Homélie pour le 2ème dimanche de l'Avent - Année C

"Préparez le chemin du Seigneur..."

La Parole de Dieu

Baruch 5,1-9
Psaume 126(125)
Philippiens 1,4-6.8-11
Luc 3,1-6

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« Préparez le chemin du Seigneur… »(Luc 3,4) Telle est l’invitation que crie Jean le Baptiste à qui veut l’entendre. Cette invitation nous est adressée. Il nous faut préparer le chemin du Seigneur : dans notre vie personnelle mais aussi au cœur du monde.

C’est un vaste chantier, digne d’une véritable entreprise de travaux publics. Nous ne pouvons pas nous dérober vivre ce chantier. Il nous suffit d’être attentif à l’actualité pour se rendre compte que le cri qui monte du peuple est le cri de quelqu’un qui ne sait plus où il est, qui a perdu le sens de la vie. Chrétien, disciples du Christ, il nous incombe de retrousser nos manches pour préparer le chemin du Seigneur. Oui, nous avons à travailler pour que nos contemporains puissent retrouver le chemin qui conduit au Père, par une rencontre avec le Christ.

Comment mener à bien ce travail ? Écoutons les conseils de saint Paul aux Philippiens. Il invite à la prière. Il réalise cette invitation en décrivant sa propre prière. Cela est riche d’enseignements pour nous.

« Chaque fois que je prie pour vous tous,écrit-il, c’est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi (…) pour l’annonce de l’Évangile. »(Philippiens 1,4-5) Ma prière n’est pas que pour moi. Elle est pour tous. Elle est pour celles et ceux avec qui je suis en communion pour une œuvre commune : l’annonce de l’Évangile. Cela a donc une implication directe sur la communauté rassemblée ce matin. Je ne viens pas à ma messe pour avoir ma communion ! Ma prière porte celles et ceux qui sont présents ici… et ailleurs rassemblé pour célébrer l’Eucharistie. Aussi, ai-je pris le temps de regarder, d’accueillir celles et ceux qui sont rassemblés avec moi pour cette Eucharistie ? Prenons maintenant le temps de nous tourner vers les autres, de les regarder et intérieurement de les accueillir dans ma prière. Pour chaque personne que je vois, je peux dire, au fond de mon cœur : « Merci Seigneur pour sa présence ! Je te confie ses intentions de prière. »et cela, même si je ne la connais pas. Regardons-nous les uns les autres et accueillons-nous en silence dans la prière. N’ayons pas peur de le faire, l’Esprit-Saint a déjà commencé cette action en nous ! Mettons-la simplement en œuvre concrètement !

Le deuxième enseignement de saint Paul est sa demande : « Dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. »(Philippiens 1,9) Tout d’abord, il n’y a pas de prière sans amour ! Celui-ci est premier ! C’est lui qui nous fait progresser dans la connaissance.

La connaissance dont parle Paul n’est pas qu’une connaissance intellectuelle. Elle est une connaissance supérieure à l’intelligence. Elle est une connaissance d’amour, une connaissance par le cœur, par la foi. Elle se vit avec l’intelligence certes, mais aussi par l’ensemble de mon être. De même pour la clairvoyance : il ne s’agit pas d’un raisonnement intellectuel. Il s’agit de voir avec les yeux du cœur, les yeux de la foi.

La demande de notre prière doit donc être de faire grandir notre connaissance et la clairvoyance du Christ afin de découvrir, dans l’Esprit-Saint, qui est le Père. Cette prière me fait découvrir que je ne suis pas seul sur le chemin : si je me reçois de Dieu et que je marche vers Lui, c’est en enfant de Dieu que je le fais. C’est dans cette réalité que mon histoire personnelle trouve son sens. C’est dans cette réalité que l’histoire humaine trouve son sens.

Dans le monde d’aujourd’hui, qui est devenu sourd à la paternité de Dieu, chrétiens, il nous faut retrouver le chemin de la fraternité pour redire la paternité de Dieu. C’est la seule manière de préparer le chemin du Seigneur pour que notre monde retrouve unité et espérance.

Cette fraternité se vit petit geste après petit geste. Elle n’est pas une utopie hors de notre portée. Pour le découvrir, je vous invite donc à un petit geste concret : je vous propose de confier, maintenant, à votre voisin ou à quelqu’un que vous connaissez moins, une intention de prière que vous voulez qu’il porte avec vous au cœur de cette Eucharistie et tout au long de cette semaine…

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