La fête de la Sainte Famille, célébrée, normalement, le dimanche qui suit Noël, vient nous redire l’importance de la famille au cœur même de la société, l’importance de la famille au cœur même de nos vies. La famille est un trésor dont nous avons à prendre soin. Et pour prendre soin de ce trésor, nous sommes invités à prendre pour modèle la sainte Famille elle-même, à mettre nos familles sous la protection de la Vierge Marie, Saint Joseph et l’Enfant-Jésus. Cette Sainte Famille n’est pas un modèle si loin de nos familles. Nous sommes beaucoup plus proche d’eux que nous le pensons bien souvent.

Hier, avec les jeunes parents, nous nous réjouissions de la naissance de l’enfant. Nous communions à cette joie. Aujourd’hui, ces mêmes parents sont confrontés à l’angoisse et une angoisse bien compréhensible : un fou sanguinaire et jaloux veut attenter à la vie de l’enfant. Évènement d’une étrange actualité : au temps de la Sainte Famille, le massacre des saints innocents fut d’une brutalité et d’une douleur sans pareil… aujourd’hui, l’élimination des nouveaux-nés, même avant leur naissance, est une pratique courante, banalisée, légalisée et même revendiquée dans une indifférence presque totale.

Face à cet événement, l’attitude de Joseph et Marie doit être pour nous exemple et encouragement. Pas de cris, pas de pleurs, pas de paroles inutiles… mais une écoute ! Joseph fait ce que l’ange lui a dit de la part de Dieu. Joseph, modèle de foi et d’obéissance, est l’instrument docile par lequel le Père des cieux peut accomplir son œuvre en faveur de son Fils.

Marie, dont la seule évocation dans l’évangile de ce jour n’est que la mère de l’enfant, fait confiance à son époux dont elle sait que c’est un homme juste, c’est-à-dire, ajusté à Dieu. L’enfant est au centre de la scène, objet de la sollicitude de ses parents. Il ne dépend que d’eux.

Comme dans l’évangile où toute l’attention est tournée sur le bon saint Joseph, tournons notre attention sur le rôle et la place du père dans nos familles. Prions pour eux, qu’ils prennent pour modèle saint Joseph, comme lui qu’ils soient des hommes de foi, d’obéissance à la Parole de Dieu, ajustés à Dieu dont ils sont, pour nous, l’image de la paternité divine.

Oui, saint Joseph, comme père, porte la responsabilité de la famille. Comme responsable, il est celui qui répond de sa famille. Mais pour répondre, il faut écouter comme le noble saint Joseph. La première qualité de saint Joseph, comme celle de tout père, est d’être disponible pour entendre la voix de Dieu, même la nuit ! Le père est celui qui est vigilant, à l’écoute de celui dont il est le vicaire, c’est-à-dire celui, non pas dont il prend la place, mais celui dont il tient la place et à qui il aura à rendre compte au dernier jour.

Ce qui est donc au cœur du ministère du père, n’est rien d’autre que la parole. Non pas une parole qui vient de lui, mais une parole, qui pour être vraie vient d’au-delà de lui-même. Le père ne fait que de transmettre fidèlement cette parole ou l’exécuter tel le bon saint Joseph.

En méditant sur cette place du père, ayant pour modèle saint Joseph, au cœur de la famille, je vous invite à prier aussi pour celui qui tient cette même place au cœur de la paroisse… votre pauvre curé ! Car sa mission est bien la même que celle du père de famille : être serviteur de la parole pour faire grandir ceux qui lui sont confiés.

La famille, ce n’est pas que les parents… ce sont aussi les enfants ! Alors, chers enfants (quelque soit votre âge… car toute notre vie nous restons les enfants de nos parents !), accueillez les paroles de ben Sirac le Sage entendues en première lecture. (Si 3,2-6.12-14). N’exaspérez pas vos parents ! Honorez vos parents ! Respectez-les dans leur vieillesse… bon d’accord, je sais que quand on est ados, on a l’impression que nos vieux, ils sont « has been » mais même si tu te frottes à eux, n’oublie jamais qu’ils te sont confiés par Dieu lui-même pour te guider et t’apprendre toi aussi à écouter, entendre la parole de Dieu pour la transmettre ou l’exécuter comme saint Joseph lui-même.

Ces paroles de Ben Sirac sont aussi un encouragement que le Sage adresse aux parents alors que ceux-ci sont décontenancés devant une société qui bouge, qui se paganise et où il devient difficile de transmettre les valeurs sur de la foi. Ben Sirac vient nous rappeler un sujet qui est brulant d’actualité : la structure familiale est importante pour transmettre aux enfants les valeurs de la foi. Ce texte est un plaidoyer pour la famille parce que celle-ci est le premier, sinon le seul lieu de la transmission des valeurs.

Courage et persévérance, accueillons avec réconfort les paroles de saint Paul de ce jour : vous avez été choisis par Dieu, vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés ! (Col 312-21). Puisque nous sommes choisis par Dieu, que nous sommes ses bien-aimés, mettons au cœur de nos familles toutes les prescriptions que nous avons entendues de la part de saint Paul, de l’invitation à la douceur et à la tendresse, jusqu’à la soumission réciproque, en passant par la longue patience qui supporte tout, et la miséricorde qui pardonne tout.

Famille, en ce jour de votre fête, renouvelez votre amour, votre confiance au Seigneur. accueillez chez vous sans crainte Marie, Joseph et l’enfant Jésus. Renouvelez chaque jour votre désir de prendre la sainte Famille pour modèle.

La vie familiale à l’école de la Sainte Famille est en effet une vie « dans le Seigneur » nous rappelle saint Paul, c’est-à-dire une vie dans l’Esprit du Christ et dans sa Parole. La Parole qui nous instruit du comportement qu’il convient de garder au cœur du monde sans pactiser avec lui ; l’Esprit qui nous donne de pouvoir obéir paisiblement au cœur même des résistances voire des contradictions, même lorsqu’elles émanent de nos propres enfants.

La force de la Sainte Famille, c’est sa fidélité à une mission qui la dépasse dans une parfaite soumission à l’Esprit Saint. Mais tel est le défi que chaque famille est appelée à relever, en s’appuyant sur la grâce de son sacrement de mariage.

Que le Seigneur renouvelle en ce jour les époux chrétiens dans la grâce du sacrement qui les unit, afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin de sainteté dans l’unité, la paix, et la joie, conscients de leur mission irremplaçable : être témoins au cœur du monde de l’Évangile du Bel Amour.

Famille, Dieu vous aime, l’Église vous aime… Merci !

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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