Avez-vous prêté attention aux paroles du psaume? Elles sont magnifiques et donnent un élan à ce que nous allons vivre ces jours qui précèdent la fête de Pâques: le sacrement du pardon et de la réconciliation.
La vie, que nous avons reçue de Dieu au baptême, nous la portons «dans des vases d’argile» (2 Corinthiens 4,7). Cette vie est fragile car elle est encore soumis à la tentation, à la souffrance, à la mort et à cause du péché, nous pouvons même la perdre! Mais, comme nous l’avons chanté dans le psaume: près du Seigneur se trouve le pardon. (Cf. psaume 129(130),4)
Le péché est une mort, une mort à la vie de la grâce de Dieu en nous. Le Seigneur Jésus est venu pour nous relever de cette mort. Il vient nous faire sortir du tombeau dans lequel nous enferme le péché. Pour cela, il a confié à l’Église cette belle mission à travers le sacrement de la réconciliation. Cette mission s’enracine dans le mystère pascal lui-même: le soir de Pâques, Jésus apparait à ses disciples enfermés dans le Cénacle et il leurs dit: «La paix soit avec vous! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» Puis il souffle sur eux et ajoute: «Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis.» (Jean 20,21-23)
Qu’est-ce que cela veut dire? Écoutons le pape François lors de sa catéchèse sur le sacrement de la réconciliation: «Ce passage nous révèle la dynamique la plus profonde qui est contenue dans ce sacrement. Tout d’abord le fait que le pardon de nos péchés n’est pas quelque chose que nous pouvons nous donner nous-mêmes. Moi, je ne peux pas dire : je me pardonne mes péchés. Le pardon se demande, il se demande à un autre et dans la confession nous demandons le pardon à Jésus. Le pardon n’est pas le fruit de nos efforts, mais c’est un cadeau, c’est un don de l’Esprit Saint, qui nous comble de la fontaine de miséricorde et de grâce qui jaillit sans cesse du cœur grand ouvert du Christ crucifié et ressuscité. En second lieu, il nous rappelle que ce n’est que si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur Jésus avec le Père et avec nos frères que nous pouvons être vraiment dans la paix. Et cela, nous l’avons tous ressenti dans le cœur quand nous allons nous confesser, avec un poids sur l’âme, un peu de tristesse ; et quand nous recevons le pardon de Jésus nous sommes en paix, avec cette paix de l’âme si belle que seul Jésus peut donner, seulement Lui.» (Pape François, audience du 19 février 2014)
Oui, mais pourquoi faut-il aller trouver le prêtre? Pourquoi n’est-ce pas suffisant de demander pardon au Seigneur dans son cœur? Ecoutons encore le Saint-Père: «Dans la célébration de ce sacrement, le prêtre ne représente pas seulement Dieu, mais toute la communauté, qui se reconnaît dans la fragilité de chacun de ses membres, qui écoute avec émotion son repentir, qui se réconcilie avec lui, qui le réconforte et l’accompagne sur le chemin de conversion et de maturation humaine et chrétienne. Quelqu’un peut dire : je ne me confesse qu’à Dieu. Oui, tu peux dire à Dieu « pardonne-moi », et dire tes péchés, mais nos péchés sont aussi contre nos frères, contre l’Église. C’est pourquoi il est nécessaire de demander pardon à l’Église, à nos frères, en la personne du prêtre.» (Ibid.)
D’expérience, nous ne sommes jamais très glorieux d’aller voir le prêtre: que va-t-il penser? quelle image va-t-il avoir de moi? Rassurez-vous le prêtre n’est pas meilleur que vous. Moi aussi j’ai besoin d’aller trouver un prêtre pour me confesser. Moi aussi, j’ai honte quand je vais me confesser. Mais avec vous, j’entends les paroles du pape qui nous encourage: «La honte aussi est une bonne chose, il est bon d’avoir un peu honte, car avoir honte est salutaire. […] Mais la honte aussi fait du bien, parce qu’elle nous rend plus humbles, et le prêtre reçoit avec amour et avec tendresse cette confession et, au nom de Dieu, il pardonne. Également du point de vue humain, pour se libérer, il est bon de parler avec son frère et de dire au prêtre ces choses, qui sont si lourdes dans mon cœur. Et la personne sent qu’elle se libère devant Dieu, avec l’Église, avec son frère. Il ne faut pas avoir peur de la confession! Quand quelqu’un fait la queue pour se confesser, il ressent toutes ces choses, même la honte, mais ensuite quand la confession se termine, il sort libre, grand, beau, pardonné, blanc, heureux. C’est ce qui est beau dans la confession!» (Ibid.)
Alors, frères et sœurs, comme une mère, l’Église nous propose de vivre ce beau sacrement de la réconciliation avant Pâques… courrons-y! Nous y entendrons Jésus crier «Lazare, sors de ton tombeau!» Et le cœur habité de confiance, d’amour, de crainte du Seigneur pour employer le vocabulaire de la bible, nous chanterons: «Près de toi se trouve le pardon […] J’espère le Seigneur de toute mon âme; je l’espère, et j’attends sa parole. […] Oui, près du Seigneur, est l’amour; près de lui, abonde le rachat.» (Psaume 129(130), 4.5.7) Amen.

Homélie pour le 5ème dimanche de Carême – Année A

Je suis prêtre de l’Église Catholique, au service de l’Église qui est dans la Somme, membre de l’Institut Notre Dame de Vie. Actuellement, ma mission principale est d’être vicaire épiscopal, curé des quatre paroisses du Ponthieu-Marquenterre (St Esprit en Marquenterre, St Gilles d’Autre-Maye, St Honoré du Nouvionnais, St Riquier du Haut-Clocher), délégué épiscopal à l’accompagnement des séminaristes.

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