Frères et sœurs, qu’il est bon, au début de cette nouvelle année pastorale d’entendre ces encouragements de l’apôtre Paul à Timothée : « tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu » (2 Tm 1,6). Oui, au jour de notre baptême, Dieu nous a fait un don : le don de son Esprit. Ce don a été, ou sera, fortifié par l’onction de Saint Chrême au jour de notre confirmation. Ce don, nous dit saint Paul, « n’est pas un esprit de peur (…), mais un esprit de force, d’amour et de raison. » (2 Tm 1,7). Et il continue, en nous donnant la raison pour laquelle, il nous faut tenir en éveil ce don de Dieu : « N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, (…) mais, avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile. » (2 Tm 1,8)

« N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur », voilà une invitation qui nous place dans la suite de la fête de la Saint Firmin de dimanche dernier. Nous avons été invités à rentrer dans dynamique de la première annonce. Au milieu de la société sécularisée dans laquelle nous vivons, il est une urgence pour nous d’annoncer Jésus Christ ! Il nous faut « rendre compte de l’espérance qui est en nous. » comme l’affirme l’apôtre Pierre en sa première épître. Entendons le nous encourager : « C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ. » (Première lettre de Pierre 3,15-16)

Dans le monde d’aujourd’hui, à tous les âges de la vie, il nous faut faire œuvre de catéchèse ! Pour cela, la porte d’entrée et le fil conducteur de la catéchèse doit être de mettre quelqu’un non seulement en contact mais en communion, en intimité avec Jésus Christ: c’est Lui qui initie. (Texte National pour l’Orientation de la Catéchèse en France)

Entendons les attitudes que cela implique pour chacun d’entre nous mais aussi pour notre communauté paroissiale. La première attitude est donc de nous laisser catéchiser nous même ! C’est-à-dire de vivre et d’entrer dans une intimité toujours plus grande, toujours plus forte avec le Christ. Comment nourrissons-nous notre foi ? Quelle place donnons-nous à la Parole de Dieu ? À la prière, l’oraison, l’adoration ? Nous avons la chance sur notre paroisse d’avoir des groupe de partage sur la Parole de Dieu, des écoles d’oraison ou d’adoration (et pour tous les âges !), de nombreux groupes de prière du Rosaire, ou des mères, des temps d’adoration du Saint Sacrement et donc les églises ouvertes à ce moment-là ou à d’autres moments… Cela enrichi ma foi, mon intimité avec le Christ mais aussi enrichi toute la communauté paroissiale de cette intimité, rend la communauté intime du Christ !

Nous serons aussi témoignage dans notre façon de vivre la communauté en prenant véritablement le temps de nous connaître, de nous reconnaître ! Les temps de convivialité, comme celui que nous allons vivre à l’issue de cette Eucharistie par le verre de l’amitié et le pique-nique partagé, nous offre de construire l’Église car nous apprenons alors à faire corps, à faire le Corps du Christ.

Il convient aussi de nous interroger sur l’accueil mutuel que nous faisons. Aujourd’hui, nous avons l’immense grâce d’accueillir trois catéchumènes. Comment allons-nous vivre véritablement cet accueil ? En les saluant à la fin de la célébration et en se disant intérieurement : « Rendez-vous au baptême… si je suis là ce jour-là ! » ou en prenant véritablement la décision de les accompagner dans leur démarche ? La communauté ne se vit pas que le dimanche à la messe mais aussi chaque jours dans nos quartiers, dans la façon dont nous prêtons attention à nos voisins. J’ose espérer que nos trois catéchumènes auront eu la joie d’être accueilli dans plusieurs de nos familles d’ici leur baptême, que nous serons heureux de les connaître et de les reconnaître chaque jours de la semaine.

Vivre la communauté, et si chaque semaine, à la fin de la messe, je prenais la résolution d’aller saluer au moins une personne que je ne connais pas ou peu ? Mais pas uniquement aujourd’hui ! Tous les dimanches et jours de fête d’obligation que le Seigneur nous offre !

Oui, c’est fort de cette façon de vivre la communauté, fort de ces liens fraternels que nous tisserons entre nous mais aussi avec les plus pauvres que notre communauté sera visage du Christ,sera témoignage de foi. Mais c’est aussi comme cela que ma propre foi sera affermie et que j’oserai vivre une première annonce, j’oserai témoigner.

Oui, c’est dans l’attention à l’autre, l’attention au Christ dans l’autre mais aussi dans la rencontre personnelle de la Parole de Dieu, l’oraison et l’adoration, la célébration sacrements que je fortifierai ma foi, que je réveillerai le don de Dieu qui est en moi et que je pourrais vivre une joyeuse annonce de Jésus-Christ ! Il n’y a pas d’âge pour cela !

Alors que cette année pastorale nous donne de réveiller le don de Dieu qui est en chacun de nous, qui est au cœur de notre communauté paroissiale, pour que nous puissions dans la joie rendre compte de l’espérance qui est en nous !

Cependant, n’y cherchons aucune gloire, aucun signe de reconnaissance… nous sommes envoyer dans le monde pour annoncer Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous… et nous ne sommes que des serviteurs quelconques. Oui, quelconques… mais serviteurs, serviteurs de Dieu. Dieu nous a choisi pour collaborer à son œuvre… mais le maitre c’est Lui ! Et si nous prenons part à la tâche d’évangélisation qui nous incombe, nous pourrons entendre le Christ nous dire : « Je ne vous appelle plus serviteur mais amis » (Jn 15,15) et au soir de notre vie nous pourrons alors entrer dans la joie de notre maître (Mt 25,21). Amen.

Homélie pour le 27ème dimanche ordinaire
Messe de rentrée paroissiale

Habaquq 1,2-3 et 2,2-4; Psaume 94; 2 Timothée 1,6-8.13-14; Luc 17,5-10

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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