Voici deux disciples qui ont vécu quelque chose de fort à Jérusalem… mais ils n’ont pas tout compris ! En retournant chez eux, ils essaient de comprendre ce qui s’est passé. Ils s’interrogent sur ce qu’ils viennent de vivre. Et voilà qu’ils sont rejoints, sur la route, par Jésus, qu’ils ne reconnaissent pas, mais qui leurs explique, à l’aide de l’Écriture, ce qui s’est passé. Le soir tombant, arrivés au but de la première journée, Jésus se fait reconnaître à la fraction du pain. Les disciples trouvent alors la joie ! Et sans se poser de question, ils repartent annoncer la rencontre qu’ils viennent de faire avec Jésus.

Ces disciples d’Emmaüs sont un peu une figure de chacun de nous. Au jour de notre baptême, nous vivons quelque chose de fort, de capital pour notre existence. Nous partons ensuite sur la route de la vie où nous essayons de comprendre ce qui s’est passé. C’est la mission qu’on accepté nos parents, parrains et marraines au jour de notre baptême : nous accompagner sur le chemin pour nous faire découvrir, nous aider à comprendre l’importance de cet événement qu’est mon baptême. Pour cela, sur le chemin, nous sommes aussi rejoints par celles et ceux qui nous ont accompagné et appris à découvrir Jésus.

Aujourd’hui, nous sommes à l’auberge ! Jésus se laisse reconnaître et en faisant notre profession de foi, nous le reconnaissons. Comme pour les disciples d’Emmaüs cela a une conséquence fondamentale pour notre vie. Le chemin ne s’arrête pas là ! Nous ne restons pas à l’auberge pour y dormir et rester en sommeil jusqu’à la fin de notre vie terrestre ! Faire profession de foi, c’est, comme les disciples, repartir vers Jérusalem pour annoncer : « Nous avons rencontré Jésus ressuscité ! ». C’est accepter que cet événement viennent bousculer ma vie. Mon baptême bouscule ma vie, transforme ma vie ! Et nous acceptons de rejoindre la communauté des disciples qui, elle aussi, a fait l’expérience de Jésus ressuscité et qui en témoigne pour moi et avec moi.

Après cette expérience, les disciples ne sont pas restés seuls dans leur coin. Ils ont continué l’aventure. Ils ont continué à cheminer et ils ont osé. Ils ont osé dire leur foi dans un monde qui ne leur était pas favorable. (Si ils ne l’avaient pas fait, nous ne serions pas rassemblés dans cette église aujourd’hui !) Leur foi en Jésus Christ a véritablement transformé, bouleversé leur vie. Elle leur a donné une saveur insoupçonnée ! Et cela est toujours vrai aujourd’hui : ma foi en Jésus Christ et le témoignage que j’essaie de donner transforme ma vie, lui donne une consistance insoupçonnée… le Seigneur ne cesse d’y faire des merveilles même si cela n’est pas tous les jours facile ! Même dans l’épreuve, même dans la difficulté, oser dire « Jésus, je crois en toi ! » et mettre cette foi en action, en œuvre, cela me fait avancer de plus belle.

Mais comme pour les disciples, nous ne sommes pas plus fort qu’eux, après cette expérience, en acceptant de continuer l’aventure avec Jésus, ils ont reçu le don de l’Esprit-Saint. Il en est de même pour nous, pour vous : en faisant votre profession de foi, vous dites à tous votre désir de continuer votre route en disciple de Jésus et à recevoir le don de l’Esprit Saint promis par Jésus et reçu dans le sacrement de la confirmation.

Aujourd’hui, chers jeunes, vous professez votre foi ! Comme pour les disciples, c’est une belle audace au cœur de notre monde d’aujourd’hui qui se posent tant de questions sur son avenir. Ces questions sont aussi les nôtres… mais aujourd’hui, en faisant notre profession de foi, nous acceptons de traverser ces questions à la lumière de l’Évangile. Cette lumière de la foi, n’est pas un repli sur nous-mêmes, elle n’est pas une peur de l’autre, de l’étranger, de l’avenir. Cette lumière de la foi est audace pour avancer sur le chemin de la vie, pour construire avec d’autres, avec celui qui est différent de moi, une société, un monde où la saveur de l’Évangile donné du goût à ce que nous vivons. Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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