« Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant » (Psme 41,3). Ces mots du psaume 41 résument bien ce qui habite le fond de l’âme de sainte Thérèse de Jésus (d’Avila), elle qui s’est écriée dès son plus jeune âge : « Je veux voir Dieu ».

Cette soif, nous la retrouvons dans les deux évangiles qui sont proposés pour la solennité de la Madre (Jean 7,14-18.37-39a ou Jean 4,5-15) : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jn 7,37) ou cette réponse de la Samaritaine : « Seigneur, donne-la-moi, cette eau » (Jn 4,15). Cette soif est aussi celle du Christ qui lui demande : « Donne-moi à boire » (Jn 4,7)

Toute la vie et tout l’enseignement de Thérèse d’Avila tiennent dans cette soif et le désir de l’épancher. La première des soifs dont il nous faut prendre conscience est la soif de Dieu : Dieu a soif d’être aimé. Et il ne nous demande rien d’autre que de nous laisser aimer par lui : « Donne-moi à boire de ta soif d’amour ! »

Thérèse de Jésus nous offre le moyen et nous décrit comment accueillir cette soif de Dieu : il n’y a pas d’autre chemin que celui de l’oraison, de la contemplation. Ainsi, par cette prière silencieuse, ce commerce d’amitié avec le Seigneur, ce cœur à cœur amoureux, je laisse Dieu m’aimer mais aussi je comble une soif qui habite au plus profond de moi : je me découvre aimer de Dieu et combler d’un bonheur immense quoiqu’il arrive.

Sainte Thérèse de Jésus ne nous le cache nullement dans son enseignement : l’oraison, ce chemin de perfection est un combat à mener. Il faut nous dépouiller de nous-même pour nous laisser habiter par cette présence vivifiante et sanctifiante de l’Esprit de Dieu en nous. C’est cet Esprit qui nous fait fils et fille de Dieu et qui crie en nous « Abba ! Père ! » comme nous le dit saint Paul dans son épître aux Romains (Rm 8,14-17.26-27) Cet Esprit Saint, reçu par les sacrements de baptême et de confirmation, nous donne l’intelligence et l’esprit de la Sagesse (Sa 7,7-14). Il nous permet d’entrer dans le mystère de l’humanité du Christ pour accéder au Père. L’Esprit Saint, douce onction, est présence priante en nous. La Madre nous invite à accueillir la miséricorde de Dieu en nous livrant totalement à l’amour de Dieu, à la vive Flamme d’Amour.

Qu’en cette fête de Thérèse de Jésus, la Madre, nous nous laissions renouveler dans notre grâce d’enfants du Carmel afin de mieux accomplir la mission qui nous est confiée : celle de révéler aux femmes et aux hommes de notre temps cette source de l’Amour inépuisable de Dieu.

Qu’en cette fête de Thérèse de Jésus, tous ceux qui aujourd’hui sont comme la samaritaine et qui ont soif d’amour, soif d’absolu, trouvent par notre témoignage de vie, la source du bonheur, ce trésor inépuisable. Qu’ils puissent entendre l’Esprit Saint les inviter à venir boire à la source d’eau vive, celle qui coule du cœur transpercé du Jésus, le Fils de Dieu, mort sur la croix par l’amour du Père pour chacun d’entre nous. Amen.

Homélie pour la Solennité de Sainte Thérèse d’Avila
Carmel d’Amiens

Je suis prêtre de l’Église Catholique, vicaire général du diocèse d'Amiens, curé de la paroisse de la Paix, délégué épiscopal à l'accompagnement des séminaristes. Je suis aussi membre de l'Institut Notre Dame de Vie.

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