Homélie pour le 30ème dimanche ordinaire de l'année A

Lectures de ce 30ème dimanche ordinaire de l’année A: Exode 22,20-26; Psaume 17; 1 Thessaloniciens 1,5c-10; Matthieu 22,34-40

« Quel est le grand commandement ? » (Matthieu 22,36)

 

Si je vous pose la question : combien y-a-t-il de commandements ? Il est fort probable que vous me répondiez dix ! Mais selon la tradition juive, il n’y a pas dix mais 613 commandements en plus de 365 interdictions et 248 prescriptions ! Cela éclaire donc la question des pharisiens qui espèrent mettre Jésus à l’épreuve : « Quel est le grand commandement ? »

Jésus répond à ses contradicteurs en citant l’Écriture. Il commence par citer ce verset du Deutéronome que le peuple Juif aime à garder en mémoire : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deutéronome 6,4-5) Pour le second commandement, que Jésus définit comme semblable au premier, il cite le livre du Lévitique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lévitique 19,18)

Avec ces deux commandements, Jésus nous livre un véritable programme de vie. Ces commandements ne viennent pas peser sur nos épaules comme un fardeau. Au contraire, ils sont un chemin de vie que le Seigneur ouvre devant nous. Ils sont le moyen pour que notre vie s’épanouisse pleinement.

Ces commandements trouvent un écho dans ce que saint Paul écrit aux Thessaloniciens (1 Thessaloniciens 5c-10). Dans ce texte, que nous venons d’entendre, Paul parle de cet amour qui provoque notre conversion. Il y décrit la dynamique de la conversion qui est un déploiement de l’amour pour Dieu et pour le prochain tout au long de notre vie.

Cette conversion est le résultat d’un témoignage : celui de Paul et de ses compagnons, auprès de la communauté de Thessalonique. « Vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. » (1 Thessaloniciens 1, 5c) Nous connaissons la fougue de Paul pour manifester son amour de Dieu et son amour du prochain. Cela n’a pas laissé indifférent les Thessaloniciens qui ont imité Paul et accueilli la Parole : « Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves, avec la joie de l’Esprit Saint. » (1 Thessaloniciens 1,6)

Il en est de même pour nous. Nous avons reçu le témoignage de témoins, de disciples du Christ et nous avons eu le désir de les imiter. Pour cela, nous avons accueilli la Parole de Dieu dans la joie de l’Esprit Saint. Que cela fasse référence à un moment précis de notre vie ou que cela soit le fruit d’une lente maturation, il est en ainsi de notre conversion.

Celle-ci a des conséquences sur notre vie présente, à l’image des Thessaloniciens : « Vous servez maintenant le Dieu vivant et vrai. » (1 Th 1,9) L’amour que nous avons découvert est le moteur de notre action aujourd’hui. Notre seul but est de servir le Dieu vivant et vrai en y engageant toute notre personne, toute notre vie. Cela nous le vivons à travers notre vie quotidienne dans notre mission d’époux, de parents, d’enfants, dans notre consécration au Seigneur, dans notre travail, notre vie associative, notre vie de prière… En toute chose, dans toute activité, tout engagement, nous avons le devoir de chercher à être au service, en premier, de Dieu et donc de nos frères et sœurs en humanité.

Cela, nous le vivons parce qu’un avenir s’est ouvert devant nous par notre conversion. Ce service de Dieu nous l’accomplissons « afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts. » (1 Th 1,10) Ne l’oublions jamais, Jésus a promis son retour et nous l’attendons ! Comment celui-ci se passera, nous ne le savons pas… mais c’est l’espérance qui nous anime.

Dans ces deux commandements, Jésus nous révèle tout le dynamisme de notre vie baptismale qui s’accomplit dans notre conversion personnelle et communautaire. C’est le déploiement des vertus théologales que le Seigneur nous offre au baptême : la foi, l’espérance et la charité. Faisons donc notre la prière d’ouverture de cette messe : « Dieu éternel et tout-puissant, augmente en nous la foi, l’espérance et la charité ; et pour que nous puissions obtenir ce que tu promets, fais-nous aimer ce que tu commandes. » Amen.

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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