Voici que nous entrons, ce jour, dans le temps du Carême. Qu’allons-nous faire pendant ces quarante jours qui nous séparent des célébrations de Pâques ? Oui, il est important de nous poser la question : qu’allons-nous faire pour que ces quarante jours ne soient pas uniquement marqués par ces quelques cendres que nous allons tous recevoir sur notre front et par le fait que Mr l’abbé ait des vêtements liturgiques violets jusqu’au Jeudi Saint ? Qu’allons-nous faire pour ne pas être rattrapé, dès la sortie de la messe, par notre petit confort personnel ? par les sirènes de notre société laïque où la présence de Dieu n’a plus la première place ? Qu’allons-nous faire ?

Les mots du prophète Joël, entendus en première lecture, nous disent ce que nous avons à faire : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour… » (Joël 2,12-13) Revenir au Seigneur ! Nous retourner vers Lui ! Voilà qu’elle doit être notre préoccupation première durant ce temps du carême. Alors qu’allons-nous faire pour revenir vers le Seigneur, nous rapprocher de lui ?

Les cendres viennent nous rappeler que nous sommes poussière, c’est-à-dire que nous sommes faibles et fragiles… (même si mon orgueil me pousse à me sentir fort et puissant… de cela, un jour, il ne restera rien… si ce n’est qu’un peu de poussière !) et seul celui qui peut nous donner la force de la vie, c’est le Seigneur. Revenir vers le Seigneur, ce n’est pas se contenter d’une vie médiocre et qui, à terme, tombe en ruine. C’est grandir dans une amitié avec Dieu qui donne force et vie ! C’est se rendre capable d’être aimé et d’aimer ! C’est découvrir que « Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais » (Pape François, Message pour le Carême 2017) quels que soient les événements de notre vie.

Comment revenir vers le Seigneur ? L’Eglise nous offre trois moyens pour revenir au Seigneur : le jeûne, la prière et l’aumône… mais sans la Parole de Dieu, ces trois moyens sont ardus ! La Parole de Dieu est la base de tout ! Et le Carême est un beau moment pour lire, écouter, méditer la Parole de Dieu. Elle est une lettre d’amour que Dieu nous écrit. Elle est un chemin, un guide pour la vie. « La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. » (Pape François, Message pour le Carême 2017). « La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. » (Ibid.) « Le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. » (Ibid.)

Qu’allons-nous faire pendant ce temps du carême ? A la lumière de la Parole de Dieu, nous allons nous laisser « réconcilier avec Dieu. » (2 Corinthiens 5,20) et « à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui » (2 Corinthiens 6,1). Pour cela, dès ce soir, demandons au Seigneur d’éclairer notre cœur pour qu’il nous indique le chemin de conversion que nous devons prendre, guidés par sa Parole, pour être ses « ambassadeurs » (2 Corinthiens 5,20) et ses « coopérateurs » (2 Corinthiens 6,1) au cœur de notre société.

Nous entrons « de nouveau en Carême pour aller plus profond, pour découvrir ce Dieu toujours plus grand que ce que nous connaissons de lui, pour accueillir cette grâce de l’avenir qu’est la résurrection du Christ. Creuser aujourd’hui pour aujourd’hui et pour demain notre « capacité » de Dieu. » (Mgr LEBORGNE, éditorial pour le Carême)

Que ce temps du carême, soit pour nous, individuellement et en paroisse, l’occasion d’approfondir notre relation au Christ. Que vais-je faire pour cela ?

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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