« Nous voudrions voir Jésus. » (Jean 12,21) Qui n’a pas le désir de voir Jésus? Qui n’a pas ou jamais eu le désir de rencontrer Jésus? En tout cas, c’est le désir des Grecs qui sont venus à Jérusalem pour la fête juive de la Pâque. Et pour que cette rencontre se réalise, ils demandent à Philippe qui va lui-même trouver André. Cela semble compliqué de rencontrer Jésus. Faut-il absolument passer par la voie hiérarchique des apôtres? Que veut bien dire ce processus de rendez-vous développé dans le texte d’Évangile?

La rencontre avec Jésus est une recherche continuelle, permanente de notre vie. Notre préoccupation première, comme baptisé, doit être de chercher à rencontrer Jésus. Il n’y a que lui qui peut nous introduire dans l’intimité, la connaissance de son Père. La voie, le chemin qui nous permet de rencontrer Jésus est celui des Apôtres, c’est-à-dire de l’Église. C’est par l’Église fondée sur les Apôtre que tous peuvent voir Jésus. En dehors de l’Église, point de rencontre authentique avec Jésus. Le chemin de la rencontre avec Jésus ne se vit pas seul. Il se vit tous ensemble, il se vit en Église.

Lors de la rencontre, les paroles de Jésus ont du paraître énigmatique à ses interlocuteurs. Que veut donc nous dire Jésus quand il nous dit: « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais si il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12,24) Pour que le grain de blé vive, il doit mourir! Il en est de même pour nous. Nous n’accédons à la vie éternelle qu’en perdant notre vie mortelle. Cela n’est pas facile, c’est un passage qui fait peur. Même Jésus est troublé par ce passage, par cette mort à vivre. Il nous le dit lui-même: « Maintenant mon âme est bouleversée. » (Jean 12,27) Jésus est ému à l’idée d’avoir à mourir pour vivre. Avec lui, il n’est pas anormal de dire: « Père, sauve-moi de cette heure. » (Jean 12,27) Avec Jésus, nous sommes invités à nous abandonner à l’amour du Père: « Père, glorifie ton nom! » (Jean 12,28). Il y a dans cette demande de Jésus quelque chose de la prière qu’il nous a enseigné, le Notre Père: « Que ton nom soit sanctifié… que ta volonté soit faite… »

Cette prière de Jésus va se trouver exaucer par la révélation qui suit. Le Père se manifeste par cette voix qui vient du ciel: « Du ciel vint une voix qui disait: ‘Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore.’ » (Jean 12,28) Cette théophanie, cette révélation de Dieu est pour nous. Dieu va glorifier son nom, c’est ce que nous vivrons dans quelques jours à la Semaine Sainte. La Passion et la Résurrection de Jésus sont une manifestation de la gloire de Dieu et que « le prince de ce monde » (Jean 12,31), c’est-à-dire le diable, est jeté dehors, qu’il a perdu le combat final.

Cette révélation que Dieu nous fait est le moteur de notre espérance et du choix de la vie que nous avons à faire. Jésus donne sa vie. Il renonce au monde et choisit la vie éternelle. Nous aussi nous choisissons de donner notre vie, de l’offrir à Dieu: c’est le cœur de notre participation à l’Eucharistie. C’est ce que je vais dire, au nom de tous, dans quelques instants, lors de la Prière Eucharistique: « Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire… » (Prière Eucharistique 3). Notre participation à l’Eucharistie est active, non pas en faisant quelque chose lors de la messe, mais en m’offrant, en donnant ma vie, à la suite de Jésus, « pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde. » Amen.

Homélie pour le 5ème dimanche de Carême – Année B

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