La vie de ce bourg, aux ruelles tortueuses et aux modestes maisons entassées les unes sur les autres dans un désordre légendaire, Capharnaüm semble loin de l’agitation d’une grande ville. C’est une bourgade de pêcheurs à la frontière entre le monde juif et le monde païen. C’est là, dans ce lieu de brassage où le pur et l’impur se rencontrent. C’est là dans ce lieu de rencontre que vivent tranquillement des pêcheurs. Jour après jour, dans la routine du quotidien, ces pêcheurs accomplissent tout bonnement leur travail: la barque, les filets, les gestes simples mille fois répétés.

C’est là, dans ce quotidien, que va se produire un événement apparemment anodin et qui va changer la face du monde: «le peuple qui habitait dans les ténèbres à vu se lever une grande lumière.» (Matthieu 4,16) Et pourtant, à première vue, cette lumière n’a rien d’éblouissant. Jésus se met juste à proclamer: «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.» (Matthieu 4,17) et à interpeller quatre pauvres pêcheurs tranquillement en train de travailler. Et ces hommes, Simon-Pierre, André, Jacques et Jean, laissent tout: leurs filets, leur barque et leur père, et suivent Jésus.

Cette décision peut nous paraître un peu folle. Ils partent suivre un inconnu. Tout au plus l’avaient-ils entendu proclamer l’appel à la conversion… et pourtant leur vie s’en est trouvée illuminée. «Une lumière s’est levée.» (Matthieu 4,16)

Il en est de même pour nous. Jésus passe dans nos vies et il nous interpelle. Son interpellation se manifestera de façon différente en fonction de chacun. Mais ce qui est sur, c’est que Jésus passe dans la vie de tout homme, de toute femme et il nous interpelle.

Personnellement, je me souviendrais toujours de ce jour, où dans la grisaille de ma vie étudiante, alors que je cherchais encore quel sens donner à ma vie, l’appel du Christ c’est fait entendre. Et le fait de consentir à entendre cet appel, ce «Viens, suis-moi» a fait lever dans ma vie une grande lumière. Avec Jésus, l’avenir a un sens, une grande lumière éclaire le chemin.

Marcher avec le Christ ce n’est pas: ne plus rencontrer d’obstacles, ne plus se trouver confronté à des difficultés. Non. Accueillir l’appel du Christ à le suivre c’est tout simplement découvrir qu’avec lui tout est possible. C’est découvrir que Jésus va donner sens et force à ce que nous vivons, ce qui est ténèbres en nos vies, il vient l’éclairer de sa lumière.

Chacun rencontre le Christ qui passe au bord du lac de sa vie. Il nous appelle à le suivre, à devenir ses disciples à travers des appels différents les uns des autres… mais le Christ nous appelle! Avec confiance, lâchons ce qui nous préoccupe pour nous tourner vers Celui qui est la lumière qui éclaire toute vie.

En ce dimanche où nous entendons dans l’Evangile l’appel des quatre premiers disciples, prions pour ceux que le Seigneur appelle au service dans une vocation particulière. Prions spécialement pour ceux qu’il appelle à le servir comme prêtre. Que par leur « oui », il découvre la joie d’entrer dans une intimité plus profonde avec le Christ… joie qui comble largement toute une vie! Amen.

Homélie pour le 3ème dimanche ordinaire – Année A

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