Durant ce temps du Carême, nous continuons à découvrir les lieux de la rencontre avec Dieu. Lors du premier dimanche nous sommes allés au désert avec Jésus. Dimanche dernier nous sommes montés sur la montagne. Cette semaine, nous voici au Temple.

Dans l’Ancien Testament, le Temple est le lieu de la rencontre avec Dieu et le lieu du rassemblement des tribus. Ce lieu de rencontre, Jésus vient le secouer en y chassant les marchands de bœufs, de brebis et de colombes ainsi que les changeurs. Jésus vient mettre un grand coup de pied dans l’espace économique, mercantile qui s’est développé dans ce lieu sacré, c’est-à-dire dans ce lieu de la rencontre entre le divin et l’humain, entre le Ciel et la terre. Dans le Temple, il y a une dimension verticale et une dimension horizontale.

C’est en ce lieu que Jésus vient faire le ménage et y révéler une donnée nouvelle: le véritable Sanctuaire, c’est Lui: «Il parlait du sanctuaire de son corps.» écrit l’évangéliste Jean (Jean 2,21). C’est en Lui que nous pouvons faire l’expérience authentique de la rencontre avec Dieu et c’est en Lui que nous pouvons faire également une véritable expérience de fraternité. 

La rencontre de Dieu et l’expérience du frère sont les deux grandes aspirations qui traversent l’histoire de l’humanité, l’histoire biblique. Ce désir de la rencontre de Dieu habite le cœur des Apôtres. C’est ainsi que Philippe demande à Jésus: «Seigneur, montre-nous le Père.» (Jean 14,8) et que Jésus lui répond: «Celui qui m’a vu a vu le Père.» (Jean 14,9). De même l’expérience du frère et d’une vie sans dissensions, sans conflit est inscrite au cœur de notre humanité. Seul le Christ nous permettra de vivre cette fraternité. Il nous apprend à nous reconnaître enfant d’un même Père en nous apprenant à prier le Notre Père.

De plus, par le baptême, nous sommes incorporés à ce Sanctuaire qu’est le Christ. Au baptême, nous devenons membre du Corps du Christ qu’est l’Eglise. Ainsi, ce Sanctuaire c’est nous. Nous sommes également le lieu de la rencontre avec le Père. Notre corps, notre vie est sanstuaire de Dieu. Qu’ai-je fais de ce Sanctuaire? Il est peut être l’heure de laisser Jésus y chasser les marchands du Sanctuaire et d’y renverser la monnaie des changeurs. Il faut que nous laissions Jésus lui-même purifier le culte que nous rendons à Dieu par notre vie. Il connaît ce qu’il y a dans l’homme (cf. Jean 2,25) et c’est pour cela qu’il nous est bon d’écouter à nouveau ces dix paroles de vie que Dieu prononce au Sinaï (cf. la première lecture: Exode 20,1-17)

La maison de Dieu, le Sanctuaire de Dieu, c’est l’Homme alors ne faisons la vie un commerce. N’appauvrissons pas nos vies en les pliant aux lois de l’économie et de la finance. Ne vendons pas la dignité humaine, respectons cette dignité de sa conception à sa mort naturelle. Ne vendons pas la liberté et la vérité en échange de quelque chose. Ne vendons pas notre cœur en réduisant nos rêves à de l’or et de l’argent. Ne vendons pas notre cœur!

Le Sanctuaire de Dieu qu’est la personne humaine est un sanctuaire fragile mais c’est un sanctuaire d’une incomparable beauté car il est capable de recevoir l’amour de Dieu, il est capable de faire l’expérience de l’amour de Dieu. Pour faire cette expérience, à la suite du Christ, chassons de nos vies les marchands et les changeurs qui souillent ce Sanctuaire. Chassons-les par le jeûne, la prière et le partage, la fraternité. En ce temps de Carême, demandons au Christ qu’il nous aide à purifier le Sanctuaire de notre vie pour y accueillir la lumière de Pâques, pour y accueillir l’amour et la vie du Christ ressuscité. Amen.

Homélie pour le troisième dimanche de Carême – Année B

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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