C’est l’histoire d’une femme… et cette femme, chaque jour, accomplit avec fidélité son devoir d’état, sa tâche quotidienne aussi pénible soit-elle. Chaque jour, elle sort de la ville pour aller puiser l’eau du puits. Cette tâche, vitale pour la famille, est pénible. Si quelqu’un avait l’idée d’inventer un système pour avoir l’eau à domicile ce serait plus simple (mais la technique aurait-elle permis à cette femme de vivre la rencontre qui va bouleverser sa vie ?) ! Cette femme, est-elle reconnue pour ce qu’elle accomplit fidèlement chaque jour ? Je ne sais pas mais au fond de son cœur, elle aimerait être reconnue pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle fait.

Cette femme a un grand désir aussi : être comblée, aimée. Et cet amour, elle a du mal à le trouver, à l’accueillir : elle a eu cinq maris et encore celui qu’elle a maintenant n’est pas son mari. Elle a du mal à aimer et à se laisser aimer. C’est si compliqué. Cette situation la met à l’écart des autres, elle est obligée d’accomplir sa tâche à midi. Ce n’est pas une heure pour accomplir une tâche aussi pénible que celle de puiser de l’eau. Cette femme désire aimer et être aimée, non pas d’un amour superficiel mais d’un amour véritable, sincère, qui la reconnaît pour ce qu’elle est vraiment.

Cette femme, c’est la Samaritaine de l’évangile. Mais n’est-elle pas aussi une figure de chacun de nous ? N’est-ce pas chacun de nous qui a envie d’être aimé pour ce qu’il est, tel qu’il est ? Qui a envie d’être aimé ?

Et voilà que cette femme va faire une rencontre bouleversante. Alors qu’elle accomplit fidèlement sa mission (qui est peut-être une corvée) : elle arrive pour puiser de l’eau et sur la margelle du puits, un homme est assis et lui demande à boire. Stupeur, cet homme n’est pas de chez elle : elle est samaritaine, il est juif. Comment ose-t-il lui adresser la parole ?

Cet homme n’est pas n’importe qui, et il ne fait pas n’importe quoi : c’est Jésus. Et Jésus vient la rejoindre dans le quotidien de sa vie. C’est là qu’il entame avec elle un dialogue confiant. Il part de son attente immédiate : celle de la soif, de l’eau pour lui faire exprimer une soif plus grande encore : celle d’être aimée. Et Jésus va ouvrir le cœur de la Samaritaine à la présence de Dieu et à son amour qui répond à son désir profond d’être aimé. Cette rencontre avec Jésus va transformer sa vie, va la combler de bonheur. Et cette joie, elle ne peut pas la garder pour elle : elle la partage à tous ceux qu’elle croise sur son chemin et elle invite chacun à venir rencontrer Jésus.

Quelque part, chacun de nous est cette Samaritaine : dans le labeur de chaque jour, nous avons un désir profond d’être comblé par l’amour. Et Jésus vient nous rencontrer dans le quotidien de notre vie. A nous aussi il demande : « Donne-moi à boire. ». Sachons simplement prendre le temps d’entrer en dialogue avec lui dans notre prière quotidienne. Sachons faire silence et l’écouter. Sachons le laisser nous donner l’eau vive qui comblera tous nos désirs : sachons accueillir l’amour qu’il répand en nos cœurs. L’eau vive de son amour coule de son cœur transpercé sur la Croix. L’eau vive de son amour coule de l’Eucharistie que l’Eglise célèbre chaque jour. Courons à la source de cet amour et sachons y inviter celles et ceux que nous rencontrons sur notre chemin. Amen.

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