Homélie pour le Mercredi des Cendres

Pour un carême au goût de saint Valentin

La Parole de Dieu:

Joël 2,12-18
Psaume 50
1 Corinthiens 5,20-21.6,1-2
Matthieu 6,1-6.16-18

Lire les textes

Aujourd’hui, deux évènements se rencontrent dans le calendrier. L’un a une teneur plus commerciale : la saint Valentin. L’autre a une teneur plus ascétique : l’entrée en Carême. Certains regrettent cette coïncidence de calendrier : comment fêter la saint Valentin en respectant ce jour de jeûne et d’abstinence ? Nous pouvons aussi y voir une formidable occasion de fêter l’amour d’une manière neuve !

En effet, le carême résonne souvent en nous comme une période d’efforts, de privations. Nous risquons de l’aborder avec lourdeur et de le rendre indigeste ! Nous risquons d’être découragés avant la fin de semaine ! Et si nous abordions, vivions le carême comme quarante jours de saint Valentin ? Oui, la finalité du Carême est d’apprendre à mieux aimer ! Il est donc primordial de se demander : qu’est-ce qui va me permettre de mieux aimer ? qu’est-ce qui va me permettre d’être aimable, de mieux me laisser aimer ? Il est là l’appel que nous allons entendre dans quelques instants en recevant les cendres sur notre front : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Le carême n’est rien d’autre que de convertir notre façon d’aimer et d’être aimé pour mieux aimer et être aimé ! La source de cet amour, nous la trouvons dans l’Évangile. C’est là qu’il nous faut chercher !

Le passage de l’Évangile que nous venons d’entendre nous donne trois conseils pour convertir notre amour : l’aumône, la prière et le jeûne. Ces trois conseils sont là pour nous aider, nous apprendre à mieux aimer.

En tout premier, le jeûne : celui-ci me permet de faire de la place pour Dieu. Il nous permet de reconnaître que Dieu est l’unique nécessaire de notre vie. Ainsi, par la place que je vais faire en me privant de ce qui encombre ma vie, que ce soit la nourriture, la télévision, l’ordinateur, le téléphone, la console de jeux, ou que ce soit le bruit, je vais créer en moi un désir, un immense désir. Je vais découvrir que cet espace libéré dans ma vie, m’appelle à plus grand, nous invite à accueillir une présence qui est là : Dieu lui-même or Dieu est amour !

Le jeûne va créer en moi, va m’inviter à prendre le temps de cette rencontre personnelle avec Dieu, dans la prière, dans la lecture et la méditation de sa Parole, dans la vie sacramentelle… Dans le jeûne et la prière, je vais découvrir que je suis aimé, aimé infiniment par Dieu. Il est là, il m’attend ! Je n’ai qu’à pousser la porte de mon cœur pour le trouver.

Disponible à cet amour, découvrant l’immensité de cet amour inconditionnel, comment alors ne pas avoir envie de le partager, de le dire au monde ? Du jeûne et de la prière, nait le partage. Cet amour que je reçois est doublement reçu dans la mesure où je le partage, dans la mesure où je le vis, moi aussi à la manière du Christ : en donnant ma propre vie pour les autres. Le don de soi fait grandir l’amour des plus petits, des plus pauvres mais il faut aussi grandir ma capacité d’amour.

Alors, chaque jour de ce temps du carême, posons-nous la question : aujourd’hui, qu’est-ce qui va me permettre de mieux aimer ? Qu’est-ce qui va me permettre de mieux me laisser aimer ? Posons-nous chaque jour ces deux questions. Et gardons les yeux fixés sur le terme du carême : la fête de Pâques. La mort et la résurrection de Jésus sont la plus grande preuve d’amour que Dieu nous donne. Par cet évènement, Dieu nous dit, nous clame tout l’amour qu’il a pour nous, qu’il a pour l’humanité. Notre capacité d’amour se développera en fonction de notre capacité à accueillir cette Bonne Nouvelle.

L’amour est un combat ! Vivons-le avec les armes du jeûne, de la prière et du partage ! Bon et saint carême !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.