« Qu’est-ce qu’on mange ? » Voilà une question existentielle qui habite beaucoup de nos familles à l’heure du repas ! Nous ne vivons pas que d’amour et d’eau fraîche ! Mon estomac vide a besoin d’être comblé ! C’est tellement mieux le ventre plein quand je n’arrive plus à penser ! C’est tellement mieux quand je suis gavé et que mon existance semble ainsi remplie !

« Qu’est-ce qu’on mange ? », à cette question qui ne semble être que la préoccupation principal de l’ado qui arrive pour se mettre à table, combien de parents exaspérés n’ont-ils pas envie de répondre : « aide à mettre la table ! », « Sors un peu le nez de ton ordinateur, et participe à la vie de la maison ! », « arrête avec ton téléphone »… Je vous laisse compléter la liste !

« Qu’est-ce qu’on mange ? »… après avoir rassasié une foule complète avec cinq pains et deux poissons, Jésus vient répondre à la question en nous disant : « du pain, du vin, mon corps et mon sang ! »

« Ah, oui ? Et ceci va me permettre de vivre ? Ceci va combler ma vie ? Dieu peut nourrir ma vie ? ».

 

Réécoutons les mots de Moïse au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire connaître la pauvreté (…)Il t’a fait connaître la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger le manne, pour te faire découvrir que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » (Deutéronome 8,2-3 – lire l’ensemble des lectures de ce dimanche)

Combien de fois, dans nos vies comblées d’un matérialisme sur dimensionné, n’avons pas eu l’impression d’un grand vide ? Combien de fois n’avons-nous pas eu l’impression qu’il manque l’essentiel, le consistant ? Quand j’ai l’impression d’avoir tout raté, que tout semble partir à vau-l’eau, je suis comme le peuple du Deutéronome dans la traversé du désert, dans la pauvreté… j’ai faim d’être aimé, d’être reconnu pour ce que je suis… et je découvre alors qu’il y a de la place, dans ma vie, pour un amour qui peut me combler, un amour qui peut me rassasier… Je sens au plus profond de moi ce cri de la vie, comme une présence indicible qui me murmure son amour… Cet amour, c’est Dieu lui-même qui est là et qui ne m’abandonne pas. « N’oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays de serpents brûlants des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui dans le désert t’a donné la manne, cette nourriture inconnue de tes pères. » (Dt 8,14-16)

Cette manne inconnue de mes pères, c’est Jésus lui-même, Dieu fait homme, qui donne sa vie par amour pour moi, pour l’humanité. Il donne sa vie sur la croix pour moi, mais avant, il m’offre dans le pain et le vin, son corps et son sang. Il m’offre sa vie. C’est ce que nous fêtons aujourd’hui avec toute l’Église : la fête du corps et du sang du Seigneur, la fête de l’Eucharistie !

C’est bien en nourrissant notre vie par la participation à l’Eucharistie du dimanche, que nous entrons dans une intimité toujours plus grande de Jésus. C’est en nourrissant notre vie de l’adoration du Saint Sacrement que nous apprenons à nous laisser aimer par le Christ. Dans l’Eucharistie célébrée ou adorée, nous venons nourrir notre vie d’une nourriture qui peut combler toute notre vie. Nous nourrissons notre vie de l’amour même de Dieu, le seul bien qui peut rassasier une vie entière !

Aujourd’hui, chers enfants, en recevant le baptême, vous ouvrez votre cœur, votre vie, à cet amour de Dieu. Cette démarche arrive après un long temps de préparation où vous avez découvert comment Jésus lui-même peut combler votre vie. Cette communion avec le Christ se vit dans l’accueil de sa Parole et la prière (qui est un cœur à cœur avec Lui). Elle se vit dans l’amour du prochain, en apprenant à aimer les autres comme Jésus lui-même. Elle se vit, pour vous, à partir d’aujourd’hui, dans la vie des sacrements. Le baptême étant la porte d’une nouvelle vie d’intimité avec le Seigneur. N’ayez pas peur, ne restez pas sur le seuil de la maison… entrez, vous découvrirez que le Christ peut nourrir toute une vie… et plus je partage cette vie avec les autres, dans la prière et la vie des sacrements, plus je suis rassasié, comblé de cet amour, plus je suis heureux… même si j’ai parfois l’impression de vivre la traversée d’un « désert vaste et terrifiant »… mais c’est là, en ouvrant mon cœur au Seigneur que je découvrirais pleinement combien il nourrit ma vie de son amour, de sa présence. Amen.

Homélie pour la fête du Saint Sacrement – année A
Baptême des enfants en âge scolaire

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