En ce jour de la saint Valentin, patron de tous les amoureux, les textes de la liturgie viennent nous redire la recette du bonheur. Alors tout simplement bonne fête à tous ceux qui apprennent à se laisser aimer par Dieu. Heureux sont-ils!

Dans les béatitudes entendues ce jour (Lc 6,17.20-26), Jésus vient nous redire tout le sens de l’amour. Aimer c’est accepter de devenir pauvre, aimer c’est faire le don de soi-même. Il ne suffit pas à des amoureux de se regarder dans le blanc des yeux, en se disant l’un à l’autre: « On se connait bien tous les deux! » pour vivre un amour authentique. Il faut vouloir donner sa vie à l’autre et accueillir le don que l’autre me fait de sa vie. L’Eucharistie est la réalisation de se don de soi que le Christ fait pour nous, pour nous restaurer pleinement dans l’amour de Dieu.

Aimer est donc, contrairement à ce que la publicité de toute sorte veut nous faire croire, accepter de ne pas être combler de bien matériel, de l’amour égoïste de moi-même, du culte de la personnalité. Aimer c’est mettre sa confiance dans l’autre, c’est mettre sa confiance en Dieu: « Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l’espoir » nous a dit le prophète Jérémie (Jr 17,7). Voilà la piste du bonheur qui s’ouvre devant nous.

Jésus ouvre cette piste en nous invitant à être heureux, joyeux. Si les béatitudes sont d’abord un portrait de Jésus, elles sont aussi la voie à suivre pour nous. Mais qu’est-ce que cela veut dire d’être pauvre, d’avoir faim, de pleurer, de rire… n’est-ce pas simplement se laisser traverser par les sensations nos vies? N’est-ce pas les expressions de nos vies qui jaillissent en nous, signes que nous ne sommes pas que façade mais aussi feux brulant de l’intérieur?

Par les béatitudes, Jésus vient nous inviter à vivre la charité, l’amour comme lui-même l’a vécu: détacher des biens terrestres. Les pauvres, dans la bible, sont ceux qui n’ont pas le cœur fier ou le regard hautain, ce sont les petits, les humbles du pays. Ils ne sont pas repus, satisfaits, contents d’eux, il leur manque quelque chose. Alors Dieu pourra les combler.

A quelques jours du carême, interrogeons-nous alors simplement sur le détachement qu’il me faut vivre, qu’il nous faut vivre pour me laisser aimer authentiquement par Dieu? De quel superflu est-il nécessaire de se détacher pour vivre pleinement heureux?

Que cette Eucharistie nous donne la grâce de vivre de ce chemin des béatitudes par un authentique don de nous-même, à l’image de celui du Christ… qui nous ouvre le chemin de la liberté. « Heureux est l’homme qui (…) se plait dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit! » (Psme 1,2). Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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