Ils sont géniaux ces Apôtres! Voilà que Jésus leurs explique une nouvelle fois (souvenez-vous de la semaine passée) qu’il va être trahi, condamné, mis à mort et qu’il ressuscitera. Et les Apôtres ne comprennent toujours pas! Ils avaient Jésus avec eux et ils n’ont même pas osé lui demander d’explication.

Ils sont géniaux ces Apôtres! Après l’annonce pour le moins sérieuse que Jésus leur a fait de sa mort et de sa résurrection, ils ne trouvent rien de mieux que de discuter entre eux pour savoir qui est le plus grand. Mais quand Jésus leur demande de quoi ils causaient, ils gardent le silence!

Ils sont géniaux ces Apôtres! Ils nous ressemblent tant. Nous aussi ne cherchons-nous pas à être le premier, à passer avant les autres? Oui, nous sommes aussi guettés par la convoitise. Et comme tous péchés, cela ne mène à rien de bon. Saint Jacques nous l’a dit dans la seconde lecture: «la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes.» (Jacques 3,16) Et il va décrire ce que cette convoitise provoque au coeur du monde avec les guerres et les conflits. Cette convoitise ne détruit pas uniquement la relation avec les autres. Elle me détruit aussi car elle provoque d’incessants combats en moi-même. Et ces combats font de ma propre vie intérieure un véritable champ de ruine.

Alors remercions les Apôtres d’avoir eu une telle discussion entre eux. Ils ont permis  à Jésus de nous délivrer un enseignement précieux, difficilement audible dans le monde de compétition et de performance auquel nous appartenons. Cet enseignement est révolutionnaire pour le monde d’aujourd’hui: tu veux être le premier? Et bien, sois le dernier et fais-toi le serviteur de tous!

Et pour illustrer ce qu’il dit, Jésus montre un enfant aux Apôtres en leurs disant: «Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé.» (Marc 9,37). À l’époque, cet exemple est significatif: l’enfant c’est celui qui n’a pas droit à la parole, c’est le dernier de tous. L’enfant n’est donc pas «l’enfant-roi» objet de tous les désirs, comme il l’est aujourd’hui. Jésus montre la petitesse. L’enfant est celui qui ne peut vivre, grandir que dans la dépendance de l’amour de son père et de sa mère. Seul cet amour peut l’épanouir.

Jésus, en prenant l’enfant comme modèle, nous invite simplement à redécouvrir la beauté de notre dépendance vis-à-vis de Dieu. Seul cet amour fera notre bonheur. Et l’enfant par excellence qui nous montre le chemin, c’est le Christ lui-même: en s’abaissant, il vient nous manifester la beauté et la grandeur de cet amour. De Dieu qu’il est, il se fait homme en la faiblesse d’un enfant à Noël. De Dieu qu’il est, il s’agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds. De Dieu qu’il est, il offre sa vie, par amour sur la Croix pour nous sauver. Mais il nous montre surtout que toute sa vie est en dépendance d’amour avec son Père.

Tout à l’heure, nous allons prier ensemble le «Notre Père», puissions-nous le faire avec un coeur d’enfant qui attend tout de son père. Puissions-nous faire de notre prière, non pas une prière qui cherche d’abord à me combler… Mais une prière, qui, humble et confiante, demande qu’en toutes choses, dans tous les évènements et actes de ma vie, soit simplement faite en présence de Dieu pour sa gloire et le salut du monde.

Notes pour l’homélie pour le 25 dimanche ordinaire – année B

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