Homélie pour la solennité de l'Assomption

Que ma bouche chante ta louange !

La Parole de Dieu:

Apocalypse 11,19a.12,1-6a.10ab
Psaume 45(44)
1 Corinthiens 15,20-26
Luc 1,39-56

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Aujourd’hui, avec toute l’Église, nous sommes dans la joie. La bienheureuse Vierge Marie, au soir de sa vie sur terre, est montée au ciel corps et âme sans connaitre la corruption de la mort. Elle entre dans la gloire de son Fils.

A cette occasion, la liturgie nous donne d’entendre un passage de l’évangile qui se situe au début de celui-ci : la visitation de Marie à sa cousine Élisabeth. Lors de la rencontre de ces deux femmes, l’Esprit-Saint a fait tressaillir les enfants qu’elles portaient en leur sein. De ce tressaillement de l’Esprit Saint, il monte du cœur et des lèvres de la Vierge Marie cette belle prière du Magnificat.

Cette prière est une louange faite à Dieu. Marie y reconnait les merveilles que Dieu fait dans sa vie. Elle y reconnait aussi les merveilles que Dieu fait au milieu de son peuple. Elle reconnait les merveilles déjà accomplies mais aussi celles encore à venir. La louange exprime un véritable acte de foi et une confiance en Dieu : celui-ci ne peut que réaliser, accomplir sa promesse.

Marie fait monter sa louange sans connaitre le chemin que lui fera emprunter le « oui » qu’elle a dit à Dieu. Elle est choisie de Dieu, comblée de grâce. Elle va devenir mère, la mère du Messie… et pourtant ce chemin ne sera pas sans embuches. Elle va connaitre un accouchement dans la précarité. Elle va connaitre la condition des réfugiés devant immigrer en Égypte pour fuir la persécution. Elle va connaitre une vie cachée, très ordinaire à Nazareth où elle devra éduquer l’enfant Jésus. Elle va suivre ce Fils dans sa vie publique sans comprendre toujours ce qui lui arrive. Elle va voir son Fils accusé, condamné, mis à mort. Elle va le voir mourir dans des souffrances atroces sur la Croix. Elle sera comblée de joie quand celui-ci ressuscitera : Dieu a accompli sa promesse !

A travers tout cela, Marie fait monter sa louange. Non pas une louange béate mais une louange qui est confiance absolue en Dieu : il ne peut qu’accomplir sa promesse même si à l’instant je ne comprends pas tous les évènements, tout ce qui se passe… La louange est un chant de foi, d’amour et d’espérance. Elle est regard sur l’œuvre de Dieu dans vie et dans le monde. Elle expression de l’œuvre de Dieu à travers ce que je suis en train de vivre. La louange est le chant de la miséricorde de Dieu à l’œuvre au cœur du monde.

Aujourd’hui, à l’heure du changement, c’est une même louange que je souhaite voir monter de nos cœurs. Nous pouvons être triste de ces changements. Nous pouvons avoir des appréhensions : que va-t-il se passer ? Oui, mais cela doit être l’occasion d’une louange plus grande encore ! Regardons l’œuvre de Dieu durant ces années passées ensemble. Regardons ce que le Seigneur a accompli dans nos communautés ou ce qu’il est en train d’accomplir. Regardons comment il a manifesté sa miséricorde. Son action n’est peut-être pas dans des grandes choses révolutionnaires… elle s’exprime bien souvent par des petites touches d’amour tel un peintre impressionniste qui vient déposer sur sa toile une nouvelle touche de couleur ! Notre louange est action de grâce !

La louange est aussi une confiance en l’avenir : Dieu ne nous abandonne pas ! Il va réaliser, accomplir sa promesse. Et cette louange lui laisse un espace pour agir dans nos vies, dans nos communautés afin qu’il se révèle toujours plus à nous. La louange peut monter au cœur de la joie… mais elle peut monter aussi au cœur de l’épreuve car elle est reconnaissance que Dieu ne m’abandonne pas et qu’il est avec moi au cœur de celle-ci. Notre louange est acte de foi ! Notre louange est acte d’amour ! Notre louange est acte d’espérance !

Frères et sœurs, nous sommes rassemblés en ce lieu de pèlerinage pour célébrer ensemble l’Eucharistie, la louange par excellence… Nous le faisons pour ces sept années, en ce qui me concerne, et pour trois années en ce qui concerne le père Simon, passées au milieu de vous. Nous en faisons une louange, une action de grâce : d’une façon connue ou encore inconnue, Dieu a manifesté sa miséricorde. Pauvres instruments du Seigneur, nous avons d’une façon ou d’une autre, tous contribués à ce qu’il puisse manifester son amour. Si c’est en faisant miséricorde par notre péché ou nos manquements : béni soit-il ! Si c’est par notre docilité à sa Parole : béni soit-il ! Mais béni soit-il aussi pour ce qu’il réalisera encore à l’avenir au cœur de nos communautés et dans la vie de chacun.

A la suite de la Vierge Marie, redisons-lui simplement : « Que tout se passe pour nous selon ta parole. » (Cf. Luc 1,38) et continuons à chanter notre louange au Seigneur en unissant nos voix à celle de la Vierge Marie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. » (Luc 1,46-47) Là, nous accomplissons notre vocation d’enfant de Dieu. Nous réalisons ce pour quoi nous sommes créés : faire de nos vies, une louange, une action de grâce au Dieu Vivant qui ne cesse d’agir et de se révéler au cœur de nos vies, au cœur de notre monde. Là nous sommes déjà participant de la Gloire de Dieu. Que le Seigneur soit béni ! Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

Un commentaire sur “Que ma bouche chante ta louange !”

  • Ives très beau message sur la vraie louange mais aussi espoir dans le changement de l’église qui doit annoncer et montrer que notre pays notre Europe et tout ces pays sont d’origine Judéo Chrétienne et pas Islamique comme l’on peut le voir dans les rues nibab ou les super marchés rayons halal on peut être tolérant mais je crois que je serais tué si je vais en terre islamique avec un petit cochon tréve de plaisanterie bon ministère FX ambry

    eglis

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