Dans les campagnes de publicité, nous sommes facilement aguicher par le fait que nous pouvons avoir deux produits pour le prix d’un. Dans la liturgie de ce dimanche, deux questions nous interpellent: «Pour moi, qui est Jésus de Nazareth?» et «Ta foi se traduit-elle ou non en œuvre?»

Nous l’avons entendu dans l’évangile, à la question de Jésus: «Et vous, que dites-vous? Pour vous qui suis-je?» (Marc 8,29) la réponse de Pierre fuse: «Tu es le Messie.» (Marc 8,29) Et moi, quelle est ma réponse? Elle n’est peut être pas aussi rapide que celle de Pierre; peut être un peu balbutiante… qu’importe! Pour les contemporains du Christ, la réponse non plus n’était pas évidente. Pour certains, il était «Jean-Baptiste, pour d’autres, Élie; pour d’autres, un des prophètes.» (Marc 8,28) Seul Pierre et les disciples professent que Jésus est le Messie.

Que signifie cette réponse de Pierre? Le Messie est le consacré de Dieu, envoyé pour sauver son peuple. Alors bien sur, dans un pays occupé, ce messie est celui qui va chasser l’occupant, rendre la liberté au peuple. Mais nous le savons bien, cette vision politique du messie, n’est pas la réponse que Jésus va donner. C’est ainsi qu’il explique à Pierre et aux disciples la façon dont il va être le Messie: par sa mort et sa résurrection. Chose que l’intelligence du brave saint Pierre ne peut comprendre à ce moment-là.

L’apôtre Pierre a perçu quelque chose du Mystère de Jésus mais il n’a pas encore pénétrer dans les profondeurs de ce mystère. Ce n’est que plus tard qu’il entrera dans cette compréhension et que sa foi grandira encore. Pour cela, il lui faut encore vivre en compagnie de Jésus, être son compagnon de route. Il ne suffit pas de croire que Jésus est le Messie, qu’il est Dieu. Mû par l’amour, il faut suivre Jésus sur la route de la croix: «Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.» (Marc 8,34) Jésus ne nous enseigne pas une philosophie mais il nous montre la route qui conduit à la vie. La vie de disciple n’est pas un long fleuve tranquille!

Cette vie du disciple nous la retrouvons dans la question posée par l’épitre de saint Jacques: «Ta foi se traduit-elle ou non en œuvre?» Être disciple de Jésus, c’est aussi mouiller sa chemise! Il faut prendre la route de Jésus, le chemin d’une vie totalement donnée par amour pour les hommes et pour le monde. Je ne peux aimer Dieu, me dire chrétien si je n’entre pas dans la dynamique de l’amour du prochain. Je peux pas être disciple du Christ si je n’aime pas celles et ceux qui m’entourent!

Foi et vie doivent être en parfaite concordance. Ce que nous célébrons le dimanche doit être le moteur de mon action, de ma vie pour chaque événement de la semaine à venir. Notre profession de foi ne peut pas rester que paroles ou ébahissement sentimental. Elle doit se traduire en actes, dans la réalité de nos vies quotidiennes. C’est bien ce que nous avons demandé à Dieu dans la prière d’ouverture de cette messe: «Dieu créateur et maître de toutes choses, regarde-nous, et pour que nous ressentions l’effet de ton amour, accorde-nous de te servir avec un cœur sans partage.» (Oraison du 24ème dimanche ordinaire)

Dans cette prière, nous faisons un acte de foi: «Dieu créateur et maître de toutes choses, regarde-nous…» et nous lui adressons une demande pour que notre agir, notre vie quotidienne soit en adéquation avec notre foi: «pour que nous ressentions l’effet de ton amour, accorde-nous de te servir avec un cœur sans partage.»

Dans la liturgie de ce dimanche nous demandons donc un engagement fort comme chrétien. Tout d’abord, nous sommes invités à dire et à redire qui est pour nous Jésus. Comme pour Pierre, la réponse peut jaillir de mon cœur par un cri de l’Esprit Saint… mais elle naitra surtout de l’écoute que nous aurons les uns des autres sur cette réponse que nous sommes tous invités à donner. Cette réponse naîtra de notre prière qui sera le moteur de notre action et qui permettra de mettre notre foi en œuvre.

Puissions-nous, à la suite des lectures de ce dimanche, prendre le temps de la prière laisser émerger de notre cœur une réponse à la question: «Pour moi, qui est Jésus?»… et avoir l’audace d’en témoigner ouvertement autour de nous en mettant en œuvre notre foi. Prière et action, l’un ne va pas sans l’autre. Beau programme pour cette année qui s’annonce! Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

0 réponse pour “« Pour vous, qui suis-je? »”

Laisser un commentaire