Elles l’ont suivi durant sa vie terrestre. Elles l’ont écouté. Elles se sont senties accueillies, comprises dans leur dignité. Cet homme, qui les a accueillies telles qu’elles sont, elles l’ont accompagné jusqu’à la fin, jusqu’au Calvaire et à sa mise au tombeau. Nous pouvons comprendre qu’une certaine tristesse, qu’un chagrin habite ces femmes: Jésus est mort. Son histoire est terminée.

Cependant, ces femmes sont habitées par une reconnaissance envers Jésus. C’est cet amour qui les pousse à se rendre au tombeau pour un dernier hommage. Mais là, surprise: « elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. » (Marc 16,4) En entrant dans le tombeau, elles ne trouvent pas le corps de Jésus mais « un jeune homme vêtu de blanc ». (Marc 16,5) Nous pouvons comprendre qu’elles soient « saisies de frayeur ». (Marc 16,5)

Si l’évangile de cette Veillée Pascale se termine par l’annonce de la résurrection de Jésus et une invitation à l’annoncer aux disciples, les saintes femmes « sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elle-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. » (Marc 16,8)

Cela ne nous arrive-t-il pas aussi quand quelques choses de nouveau surgit dans notre quotidien? « Nous nous arrêtons, nous ne comprenons pas, nous ne savons pas comment l’affronter. La nouveauté souvent nous fait peur, mais aussi la nouveauté que Dieu nous apporte, la nouveauté que Dieu nous demande. Nous sommes comme les Apôtres de l’Évangile : nous préférons souvent garder nos sécurités, nous arrêter sur une tombe, à une pensée pour un défunt, qui à la fin vit seulement dans le souvenir de l’histoire comme les grands personnages du passé. Nous avons peur des surprises de Dieu. » (Pape François, Veillée Pascale 2013)

Et pourtant, il nous faut accueillir la bonne nouvelle annoncé par le « jeune homme vêtu de blanc » rencontré dans la tombe: «Ne soyez pas effrayés! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité: il n’est pas ici. » (Marc 16,6) Et en plus, il nous faut annoncer cette bonne nouvelle: « Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre: « Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez comme il vous l’a dit. » » (Marc 16,7)

Pour nous aider à accueillir cette Bonne Nouvelle, la Résurrection de Jésus, nous avons fait mémoire, ce soir, de notre histoire. Depuis la création, depuis Adam et Eve jusqu’aux premiers disciples de Jésus, en passant par Abraham, Moïse et les prophètes, nous avons découvert comment Celui qui a tout créé est entré dans l’histoire en faisant alliance avec un peuple. Nous avons appris comment il est entré dans l’intime de notre vie en se faisant pleinement homme et qu’il est allé jusqu’au bout de son amour pour nous en mourant sur la croix et en y portant notre fardeau et notre péché. En relisant cette histoire, nous découvrons que le peuple élu, à chaque fois qu’il accueille la présence de Dieu trouve un chemin de paix.

Alors ce soir, au cœur de la mère de toutes les veillées qu’est la Vigile Pascale, n’ayons pas peur d’ouvrir notre vie au Christ. Acceptons que Jésus Ressuscité entre dans nos vies. Accueillons-le comme un ami avec confiance: Il est la vie! « Si jusqu’à présent tu as été loin de Lui, fais un petit pas : il t’accueillera à bras ouverts. Si tu es indifférent, accepte de risquer : tu ne seras pas déçu. S’il te semble difficile de le suivre, n’aies pas peur, fais-lui confiance, sois sûr que Lui, il est proche de toi, il est avec toi et te donnera la paix que tu cherches et la force pour vivre comme Lui le veut. » (Pape François, Veillée Pascale 2013)

En cette Nuit de lumière, faisons mémoire de ce que Dieu a fait et fait pour nous, pour moi. Faisons mémoire du chemin parcouru pour que notre cœur s’ouvre à l’espérance pour l’avenir. Demandons au Seigneur qu’il nous ouvre à sa nouveauté qui transforme et qu’il nous rende capables de le reconnaitre comme le Vivant, vivant et agissant au milieu de nous. Qu’en cette fête de Pâques, le Seigneur fasse de nous des témoins actifs de sa Résurrection. Le Christ est ressuscité! En vérité, il est ressuscité! Alléluia!

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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