Le désert, la montagne… décidément, le Christ nous fait voyager durant ce temps de Carême! Après les tentations au désert la semaine passée, aujourd’hui, il nous « emmène à l’écart, sur une haute montagne. » (Matthieu 17,1) Mais Jésus n’est pas le manager d’une agence de voyage… si nous faisons un tel parcours avec lui, c’est parce qu’il a quelque chose à nous révéler.

Et c’est peut être saint Paul qui exprime le mieux, dans la seconde lecture, ce que nous révèle le Christ: « Dieu nous a sauvés, et il nous a donné une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. » (2 Timothée 1,9)

« Dieu nous a sauvés. » Voilà la Bonne Nouvelle, voilà l’Évangile. Mais qu’est-ce que cela veut dire? Dans la Bible, le mot sauver signifie libérer. Et de quoi nous a-t-il libéré? De l’esclavage. Dieu libère son peuple de l’esclavage politique qu’est la servitude en Egypte ou l’exil à Babylone. A chacune de ces libérations, Israël a reconnu l’œuvre de Dieu. Dieu libère son peuple de l’esclavage social en lui donnant la Loi qui appelle à la conversion des cœurs pour que tous puissent vivre dignement et librement. Dieu nous libère de l’esclavage religieux en chassant toute forme d’idolâtrie de nos vies. Dieu nous libère enfin de l’esclavage de la mort en se faisant l’un de nous en Jésus et en acceptant de mourir sur la Croix. Notre mort physique n’est plus maintenant qu’un passage vers l’au-delà où brille la lumière de Dieu.

Le projet de Dieu est donc de nous libérer de toutes formes d’esclavage. Sa grâce nous est donnée par l’Incarnation de Jésus: «elle est devenue visible à nos yeux, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté en détruisant la mort, et en faisant resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile.» (2 Timothée 1,10)

« Dieu nous a sauvés ». C’est fait! C’est passé, c’est acquis mais en même temps pour que tout être humain entre dans ce salut, il faut que l’Évangile lui soit annoncé. Et cette annonce, aujourd’hui, c’est notre « vocation sainte » (2 Timothée 1,9). Dieu nous confie cette mission. Son projet ne se réalise pas sans nous! Il attend une collaboration active de notre part. C’est bien l’encouragement que ne cesse de nous adresser le pape François depuis le 13 mars 2013, jour de son élection au siège de Pierre: aller dans les périphéries, là où se vivent toutes formes d’esclavage, pour y annoncer la Bonne Nouvelle, pour y manifester le Salut de Dieu.

Pour vivre cette « vocation sainte », nous devons, avec Pierre, Jacques et Jean, nous laisser conduire par le Christ sur la montagne de la Transfiguration. Demandons avec confiance à Jésus d’entrer dans l’intimité de sa prière et de pouvoir nourrir notre propre prière d’une rencontre avec la Parole de Dieu, avec la Loi et des Prophètes que représentent Moïse et Élie. C’est dans ce cœur à cœur de la prière que nous découvrirons, nous aussi, notre véritable identité d’enfant de Dieu. Dans l’oraison, Dieu nous permettra de pénétrer dans la « nuée lumineuse » (Matthieu 17,5) de sa présence.

Alors que nous nous préparons à faire mémoire du Salut que Dieu nous a offert en célébrant Pâques, regardons, dans notre vie de tous les jours comment nous pouvons prendre du temps pour rencontrer Dieu dans le silence de la prière. Et demandons-lui sa force pour pouvoir prendre une part active dans l’annonce de l’Évangile. Que la force soit avec toi! Amen.

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