P1090219En cet après-midi du 26 août 1346, alors que les deux forces armées en présence s’apprêtent à livrer bataille et que la tension est à son comble, nous pouvons être surs qu’au fond d’eux-mêmes, les soldats sont habités par cette question: vont-ils être sauvé? Vont-ils sortir vainqueur de la bataille?

C’est cette même question du salut qui habite l’interlocuteur de Jésus, dans l’évangile que nous venons d’entendre. «Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés?» (Luc 13,23). La réponse que fait Jésus ne concerne pas le nombre des sauvés. Il adresse une exhortation énergique au combat: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite…» (Luc 13,24)

Mais avant de décliner le plan de bataille, il nous est nécessaire de répondre à la question: de quoi sommes-nous sauvés? Qu’est-ce que le Salut? Le Salut est la libération de trois servitudes qui touchent l’humanité: la mort, la solitude et le péché. Cette libération nous est apportée par une personne: Jésus-Christ. Vrai Dieu et vrai homme, par sa mort sur la Croix et sa Résurrection, Jésus brise nos servitudes et nous appelle à l’éternité, la communion et la sainteté.

Tous nous sommes «appelés au salut, même ceux qui n’ont pas eu l’occasion de découvrir vraiment le Christ et la foi, mais qui cherchent Dieu d’un coeur honnête et qui mène une vie en conformité avec leur conscience.» (Youcat n°199)

Ce Salut, si il nous est offert par Dieu, il faut nous mettre en état de le recevoir, d’où l’encouragement de Jésus: «Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite…». Nous avons un combat à vivre pour l’obtenir: il faut être courageux, fidèles et agir conformément à la volonté de Dieu. Nous pouvons alors entendre les conseils que saint Paul donne aux Éphésiens: «Tenez donc, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’arrêter toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu.» (Éphésiens 6,14-17)

Pour vivre le combat de la foi, de notre vie avec Jésus-Christ, écoutons également ce que nous dit l’auteur de l’épître aux Hébreux, entendu dans la deuxième lecture: «N’oubliez pas cette parole de réconfort, qui vous est adressée comme à des fils: Mon fils ne néglige pas les leçons du Seigneur, ne te décourage pas quand il te fait des reproches.» (Hébreux 12,5) Et si il en est un qui a donné de précieux conseils à son fils pour vivre sa foi chrétien, c’est saint Louis! Voici quelques extraits du son testament à destination de son fils Philippe.

En premier lieu, saint Louis conseille la prière: «Cher fils, je t’enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir.» (…) «Si Notre Seigneur t’envoie prospérité, santé de corps ou autre chose, tu dois l’en remercier humblement et puis prendre garde qu’à cause de cela il ne t’arrive pas de malheur causé par orgueil ou par une autre faute, car c’est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.» (…) «Cher fils, je t’enseigne que tu entendes volontiers le service de la sainte Eglise, et quand tu seras à l’église garde-toi de perdre ton temps et de parler vaines paroles. Dis tes oraisons avec recueillement ou par bouche ou de pensée, et spécialement sois plus recueilli et plus attentif à l’oraison pendant que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ sera présent à la messe et puis aussi pendant un petit moment avant.»

Dans un deuxième temps, saint Louis enseigne à son fils l’amour des autres: «Cher fils, je t’enseigne que tu aies le cœur compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considèreras comme souffrant ou de cœur ou de corps , et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d’aumônes.» (…) «Cher fils, recherche volontiers la compagnie des bonnes gens, soit des religieux, soit des laïcs, et évite la compagnie des mauvais. Parle volontiers avec les bons, et écoute volontiers parler de Notre Seigneur en sermons et en privé. Achète volontiers des indulgences. Aime le bien en autrui et hais le mal.»

Et il termine ce testament à son fils par des conseils sur la façon de se comporter comme fils, comme frère et comme roi.

Puissions-nous retenir ceci de l’enseignement de la Parole de Dieu de ce jour: Dieu appelle toutes l’humanité à vivre avec lui mais il n’y a aucune situation acquise. Chacun doit s’efforcer de passer par la porte étroite du renoncement et du don de soi. Avec sagesse, il nous faut écouter l’enseignement de la Parole de Dieu qui nous enseigne comme un père le fait avec son fils. Demandons au Seigneur de savoir accueillir son enseignement et d’y conformer notre vie, il en va de notre bonheur. Amen.

Homélie pour le 21ème dimanche ordinaire – Année C – fête de la Saint Louis

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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