Sainte Famille

Sainte FamilleIl court, il court l’être humain à la recherche du bonheur perdu… En cette nuit souffle un vent de fête, un vent de folie: « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Isaïe 9,1) « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » (Tite 2,11)… mais ceux qui ont reçu l’annonce de cette incroyable source de joie ne sont pas ceux qui étaient au chaud dans les auberges de Bethléem. C’est à des bergers, tenus pour SDF ou voleurs, qu’est parvenue la nouvelle: « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. » (Luc 2,11)

Quelle est cette lumière? Quel est ce salut? Qui est ce Sauveur? Un enfant! Un nouveau-né! « Un fils nous a été donné »! (Isaïe 9,5) Et ce fils, c’est Dieu lui-même. Il a pour nom: « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » (Isaïe 9,5). Cette grâce qui nous est faite, « nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnable, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ… » (Tite 2,12-13)

Mais pourquoi un enfant? Pourquoi « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire »? (Luc 2,12) Pourquoi Dieu s’est-il fait homme dans de telles conditions? Simplement pour cette incroyable nouvelle: « Dieu s’est donné »! (Tite 2,14) Réalisons-nous cela? Dieu s’est donné. Il s’est donné dans un petit enfant, né pauvrement dans une étable pour que nous puissions nous approcher de lui sans crainte, sans peur. Dieu s’est donné dans ce nouveau-né pour que chacun puisse le recevoir dans le creux de ses mains! La force de Dieu, la puissance de Dieu est de se faire petit pour qu’en tendant les mains vers lui, je puisse le recevoir, l’accueillir au creux de ma vie.

Tout homme, toute femme, courbé sous le poids du joug, meurtri par la peine, ne peut que se redresser quand il accueille, dans ses mains, le fruit de l’amour. Tout homme, toute femme est désarmé devant la faiblesse d’un nouveau-né qui demande sa protection. Ainsi, Dieu, en se faisant petit enfant, vient redresser les accablés et désarmer les puissants.

Non, frères et soeurs, cette nuit ce n’est pas un beau conte de Noël, une belle histoire destinée à attendrir nos coeurs endurcis que nous venons entendre. Nous venons célébrer la nouvelle la plus inouïe de toute l’histoire de l’humanité: Dieu se donne dans la faiblesse d’un nouveau-né pour que je puisse laisser mon coeur déborder par cet amour que je reçois.

Je suis toujours émerveillé de l’attention que nous portons à un nouveau-né. L’oreille toujours en alerte pour entendre le moindre pleur, le moindre cri, et essayer d’interpréter celui-ci: est-ce la faim, la souffrance, la fatigue…? Le sourire toujours aux lèvres et l’émotion au coin de l’oeil quand nous contemplons le sourire qui éclaire son jeune visage et le joie qui en émane.

Noël, c’est Dieu qui se donne dans la faiblesse d’un nouveau-né. Alors la joie peut éclairer ma vie car dans ce nouveau-né emmailloté à la crèche, Dieu me sourit. Dans la faiblesse de cet enfant, Dieu vient habiter le cri de mes peurs, de mes souffrances, de mes joies… Dieu se donne! Mais cet enfant demande aussi, que chaque jour, je prenne soin de lui, que je lui donne l’amour nécessaire pour qu’il puisse grandir.

Dans le silence de cette nuit, n’ayons pas peur! N’ayons pas peur d’accueillir cet enfant. N’ayons pas peur d’accueillir Dieu qui se donne, Dieu avec nous, l’Emmanuel. N’ayons pas peur de lui donner notre amour pour qu’il grandisse en nos vies. Noël, c’est chaque jour de ma vie où j’accueille Dieu qui se donne et où je lui donne mon amour.

Oui, aujourd’hui, comme chaque jour de ma vie, « je vous annonce une grande joie. Aujourd’hui nous est né un Sauveur: c’est le Messie, le Seigneur! » (Luc 2,10-11) Amen.

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