Homélie pour le 1er dimanche de l'Avent de l'année B

Parole de Dieu pour ce dimanche:

Isaïe 63,16b-17.19b.64,2b-7
Psaume 80(79)
1 Corinthiens 1,3-9
Marc 13,33-37

Lire les textes

Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent, c’est-à-dire dans le temps de la venue, de l’avènement, de Jésus. Ces quatre semaines qui nous séparent de Noël sont là pour nous aider à accueillir un évènement extraordinaire, un évènement unique : Dieu se fait l’un de nous ! Dieu se fait homme ! Dieu se fait proche de nous ! Dieu vient en nos vies !

Fêter Noël, c’est plus que fêter un anniversaire ! Fêter Noël, c’est accueillir, aujourd’hui, Dieu vient habiter dans ma vie. A Noël, nous fêtons un évènement qui s’est passé il y a plus de 2000 ans. Fêter Noël, c’est aussi célébrer, rendre grâce pour un évènement qui se passe aujourd’hui dans ma vie ! Dieu se révèle à moi aujourd’hui ! Dieu fait alliance avec moi aujourd’hui !

Comment le fait-il ? Dieu est descendu sur terre et il s’est fait homme. Dieu s’est fait homme en Jésus. Ainsi, en contemplant Jésus, en accueillant sa vie, son message, nous découvrons qui est Dieu ! Jésus nous dit qui est Dieu ! Tu veux connaitre Dieu ? Regarde, écoute et suit Jésus !

Que vient nous dire Jésus de Dieu ? Il nous fait cette formidable révélation : Dieu est Père ! Jésus nous fait découvrir que Dieu est pour nous un père ! et il fait découvrir par la même occasion ce qu’est un véritable père !

Selon notre histoire, selon la relation que nous avons avec notre propre père, il peut être difficile de croire que Dieu est véritablement père… Souvent, pour comprendre comment Dieu est père, nous partons de notre propre expérience, de la connaissance de notre propre père ! Et là, nous faisons une erreur ! Il faut tout inverser ! Si je veux savoir comment je suis appelé à être père, je dois regarder comment Dieu est père ! Ce n’est pas mon père qui est le modèle de Dieu… c’est Dieu qui doit être le modèle de la paternité !

Jésus vient donc nous révéler que Dieu est père ! Il est celui qui nous engendre ! Celui qui nous donne la vie ! Celui qui nous materne ! Celui qui nous aide à grandir ! Celui qui nous sauve ! Celui à qui je peux m’adresser en disant : « Notre Père… ». Il est le seul que je peux véritablement appeler « Père » car il est le seul à être parfaitement père !

Depuis que Jésus nous a révélé cela, les chrétiens essayent de toujours mieux comprendre cette réalité, cette Bonne Nouvelle. La prière que Jésus nous a enseigné, le Notre Père, est devenue la prière la plus importante pour un chrétien. Depuis que Jésus nous l’a donné, l’Eglise cherche à toujours mieux comprendre ce qu’elle signifie. Pour cela, l’Eglise nous offre une traduction de cette prière… mais il n’est jamais facile de traduire fidèlement car souvent, dans une langue, les mots peuvent avoir plusieurs sens quand on les traduit. Cela est vrai aussi avec le Notre Père.

Ainsi, en 1966, une traduction en français du Notre Père nous a été offerte. Depuis, nous la prions en union avec tous les chrétiens francophones… mais une demande de la prière pouvait nous chagriner : « ne nous soumets pas à la tentation… ». Quand nous faisons le mal, est-ce Dieu qui nous y provoque ? Non, bien sûr ! Saint Jacques lui-même nous le dit dans sa lettre : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’, Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jc 1, 13).

Alors des chrétiens spécialistes de la bible ont cherché comment nous pourrions dire cette phrase en restant fidèle au texte tel que Jésus nous l’a donné et à l’esprit de l’Évangile. Et ils ont trouvé une manière un peu mieux de le dire ! Donc à partir d’aujourd’hui, nous prierons le Notre Père en disant : « Ne nous laisse pas entrer en tentation. » Cela écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation.

Le verbe « entrer » nous rappelle le mouvement de la vie chrétienne. Pour accueillir Dieu comme Père, pour l’aimer comme tel, nous avons un combat spirituel à vivre. Le démon, le diable, ne veut pas que nous reconnaissions Dieu comme père… Il ne veut pas que nous accueillions Jésus dans notre vie car il sait qu’il a perdu la bataille !

Souvenons-nous d’une chose : à la suite de Jésus, nous sommes invités à accueillir Dieu qui est un père pour nous. Cet accueil est un combat car, dans la vie, beaucoup de choses veulent nous faire croire le contraire ! Il est donc important de nous y préparer avec sérieux ! de veiller comme nous le dit Jésus dans l’évangile ! Aujourd’hui, nous nous y préparons dans la foi pour qu’au moment de notre mort, nous puissions être accueilli par le Père dans son royaume !

Pour cela, mettons nos pas dans les pas de Jésus. Apprenons à le connaitre. Apprenons à l’aimer afin qu’il nous révèle, de sa naissance à sa mort sur la Croix et la Résurrection, comment Dieu est père et qu’il nous donne la Vie !

Bon Avent à chacun !

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

Un commentaire sur “Notre Père…”

  • Bonjour Monsieur L’abbé de Somme,

    Très belle homélie comme souvent !

    Finalement, pour le Notre Père nous revenons pratiquement à la traduction d’avant 1966 qui était « ne nous laisse pas succomber à la tentation » très proche de « ne nous laisse pas entrer en tentation. »

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