ce dimanche, accueillons cette course d’allégresse de Marie comme une bouffée d’oxygène. Marie vient nous interroger sur l’accueil même que nous réservons au Sauveur.

Le cœur même de Noël: la venue du Christ, la venue du Sauveur, comment allons-nous le célébrer? La célébration sera-t-elle un événement à caser au milieu du rassemblement de famille? Ou serons-nous témoigner que la célébration sera de première importance parce que c’est ce que nous y célébrons: la venue du Sauveur au cœur de notre humanité, qui permet et nous invite à ce rassemblement de famille? La course ne sera pas alors la même : elle dira ce vers quoi tend ma vie et que l’Évangile est cette Bonne Nouvelle qui me fait vivre. Elle sera témoignage de foi (à condition que j’essaie de mettre ma façon de vivre en adéquation avec la Parole de Dieu!), témoignage parfois couteux mais source de joie. Cette joie sera démultipliée car elle sera la joie même de Dieu, la joie même qui habita le cœur de Marie, la joie qui fit tressaillir l’Esprit Saint quand les deux cousines se rencontrèrent

Cette allégresse est aussi celle de la réalisation de la promesse de Dieu. « Après un temps de délaissement, viendra un jour où enfantera celle qui doit enfanter… » (Mi 5,2) avons-nous entendu dans le livre de Michée. Le cri de la joie est dans le temps de la grossesse… ce temps que je mets pour laisser la Parole de Dieu être enfantée en moi. Ce temps qu’il faut à l’humanité pour laisser s’incarner la puissance de la Parole de Dieu dans son cœur. Il me faut découvrir que si la promesse de Dieu semble tarder, c’est uniquement parce que Dieu attend que je sois prêt pour enfanter moi-même sa Parole. Dieu patiente car il ne veut pas provoquer en nous un accouchement aux forceps mais simplement que nous découvrions l’onction d’amour dont il oint sa création.

Il n’y a plus que quelques jours pour nous préparer à célébrer la Nativité, hâtons-nous! Hâtons dans l’accueil de la Parole de Dieu! Hâtons de préparer la crèche de notre vie pour que l’Emmanuel, Dieu avec nous, vienne y habiter et que la Parole de Dieu prenne chair, prenne corps en nous. Ainsi, nous pourrons partir en hâte, plein d’allégresse, annoncer la Bonne Nouvelle du Salut. Nous serons alors homme et femme de foi et nous pourrons comme Marie vivre de cette béatitude: « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » (Lc 1,45). Amen.

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