Après avoir, deux dimanches de suite, porté notre regard sur la figure de Jean le Baptiste, ce dimanche, nous nous tournons vers le bon saint Joseph. Quel homme! Quel modèle de foi pour chacun de nous!

Joseph, charpentier de Nazareth, a un beau projet de vie: il désire se marier avec Marie. Mais voilà que ce projet semble être contrarié par un évènement imprévu: « avant qu’ils aient habité ensemble, Marie fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint ». (Matthieu 1,18) Face à cette nouvelle, l’amour que Joseph porte à Marie se trouve mis à l’épreuve. Que faire? Appliquer la loi: répudier Marie au risque qu’elle soit condamnée voir lapidée? Homme juste et bon, Joseph respecte trop Marie mise au ban de la société… et Joseph respecte trop la loi de Dieu pour fonder un foyer sur des bases aussi bancal. La mort dans l’âme, il décide simplement de rendre à Marie sa liberté.

Alors que le bon Joseph est tout chamboulé par la décision qu’il doit prendre, voilà que Dieu ouvre, devant lui, un autre chemin: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse: l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint… » (Matthieu 1,20). Dieu ne demande pas à Joseph de renoncer à son projet initial de mariage et de paternité. Il lui demande d’être l’époux que Dieu désire pour la mère de son Fils. Dieu demande à Joseph d’être l’époux de Marie pour que celle-ci puisse être pleinement mère.

Joseph acquiesce à ce projet de Dieu dans le silence: « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse. » (Matthieu 1,24)

Quel est ce silence de Joseph? Ce n’est pas le silence d’un indifférent. Ce n’est pas le silence d’un résigné. « Son silence est un silence empreint de contemplation du mystère de Dieu, dans une attitude de disponibilité totale aux volontés divines. En d’autres termes, le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu’il porte dans son coeur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l’unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Ecritures Saintes, en la confrontant en permanence avec les événements de la vie de  Jésus;  un  silence  tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d’adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence. » (Benoit XVI, Angélus du 18 décembre 2005)

Ainsi, le silence de Joseph est le silence de l’amour, cet amour qui reconnait la grandeur de Dieu face à la petitesse de l’homme. Par son silence, Joseph accueille le fait d’être choisi par Dieu pour être le père de son Fils. Par son silence, Joseph fait sien le projet de Dieu pour lui. Par son silence, Joseph accueille la Parole de Dieu, qui lui est adressée, comme une priorité de vie.

C’est cette Parole de Dieu qui va maintenant conduire Joseph. Mais c’est aussi cette Parole de Dieu qui va se faire chair et qui réclamera de Joseph d’être pleinement un père pour Elle par la protection, l’éducation et l’apprentissage d’un métier. Cette Parole de Dieu donnera à la vie de Joseph sa pleine fécondité. Le silence de Joseph manifeste ainsi tout l’amour qu’il a de Dieu. Par son silence, Joseph manifeste qu’il reçoit pleinement la volonté de Dieu et qu’il y répond avec gravité et générosité.

A quelques heures de la fête de Noël, alors que nous risquons de nous laisser prendre par le tourbillon bruyant des derniers préparatifs de la fête, « laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph! Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l’écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur, pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie. » (Benoit XVI, Angélus du 18 décembre 2005) Demandons à saint Joseph qu’il nous apprenne à faire silence pour laisser à Dieu le temps de nous parler. Demandons à saint Joseph qu’il nous apprenne à accueillir la Parole de Dieu en nos vies et que, comme lui, nous sachions y répondre avec générosité. Amen

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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